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CARMEN, de Mérimée

Publié le 19/02/2019

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CARMEN, nouvelle de Mérimée (1845). Au retour d'un premier voyage « tra los montes » en 1830, Mérimée publia dans la Revue de Paris quatre Lettres d'Espagne qui tiennent à la fois du récit de voyage et de la fiction, et dont les trois premières furent insérées à la fin du recueil Mosaïque (1833). Le sujet de ces Lettres — les courses de taureaux, une exécution, l'histoire du « brigand » José Maria, les sorcières espagnoles — se retrouve dans Carmen, publiée, après un second voyage, dans la Revue des Deux Mondes (1845). Mais, dans l'intervalle, Mérimée s'est attaché à « l'étude des bohémiens » : aussi a-t-il fait d'une zingara son héroïne tout en lui conservant le nom de la sorcière de la quatrième Lettre : Carmencita. Travail de contamination des sources qui donne à la nouvelle cette structure complexe où se mêlent les voix narratives, le récit que fait don José de ses amours tumultueuses avec Carmen (chapitre iii) venant s'enclaver entre la double rencontre du narrateur avec le brigand José Maria (i) et la bohémienne Carmen (ii) d'une part, et la digression finale sur l'histoire, les mœurs, le caractère et la langue des bohémiens de l'autre (iv). Il naît ainsi un effet stéréoscopique dans la présentation des personnages : à la vision externe du narrateur qui voit en Carmen « une beauté étrange et sauvage » (ii) répond le regard de don José qui, saisissant « cette diable de fille » de l'intérieur, y décèle « un démon » (iii), tandis que le chapitre iv permet de comprendre ce qui chez l'héroïne ressortit à ses origines ; de même don José, dont « les exploits sont sur toutes les bouches » et que le narrateur compare à un « Satan de Milton » (i) s'attire-t-il les méprisants propos de Carmen 

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