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FRIEDRICH NIETZSCHE : LA GENEALOGIE DE LA MORALE (Résumé & Analyse)

Publié le 17/01/2022

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FRIEDRICH NIETZSCHE : LA GENEALOGIE DE LA MORALE. Ouvrage d'une grande densité, composé de trois dissertations. Nietzsche cherche à comprendre l'origine des valeurs morales qui prônent le renoncement à la vie, aux instincts, et qui ont permis aux plus faibles de prendre la place des plus forts.
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« plus irrésistible, la séduction qui, par des voies détournées, conduisait justement à ces valeurs, à ces innovationsjudaïques de l'idéal ? » Ce fut, pour le monde, une séduction irrésistible. Le peuple eut le dessus. C'en fut fini desmaîtres. La morale de l'homme du commun a triomphé. Même si aujourd'hui, au moment où écrit Nietzsche, l'Églisen'est plus une grande force de séduction, ce n'est pas bien grave pour elle, car son poison continue à se diffuserdans la société : « L'Église nous répugne, mais non pas son poison. »De là, Nietzsche passe à l'analyse des deux morales opposées. La morale noble, dit-il, est un Oui : son conceptfondamental est le « bon ». « L'évaluation aristocratique... agit et croît spontanément, elle ne recherche sonantithèse que pour se dire oui à elle-même avec plus de joie et de reconnaissance encore. » L'homme noble ignoreses ennemis. Il ne leur voue aucune haine. Il les oublie. Ce n'est pas un homme du ressentiment, il se contente des'affirmer pour lui-même.Au contraire, la morale des esclaves engendre des valeurs, nées du ressentiment, « le ressentiment de ces êtres àqui la réaction véritable, celle de l'action, est interdite, et que seule une vengeance imaginaire peut indemniser ». Lamorale des esclaves est un Non : son concept fondamental est le « méchant », un « méchant » qui n'est autre quele « bon » de la morale noble. Par ce terme, les faibles ont condamné le fort parce qu'il se conduisait en fort, tandisqu'eux-mêmes se glorifiaient de se conduire en faibles et faisaient de leurs sentiments de faibles des vertus.Aujourd'hui, plus personne ne propose d'aller de l'avant, de construire l'homme :« Tout va s'abaissant, s'abaissant toujours, devient plus mince, plus inoffensif, plus prudent, plus médiocre, plusinsignifiant, plus chinois, plus chrétien — l'homme, il n'y a pas de doute, devient toujours meilleur... Tel est lefuneste destin de l'Europe. »Nietzsche refait l'histoire de la lutte entre les deux morales. Il en évoque les phases successives pour montrerqu'après le combat effrayant que se sont livré dans le monde, des millénaires durant, les deux valeurs opposées «bons et mauvais » d'un côté et « bon et méchant » de l'autre, l'issue ne fait pas de doute.Nietzsche aborde trois moments de cette histoire. D'abord, l'opposition de Rome et des Juifs :« Les Romains étaient les forts et les nobles, au point qu'il n'y eut jamais plus fort et plus noble au monde jusqu'ici ;tout vestige qui nous vient d'eux, toute inscription ravit, pourvu que l'on devine ce que c'est qui écrit là. Les Juifsétaient au contraire ce peuple sacerdotal du ressentiment par excellence. »Qui a vaincu ? La Judée, puisqu'aujourd'hui on se prosterne de la terre entière devant Rome, siège du christianisme.Certes, la Renaissance fut une belle réaction qui remit à l'honneur la culture et les valeurs de l'idéal classique. Maiscelle-ci fut vite étouffée par la Réforme. Avec la Révolution française, la défaite de l'idéal aristocratique estconsommée :« La dernière noblesse politique de l'Europe, celle du XVII et du XVIII siècle français, s'écroule sous la poussée desinstincts populaires du ressentiment — jamais sur terre on n'avait connu allégresse plus grande, enthousiasme plustapageur. »Mais cette défaite est-elle définitive ? Cette opposition d'idéaux grandiose entre toutes a-t-elle été ainsi reléguée àjamais ou seulement ajournée ? Nietzsche se pose la question du réveil de l'incendie qui couve depuis si longtemps.« Par-delà le bien et le mal » ne signifie pas « par-delà le bon et le mauvais », précise-t-il pour conclure cettepremière dissertation. II. Deuxième dissertation : La « faute », la « mauvaise conscience » et ce qui leur ressemble La seconde dissertation retrace la genèse de l'idée de faute. Chez les animaux, être capable d'oublier est une force,un signe de robustesse. Eh bien, l'homme a réussi à perdre l'oubli, qui fait la tranquillité de beaucoup d'espèces. Il amême acquis la faculté contraire, la mémoire, à l'aide de laquelle, dans des cas déterminés, l'oubli est suspendu.Il ne s'agit nullement de l'impossibilité purement passive de se délivrer d'une impression du passé... mais bien d'unevolonté active de ne pas se délivrer, d'une volonté qui persiste à vouloir ce qu'elle a une fois voulu, à proprementparler d'une mémoire de la volonté. »Par là, l'homme est devenu prévisible, régulier, nécessaire jusqu'au point de pouvoir répondre de lui-même commeavenir. C'est la longue histoire de la responsabilité : « La connaissance de cette rare liberté, de cet empire sur lui-même et sur le destin, l'ont si profondément marquéqu'ils sont devenus en lui un instinct, l'instinct dominant. »Cet instinct, l'homme l'appelle sa conscience. Pour que l'homme garde bien en mémoire sa parole, qu'il tienne sonengagement, il a fallu qu'on lui en grave l'obligation dans la tête, à savoir le prix de la dette impayée. Cela ne s'estpas fait sans tortures : « L'instinct découvrit dans la douleur l'adjuvant le plus puissant de la mnémonique... Plus l'humanité a eu mauvaisemémoire, et plus les coutumes ont pris un aspect horrible ; en particulier, la dureté des lois pénales nous donnetoute la mesure de l'effort qu'elle a dû faire pour vaincre l'oubli et pour garder présentes à la mémoire de sesesclaves, tentés de transgresser, les exigences primitives de la vie sociale. »Nietzsche étudie la faute civile, cas où un débiteur ne peut s'acquitter envers son créancier. En allemand, faute(Schuld) est très proche de dette (Schulden). En fait, longtemps, la responsabilité n'existait pas comme notion. Ona pensé qu'à un dommage devait correspondre une douleur du créancier et donc que celui-ci pouvait se venger.C'est dans cette sphère du droit des obligations que Nietzsche trouve l'origine des concepts moraux de faute,conscience, devoir, caractère sacré du devoir :« Faire souffrir donnait un très grand plaisir. Celui qui avait subi le dommage et ses désagréments obtenait enéchange une extraordinaire contre jouissance : faire souffrir, véritable fête... » Pour sa part, la faute criminelle, cas où un individu, par son acte, nie ce qu'il doit à la communauté, peut égalementêtre »

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