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Fiche de lecture Zadig ou la Destinée de Voltaire

Publié le 22/12/2022

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« Fiche de lecture Zadig ou la Destinée de Voltaire 1) Né en 1694, François Marie Arouet fait de brillantes études au collège jésuite Louis-leGrand.

Il est emprisonné en 1717 pour avoir écrit des vers satiriques contre le Régent.

Il prend le pseudonyme de Voltaire en prison.

En 1726, suite à une querelle avec le chevalier de Rohan, il est à nouveau emprisonné puis exilé en Angleterre, exil au cours duquel il enrichit ses connaissances.

En 1747, il publie la première édition de Zadig.

Voltaire s’illustre dans différents genres et collabore à la rédaction de l’Encyclopédie.

Il est l’incarnation du philosophe des Lumières, libre et tolérant.

Durant toute sa vie, il a plaidé pour la tolérance et l’égalité, et a lutté contre l'injustice, le fanatisme et la noblesse.

Il a utilisé Dieu pour inciter les hommes à se respecter même s’ils sont différents.

En 1778, Voltaire meurt à Paris à 84 ans. 2) Le conte philosophique est un genre littéraire né au XVIII e siècle qui mêle la dimension merveilleuse du conte et la réflexion.

C'est un récit fictif et plaisant visant à instruire le lecteur, suscitant ainsi sa raison mais aussi son imagination.

En s’appuyant sur un genre connu (ici le conte), les auteurs peuvent ainsi délivrer de façon détournée un message, par la parodie ou la satire.

Il s’agit donc de critiquer certaines idées ou tendances d’une société (les mœurs, les régimes politiques, le pouvoir en place…).

L’ouverture de Zadig « Du temps du roi Moabdar il y avait à Babylone un jeune homme nommé Zadig » (l.1-2) correspond à celle d’un conte traditionnel car elle ancre le récit dans l’univers du conte.

En effet, l’action se situe dans un lieu et une époque imaginaires favorables au merveilleux.

De plus, Zadig est un jeune homme possédant toute les qualités requises : « riche et jeune » (l.3-4) ; avec « beaucoup d’esprit » (l2-3).

Comme le héros d’un conte, il va affronté maintes épreuves, seul ou guidé par des mentors, afin d’atteindre son but. De plus, cette œuvre transmet un message philosophique.

En effet, elle soulève la question du bonheur.

Zadig pensait que le bonheur dépend de soi-même, d’après « Zadig, avec de grandes richesses, et par conséquent avec des amis, ayant de la santé, une figure aimable, un esprit juste et modéré, un cœur sincère et noble, crut qu’il pouvait être heureux.

» (l.30-33).

Dans les trois premiers chapitres, il est confronté à des malheurs, et il réalise que l’amour ne suffit pas à être heureux.

De plus, dans le chapitre 3, ce bonheur est détaillé, car Zadig prend conscience que la connaissance ne permet pas le bonheur, mais elle y contribue, selon « Zadig vit combien il était dangereux quelquefois d’être trop savant, » (l.106-107) et « qu’il est difficile d’être heureux dans cette vie ! » (l117-118).

Le personnage erre à la recherche du bonheur, durant laquelle il sera amené à traverser des épreuves pour accéder à ce qu’il désire.

De plus, Zadig soulève la question de la Providence, soit l’idée que l'univers est régi par la volonté de Dieu.

En effet, dans le chapitre 18, Voltaire expose sa vision de Dieu, qui est le Créateur, un être parfait et bon, d’après les paroles de l’ange Jesrad : « ordre, qui serait parfait »(l175) ; « Être suprême, de qui le mal ne peut s’approcher » (l176è177) et « il a créé des millions de mondes » (l.177).

Face à cette entité suprême, le destin des hommes, impuissants, est inéluctable, selon « faible mortel, cesse de disputer contre ce qu’il faut adorer » (l.189-190). De plus, ce conte est une critique des institutions, une caractéristique majeure des Lumières. - Une dénonciation des abus de la justice.

