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Caprices de Marianne (les) d'Alfred de Musset

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musset

Caprices de Marianne (les), comédie en deux actes et en prose d'Alfred de Musset, publiée en 1833 dans la Revue des Deux Mondes. Comédie de la vertu et de l'infidélité, c'est aussi un drame : celui de deux jeunes gens, Octave et Cœlio, qui, par des voies différentes, aboutissent au même échec, l'un dans la vie et l'autre dans la mort. Musset a donné pour cadre à sa pièce la ville de Naples, au xvie s. Marianne est la femme vertueuse de Claudio, vieux barbon méchant et jaloux, juge de surcroît. Cœlio, jeune homme timide, cultivé et sensible, brûle pour elle d'un amour sans espoir. Son ami Octave, débauché audacieux, lui propose de déclarer son amour à sa place. Marianne, finalement séduite, fixe rendez-vous à Octave. C'est Cœlio qui s'y rend, masqué, et qui se fait assassiner par Claudio et son valet. Après sa mort, Octave repousse l'amour de Marianne. À partir du schéma triangulaire classique « jeune femme sage / mari jaloux / jeune héros amoureux », Musset a composé une œuvre originale en faisant d'Octave et de Cœlio les deux faces d'un seul et même individu, écartelé entre des tentations contradictoires : la sagesse et la débauche, la pensée et l'action, mais surtout l'amour véritable et silencieux et la comédie bavarde de l'amour. Octave est le masque de Cœlio : paresseux et fantasque, il jouit d'une apparence de bonheur, bien que son équilibre soit fort instable et sa place sociale inexistante. Il est le secours bondissant de Cœlio, que l'amour rend « triste et immobile ». L'un est « heureux d'être fou », l'autre « fou de ne pas être heureux ». Mais, chez Musset, la division de la personne

 

est inséparable de ce qui la provoque : la femme. Parce qu'elle est capricieuse et changeante et qu'elle donne d'elle-même des images inconciliables, elle suscite chez celui qui la regarde des pensées éternellement contradictoires. Cœlio aime Marianne vertueuse ; l'aime-rait-il infidèle ? Marianne n'a pas besoin d'être un personnage psychologiquement construit. Elle est « la Femme », dont le brusque revirement bouleverse toutes les données et change la comédie en drame. Les Caprices de Marianne, qui n'avaient été représentés qu'en 1851, une fois la pièce remaniée et acceptée par la censure (Claudio, juge ridicule et assassin, heurtait quelques « sensibilités »), ont connu depuis un grand succès et sont devenus un classique du répertoire national.

