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Lucrèce.

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Lucrèce. en latin Titus Lucretius Carus. vers 98-55 avant J.-C., poète et philosophe latin. Au moment où, après l'abdication de Sylla, Rome semblait être la proie d'une violente crise économique et sociale, en même temps que celle de coteries sans autre moralité que l'appétit de pouvoir, surgit un texte régénérateur qui reprenait les valeurs de la Rome ancienne en les mesurant à la sagesse grecque : le De natura rerum (De la nature). Pour Lucrèce, Épicure était le phare qu'il fallait en ces temps de ténèbres. On a suffisamment argué du pessimisme de Lucrèce pour ne pas s'y tromper : s'il décrit une vie marquée au sceau du déclin, c'est qu'il en parle en physicien ; le moraliste, quant à lui, cherche toujours la joie qui peut présider à la vie. Le physicien. En bon épicurien, Lucrèce part de l'atomisme de Démocrite : le monde est fait d'atomes qui tombent parallèlement les uns aux autres ; pour qu'apparaisse le mouvement désordonné que nous connaissons, le hasard doit troubler cette chute indéfinie : c'est le clinamen. À un moment quelconque un atome bifurque ; par cet écart minimal, il en heurte un autre, et ainsi de suite. Mais chaque atome tente de renouer avec le repos infini, de revenir à son lieu propre ; cela l'oblige à heurter encore d'autres atomes, eux aussi égarés sur son chemin : le temps différencié apparaît. Le clinamen n'est autre qu'une différentielle de temps, qu'on doit entendre dans une mécanique des fluides (« tout coule ») et non des solides. On conçoit alors que le déclin soit la mesure physique du monde et le repos, son but. Entre les deux sont la vie et la mort. L'âme est un flux de matière à l'instar du corps : nulle différence de nature entre eux. Le philosophe. Ce matérialisme issu d'une physique des turbulences se doit aussi de penser les multiples troubles de l'âme, en particulier la superstition : jamais dans le monde antique pareil réquisitoire contre les dieux n'avait été lancé. Mais ce n'est pas la destruction qui anime Lucrèce, c'est, au-delà d'elle, l'appétit du repos. Apprendre à connaître la nature des choses amène à la maîtrise de soi ; le repos ultime des atomes, leur place propre, tel est l'objectif du sage : l'ataraxie. L'épicurisme n'est pas la doctrine du plaisir sensuel ou de l'excitation, mais la joie du repos (et rien de moins paresseux que ce repos-là). Le poète. Nombreux furent les Anciens à allier savoir et sagesse, sans pour autant négliger la langue : Parménide, Héraclite, Platon, les sophistes sont des créateurs de langage, et Lucrèce est sans doute le plus poète d'entre eux. C'est que le savoir de la nature passe par l'appropriation d'une langue et la nature de la sagesse incline à parler à partir de son lieu propre. C'est ce qui rend la poésie de Lucrèce si fluide : elle appartient à la nature qu'elle décrit. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats atome - Introduction atomisme clinamen Empédocle Épicure hasard nature - 2.LITTÉRATURE poésie - Introduction Pogge (Gian Francesco Poggio Bracciolini, dit en français le) Rome - Arts - Les lettres latines - L'âge d'or (Ier siècle avant J.-C. - Ier siècle après J.-C.) sciences (histoire des) - La matière - L'atome des chimistes, objet de mesures

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