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ASTRÉE (L') d'Honoré d'Urfé (fiche de lecture)

Publié le 15/10/2018

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ASTRÉE (L'). Roman d'Honoré d'Urfé (1567-1625), publié à Paris chez Toussaint du Bray en 1607 (première partie), chez Micard en 1610 (deuxième partie), chez T. du Bray en 1619 (troi-

sième partie). La quatrième partie, achevée par Balthazar Baro (1590-1650) a été publiée chez le même éditeur en 1627. Baro composa une cinquième partie qui fut publiée à Paris chez François Pommeray en 1628.

 

Chacune des parties comporte douze livres ; la quatrième partie fut publiée partiellement en 1624, et désavouée alors par d'Urfé. À sa mort (1625), elle demeurait manuscrite (pour les quatre premiers livres) et Baro ne prétendit faire qu'un travail d'édition (la Vraie Astrée, 1627), bien qu'il la complétât sans doute. Il composa en revanche entièrement la cinquième partie, qui achève le plan initial de l'auteur (la Conclusion et dernière partie d'Astrée, 1628).

 

Première partie. Dans la Gaule du Ve siècle apr. J.-C, déchirée par les guerres incessantes, la région du Forez est miraculeusement épargnée. Au bord de la rivière Lignon s’est établie à l’écart des intrigues de la cour de Marcilly, où règne la reine Amasis, et des violences guerrières du bouillant Polémas, une société pastorale constituée de bergers et de nymphes. Le bercer Céladon aime la berbère Astrée, malgré la rivalité de leurs deux familles. Trompée sur la fidélité de son amant par un rival (Sémire), Astrée le chasse. De désespoir, Céladon se jette dans le Lignon ; tout le monde le croit alors noyé. En fait, il a survécu, recueilli par trois nymphes, la princesse Galathée (fille d’Amasis, aimée de Polémas, qu’elle n’aime pas) et ses deux suivantes, Léonide et Sylvie. Elles étaient venues sur les bords du Lignon pour chercher l’époux que le devin Climanthe avait prédit à Galathée (il s’agit en fait d’un faux oracle inventé par Polémas pour séduire la princesse). Celle-ci s’éprend de Céladon et veut le garder auprès d’elle dans le palais d’Isoure. Tombé malade, Céladon est alors soigné par le druide Adamas que sa nièce Léonide a fait venir, à la suite d’un long périple qui donne lieu à une série de récits rétrospectifs (livres IV à VIII). Adamas, qui sait par un oracle que son propre bonheur dépend de l’union d’Astrée et de Céladon, parvient à le faire échapper du palais d’Isoure, déguisé en nymphe.

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« reverra que si elle y consent, il lui élève un tem­ ple dans la nature. Une lettre laissée auprès du berger Silvandre, qu'il avait trouvé endormi, attire Astrée et ses compagnons vers la retraite où vit Céladon. Ils y découvrent le temple dressé en l'honneur d'Astrée, où se trouvent les «tables d'Amour» (livre V). Le lendemain matin, Céla­ don surprend Astrée endormie à proximité de sa grotte et lui laisse une lettre ; mais le style ambigu de celle-ci renforce Astrée dans sa conviction que Céladon est mort Elle lui élève un autel et lui rend les honneurs funèbres. Entre­ temps, le druide Ad amas, qui tient à réunir Céla­ don et Astrée, le persuade de revenir parmi les bergers sous le déguisement de sa fille, Alexis, qui était alors pensionnaire au couvent des drui­ des. Les livres Xl et Xli donnent ensuite lieu à des récits concernant la cour de l'empereur Valentinian : on suit deux belles princesses, Eudoxe et Placidie, dans leurs aventures à travers le monde méditerranéen. La deuxième partie s'achève sur l'attente du retour de la « belle Alexis » parmi les bergers. Troisième partie. Frappée par la ressemblance d'Alexis avec Céladon, Astrée éprouve une ami­ tié passionnée pour la jeune fille. Les fêtes du Gui sont l'occasion pour Adamas et Alexis de vivre chez Astrée. Céladon-Alexis y partage alors une douce intimité avec celle qu'il aime, conser­ vant toutefois le secret de sa véritable identité. Le livre Xli, qui contient l'« histoire de Childéric, de Silviane et d'Andrimarte », infléchit le cours des événements avec l'inruption de la menace militaire qui pèse sur Marcilly, et qui éclatera avec les menées de Polémas dans la partie suivante. Quatrième partie. Allié au roi des Burgondes (Gondebaud), Polémas entreprend d'attaquer Marcilly. Adamas y organise la défense, sur la demande de la reine Amasis. Grâce à lui, Climan­ the, agent de Polémas, est démasqué ; il se tue dans sa prison. Polémas, pour se venger de ses échecs militaires, enlève Astrée, qui, par jeu, avait revêtu les habits d'Alexis; Céladon, toujours déguisé, se précipite à sa suite et devient à son tour otage de Polémas. Utilisés comme boucliers humains lors d'un assaut contre Marcilly, les deux jeunes gens sont délivrés in extremis par Sémire, qui trahit ainsi Polémas pour racheter le mal qu'il leur avait causé. Cinquième partie. Avec la fin de la guerre, réglée grâce à un combat singulier entre Linda­ mor (amant de Galathée) et Polémas (qui est tué), cette partie, centre de nouveau l'intrigue sur l'amour : le lieu principal en est la fontaine de la Vérité d'amour, qui révèle à ceux qui la regardent le visage de la personne qu'ils aiment. Cette fon­ taine enchantée est gardée par des lions et des licornes qui tuent ceux qui s'en approchent. Seul le sacrifice de parfaits amants rompra le sorti­ lège ; Astrée fait alors le projet de se livrer aux fauves. Elle s'y rend avec Diane, autre bergère éprouvée par un amour malheureux, tandis que Céladon et Silvandre (amoureux de Diane) y vont de leur côté. Amour apparaît alors, au milieu d'un orage prodigieux, et permet les heu­ reuses retrouvailles de tous ces amants, après une dernière péripétie concernant l'identité de Silvandre : c'est Pâris, le vrai fils d'Adamas, que tous les oracles destinaient à Diane. Tout s'achève donc dans la félicité des noces, y compris celles de l'inconstant Hylas avec Stelle l'inconstante. Œuvre majeure de son temps, qui irrigua en profondeur tout l'imaginaire littéraire (et la culture en général) du xvne siècle, l'Astrée offre au lecteur moderne le massif de ses quelque cinq mille pages comme un véritable défi. Défi à notre conception du roman, puisque l'Astrée, échappant à nos critè­ res d'appréciation, se constitue avant tout comme une somme : somme de la tradition romanesque, au croisement du roman médiéval, de sa quête de la fin'amor, et du roman hellénistique, porteur de la tradition pastorale ; somme de la culture immense de son auteur, aux confins de la tradition humaniste et des nouveautés spirituel­ les de la Contre-Réforme ; somme, enfin, d'une époque tourmentée, à laquelle l'univers romanesque semble apporter une réponse faite d'idéal et d'harmonie : ce monde où la paix triomphe est l'œuvre d'un homme de guerre. À l'aspect monumental de l'ouvrage s'ajoute une structure qui échappe en bonne part à ce que le lec­ teur moderne attend du roman : autour d'une intrigue centrale -celle qui engage l'héroïne éponyme, Astrée, et son amoureux Céladon-, se cristalli­ sent, avec une incroyable variété dans »

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