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CORYDON (résumé & analyse) d’André Gide

Publié le 17/03/2017

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CORYDON. Essai d’André Gide (1869-1951), sous forme de dialogue, imprimé partiellement (mais non rendu public) en 1911 et en 1920, et publié sous sa forme intégrale et définitive en 1924. Le dialogue nous est rapporté par un « témoin », qui nous dit comment, intrigué et préoccupé par les discussions scandaleuses que soulève le problème de l’homosexualité, il décida de se rendre auprès de Corydon, un intellectuel de ses amis et camarade de classe, tristement connu aujourd’hui pour ses mœurs. Corydon oppose aux questions qui lui sont posées une véritable défense, ou mieux, la justification de l’homosexualité. A cet effet, Gide se livre à une analyse exhaustive de ce que l’on a l’habitude d’appeler « instinct sexuel ». Selon lui, on ne peut déceler, dans la nature, qu’une « impulsion vers le désir », qui coïncide avec les nécessités de la reproduction de l’espèce, mais qui peut fort bien ne pas s’identifier à elles. Cette thèse, soutenue avec un remarquable déploiement d’arguments scientifiques, vient confirmer la trop facile observation selon laquelle l’on ne peut, en termes rigoureux, parler de l’homosexualité comme d’un phénomène à proprement parler « hors » ou « contre » nature. S’il est exact, comme Gide le reconnaît, que le propre de la civilisation humaine est dans le fait de choisir et de bâtir sur les données de la nature, il ne sert à rien de méconnaître et de nier aveuglément certains instincts ; avant de chercher à les réduire et à les apprivoiser, il faut s’efforcer de les comprendre, puisqu’un grand nombre de dissonances dont nous souffrons ne sont qu’apparentes et dues uniquement à des erreurs d’interprétation. Il convient ensuite d’établir une stricte distinction entre l’homosexualité (ou « l’amour grec »), la sodomie et l’inversion. Gide en effet se refuse à considérer la première de ces formes comme « anormale » et « trouble », ce qui est le propre des deux autres. Le puritanisme de Gide réapparaît curieusement, surtout dans la dernière partie, où l’auteur insiste sur la distinction entre le plaisir et l’amour, en se référant à certaines idées platoniciennes ; il va jusqu’à avancer des justifications d’ordre social, proposant pour ainsi dire des règles de morale pratique, « utiles », pour résoudre le problème des relations entre les deux sexes. La partie la moins discutable est évidemment celle où Gide fait état de certains faits scientifiques. Ce livre se présente, dans le cadre des œuvres de Gide, comme le plus caractéristique document de son angoissante soif de vérité, de son besoin désespéré de soumettre à l’épreuve de la discussion tout

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