Le système judiciaire est dépeint comme injuste car il ne respecte pas les droits accordés à l’individu pour se défendre, selon: « Il a d’abord payé cette amende ; après quoi il fut permis à Zadig de plaider sa cause.

» (l.

55-56) - Une critique de la monarchie absolue : dans Zadig, deux figures du roi, toutes deux incarnées par Moabdar, s’opposent.

D’une part, le tyran qui condamne Zadig à mort et d’autre part, le monarque éclairé qui accepte qu’un de ses sujets le contredise : « étant roi, vous ne vous êtes point fâché contre votre esclave, lorsqu’il contredisait votre passion » (l.

55-56).

Ce dernier modèle rejoint le « despotisme éclairé » promu par Voltaire et les autres philosophes des Lumières, c’est-à-dire un roi puissant, mais tolérant, bienfaisant et philosophe. - Une critique du fanatisme religieux : Voltaire critique la religion par l’évocation de l’archimage Yébor, un fanatique qui « aurait fait empaler Zadig pout la plus grande gloire du soleil » (l.20-21) , le sort des veuves condamnées à s’immoler par le feu sur leur mari immolé et la dispute sur la manière d’entrer d’un pied ou de l’autre dans le temple de Mithra.

A cette tradition religieuse, Zadig garantit la victoire du bon sens, d’une part en réglant la question des veuves destinées à se brûler sur leur mari et d’autre part en sautant à pied joint dans le temple de Mithra. - Une critique des érudits prétentieux : Dans le chapitre 4, Voltaire dresse une satire de la vanité des hommes de sciences, car le savant est présenté comme un érudit ayant réussi à rédiger treize volumes sur les propriétés du griffon, un animal qu’il n’a jamais vu. 3) Ce conte soulève la question du destin et de la liberté, à savoir si les hommes possèdent vraiment la liberté d’être maîtres de leur propre destinée.

En effet, au début de l’histoire, Zadig était convaincu qu’il dirigerait sa destinée, car il croyait pouvoir être heureux facilement.

Durant son périple, il est surpris de constater que les bonnes actions ne sont pas toujours récompensées, et il s’interroge souvent sur le bonheur et sur le sens de sa destinée.

« Qu’est-ce donc que la vie humaine ? Ô vertu ! à quoi m’avez-vous servi ? «(l.131-132) ; « il fut tenté de croire que tout était gouverné par une destinée cruelle qui opprimait les bons.

» (l. 137-139) Néanmoins, ses propos ;« il est donc nécessaire qu’il y ait des crimes et des malheurs » (l.168) établissent que même si la destinée est fixée par la Providence, ordre suprême et parfait, les hommes doivent accepter la présence du Mal.

D’après l’ange Jesrad : « il n’y a point de mal dont il ne naisse un bien.

» (l.171-172).

Cela signifie qu’il existe un ordre de l’univers, dont les finalités seront positives malgré les malheurs nécessaire à cellesci, et aucune contestation de la part des hommes n’est possible.

L’homme doit passer par des malheurs pour atteindre le bonheur, ou un rêve.

Rien n’est autonome.

En effet, malgré tous les malheurs, les trahisons et les douleurs qu’il a endurés, Zadig a été récompensé pour ses qualités : à la fin de l’histoire, il est roi de Babylone, avec à ses côtés Astarté, la femme qu’il aime plus que tout.

Ainsi, le titre Zadig ou la destinée correspond bien à l’histoire. 4) Comme dit précédemment, Zadig respecte la structure du conte traditionnel : le schéma narratif. - La situation initiale (du chapitre 1 à 8) : Zadig à Babylone.

Le personnage éponyme est un jeune homme vertueux, ayant un niveau d'éducation élevé et de nombreuses qualités.

Mais dès le deuxième paragraphe du chapitre 1, alors qu’il devrait épouser Sémire, le héros connait une longue série de retournements négatifs. - L'élément perturbateur : la jalousie d’un roi.

Le roi.... »

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