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CONTES, de Maupassant

Publié le 21/02/2019

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CONTES, de Maupassant. Tout commence en 1880 avec Boule de Suif qui est le premier conte, ou la première nouvelle, et le premier succès. Maupassant n'abandonnera plus jamais ce genre qu'il a presque créé et auquel il ne fera que superposer d'autres écrits : romans, journaux de voyage, chroniques... Mais l'essentiel de son œuvre est là, dans ces récits brefs et limpides qui tiennent de la saynète par leurs rebondissements et leurs nombreux dialogues, s'ornent de détails réalistes ou s'alanguissent parfois dans des descriptions poétiques. Mélange des genres ? c'est plutôt le conte qui corrompt les autres types d'écriture chez Maupassant : ainsi la nouvelle n'est qu'un conte un peu plus long et le roman peut être découpé en divers épisodes possédant une forte imité : comment s'étonner dès lors qu'il soit susceptible d'être reconverti, comme c'est le cas pour Une vie, en une multitude de contes ? Étonnant succès que celui de ce genre négligé par les romantiques ou les réalistes dans un siècle où triomphent poésie et roman ; il y eut certes Nodier ou Mérimée, Nerval aussi, mais jamais le conte n'avait bénéficié d'un véritable statut ni pu assurer à son créateur la notoriété en même temps que la fortune. Cette réussite exemplaire, Maupassant ne la doit pas à un dosage équilibré de dramaturgie, de réalisme, de psychologie et de poésie ; encore que son habileté ne puisse être mise en doute : n'aurait-il jamais par hasard mis en pratique cette recette confirmée de la chronique qu'il dévoile dans Bel-Ami ? Sans rien perdre de leur force chatoyante, ses contes participent cependant de deux esthétiques divergentes, deux veines bien distinctes dans la littérature de l'époque, naturalisme et fantastique. De la première procèdent les contes normands (Boule de Suif, la Maison Tellier, Mademoiselle Fifi, le Petit Fût, Toine) et parisiens (les Bijoux, la Parure, Monsieur Parent) où la topologie est précise et où le milieu sert de cadre à une sorte d'étude sociologique qui ramasse les

maupassant

« éléments significatifs, les conjugue en un scénario idéal, sans souci pourtant de démonstration.

À la seconde se ratta· chent les contes de l'effroi {Fou?, la Peur, Apparition, le Horla) où la perte des repères spatio-temporels ouvre une brèche dans une identité chancelante, confuse et bientôt dissoute.

Mais, au­ delà du clivage -réel puisque, dans le premier cas, c'est une société qui est analysée sous la fausse banalité du regard neutre, et, dans l'autre, c'est la conscience, individuelle, qui est dissé ­ quée en son processus d'autodestruction -, toujours se joue un drame.

Le conte en garde une empreinte formelle stable : le coup de théâtre.

D'où son éclat mat et brutal.

Pour Maupassant la vie n'est pas un songe ni une comédie, mais bien un théâtre avec force machineries et coups du destin ; le conte est une scène où souffl ent des vents contraires, images des conflits.

De cette conception du récit, si proche de celle de la composition dramatique, peu de contes s'éloignent : les grivois (la Serre, le Gâteau, Au bord du lit), les décadents {l'Endonneuse), les textes-réflexion (Solitude, Lettre trouvée sur un noyé, Souvenirs).

On ne saurait réduire une œuvre à une typologie uni· que mais bien peu portent comme celle· ci la marque d'une telle fidélité à un genre auparavant aussi incertain et qu'elle parvient à établir dans une struc­ ture d'une telle permanence.. »

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