« Publiée en 1833, cette pièce en deux actes ne fut représentée qu'en 1851. Le choix d'un Naples de fantaisie, lemélange du comique et du tragique révèlent une certaine influence de Shakespeare. Coelio aime Marianne et envoie son ami Octave plaider en sa faveur. La belle repousse son soupirant et s'éprend dumessager, qui la repousse à son tour, après avoir conduit malgré lui Coelio dans un piège mortel. ContexteAprès l'échec cuisant de sa première pièce, La nuit vénitienne, Musset écrit la suivante pour la lecture et non dansle but d'être jouée, se libérant ainsi des contraintes scéniques. Libre de forme autant que de parole, la pièce ne futjouée pour la première fois qu'en 1851. Principaux personnages- Marianne, jeune femme coquette sous des allures dévotes, épouse de Claudio ;- Claudio, juge arrogant et jaloux, mari de Marianne ;- Coelio, très amoureux de Marianne, chante sous ses fenêtres et lui envoie des messages sans oser chercher à larencontrer directement ;- Octave, son ami, cousin de Claudio, libertin porté sur tous les plaisirs. RésuméCoelio essaie par tous les moyens de déclarer son amour à Marianne, par personne interposée ou à la faveur del'obscurité. Claudio, en ayant eu vent, décide de faire suivre sa femme et de placer des spadassins (tueurs à gagearmés d'épées) autour de chez lui.Ses messages étant systématiquement déchirés, ses émissaires renvoyés, Coelio demande à Octave, qui par saqualité de parent peut entrer chez le juge, d'intervenir en sa faveur auprès de la belle. Octave accepte, tout en luifaisant part de ses théories, pour le moins libertines et désabusées, sur l'amour.Il rencontre Marianne, qui le congédie puis rapporte la conversation à son mari. Lorsqu'Octave retrouve Coelio,celui-ci a décidé de renoncer à Marianne. Octave l'annonce à l'intéressée, qui se dit déçue, révélant par là unecertaine coquetterie.Elle plaide ensuite en faveur des femmes, tiraillées entre la réputation de femmes faciles lorsqu'elles se donnent etcelle de femmes cruelles lorsqu'elles se refusent.Mis au courant des nombreux entretiens entre son cousin et sa femme, le juge interdit à Marianne de le recevoir ànouveau. Révoltée, Marianne fait appeler Octave et lui donne son écharpe, lui demandant de la faire porter à unamant digne d'elle, sous-entendant Octave lui-même. Octave se précipite chez Coelio et le convainc de se rendrechez Marianne.Entre-temps, celle-ci fait parvenir à Octave un courrier lui faisant part de la présence des spadassins. Alors queCoelio est sous la fenêtre, Marianne, persuadée qu'il s'agit d'Octave, le supplie de fuir en l'appelant par son prénom.Se pensant trahi, Coelio se laisse assassiner. Lorsqu'Octave arrive, tout est fini. Devant la tombe de Coelio, Octaverenonce à ses frasques. Marianne lui propose son amour, qu'il refuse. On ne badine pas avec l'amour L'action se situe à Naples au XVIe siècle. Marianne est la jeune femme du juge Claudio, beaucoup plus âgé qu'elle.Elle est aimée d'un gentilhomme sincère et timide, Cœlio, qui lui écrit en vain. Honorant sa réputation de femmevertueuse, Marianne déchire en effet ses lettres. Le soupirant malheureux charge alors son ami Octave, qui est uncousin de Marianne, de s'introduire chez elle pour y plaider sa cause. Mais Octave, qui parle d'abord pour un autre,finit par parler pour lui-même et par aimer Marianne. Celle-ci fait la coquette ; elle repousse Octave. Sur uneréprimande de son mari jaloux, elle décide de prendre un amant et donne un rendez-vous à Octave. Mais ce dernier,fidèle à Cœlio, envoie son ami à sa place. Entretemps, Claudio a fait placer deux spadassins dans le jardin poursurprendre l'amant de sa femme. Avertie du projet de son époux, Marianne écrit à Octave, mais l'alerte arrive troptard. Cœlio se rend sous son balcon pour lui déclarer son amour. Marianne croit s'adresser à Octave et lui enjoint defuir. Se croyant trahi en entendant Marianne prononcer le nom d'Octave, Cœlio se laisse assassiner, le cœurdéchiré. Octave, désespéré, renonce à l'amour de Marianne. Le jeu tragique de l'amour et de la mort Les Caprices de Marianne nous offre, dans un décor shakespearien, le drame éternel du jeu de l'amour et de la mort, que peut résumer le chant premier de Namouna (un poème d'Alfred de Musset) : « Une femme est comme votre ombre : courez après, elle vous fuit ; fuyez-la, elle court après vous. » Marianne est une femme prompte à vouloircelui qui ne se soucie pas d'elle. En face d'elle se dessine la figure de la mère de Cœlio, personne tendre etvertueuse qui a aimé son mari sincèrement. La passion de Cœlio, le scepticisme d'Octave et le caractère grotesquede Claudio confèrent à la pièce un charme complexe fait d'esprit et de poésie, de grâce et d'élégance, et situentcette œuvre à la limite de la comédie et de la tragédie. »

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