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GUILLAUME (la Chanson de) (résumé & analyse)

Publié le 15/12/2018

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GUILLAUME (la Chanson de). Découverte en 1901, cette chanson de geste qui nous a été transmise par un unique manuscrit anglo-normand du XIIIe siècle remonterait aux premières années du XIIe siècle (ou à l’extrême fin du XIe siècle) dans son noyau le plus ancien. Elle est ainsi la plus ancienne des chansons du cycle de Guillaume d’Orange  et prend place aux côtés de la Chanson de Roland et de Gormond et Isembart parmi nos toutes premières œuvres épiques (on notera que chacun de ces trois textes, qui inaugure pour nous chacun des trois cycles épiques, nous est parvenu sous une forme anglo-normande).

 

Le plan d’ensemble de la Chanson de Guillaume est calqué sur celui du Roland : Vivien, neveu de Guillaume, est vaincu et tué à la première bataille de l’Archamp [voir aussi Aliscans] par les Sarrasins et c’est l’oncle qui, appelé trop tard au secours, viendra venger sa mort et remporter la victoire sur l’infidèle. Le dialogue entre Vivien et Thibaut, peu avant la mort du héros, se souvient du célèbre échange entre Roland et Olivier; la

« scène de la mort cherche à rivaliser, avec des moyens différents, avec celle de la Chanson de Roland : les souf­ frances dues à la faim et à la soif, à l'eau salée, aux blessures qui saignent largement, les entrailles qui traî­ nent à terre et que Vivien s'efforce de retenir d'un bras tout en combattant de l'autre, le crâne qui éclate d'un coup de javelot et la cervelle qui se répand sur l'herbe, enfin le Sarrasin qui va dissimuler le corps pour que les chrétiens ne puissent lui donner une sépulture, tout cela contribue à donner à cette scène un degré d'horreur et de pathétique rarement égalé dans le genre épique.

Le texte, tel qu'il nous a été transmis, est générale­ ment divisé par la critique en deux ensembles qui s'arti­ culent autour du vers 1980, et dont le premier seul serait primitif et remonterait à la fin du x1• siècle, le second étant de la deuxième moitié du xii" siècle.

Dans cette seconde partie, Guillaume, après une défaite momenta­ née, retrouve le corps de Vivien, va chercher du secours à Paris (avec une scène fameuse dans laquelle la veulerie de l'empereur Louis éclate au grand jour), puis revient combattre les Sarrasins avec un nouveau héros haut en couleur, Rainouart : géant sarrasin converti -dont on apprendra à la fin qu'il est le frère de Guibourc, la Sarra­ sine que Guillaume a épousée -, il était jusque-là relé­ gué aux cuisines et son arme favorite, aussi peu chevale­ resque que possible, est un immense tronc d'arbre, son « tinel » grâce auquel les chrétiens remporteront la vic­ toire.

Tl y a donc un net changement d'esthétique entre la première et la seconde partie : un style plus romanes­ que, avec un comique plus original et plus détendu, suc­ cède à une écriture tragique, tendue, dans laquelle le comique qui s'attache au personnage de Guillaume pro­ duit des contrastes brutaux avec le pathétique.

De plus, l'ajustement se fait mal entre les deux parties : le prolo­ gue annonce les seuls événements de la première; le lieu où Guillaume retrouve le cadavre de Vivien n'est pas celui où le Sarrasin l'avait déposé; Vivien rend son der­ nier soupir entre les bras de son oncle, alors que sa mort devrait remonter à plusieurs jours.

Jean Frappier, allant au-delà de la simple constatation de cette hétérogénéité, a proposé une hypothèse sur les différentes phases de l'élaboration de cette chanson : les l 980 premiers vers, d'atmosphère plus purement épique, et qui forment un tout avec le prologue, constitueraient le noyau primitif; une Chanson de Rai nouart postérieure, contenant une autre version de la mort de Vivien, aurait servi de base à la seconde partie de la Chanson de Guillaume.

Du point de vue technique, l'œuvre présente égale­ ment des divergences entre ses deux parties, même si l'auteur de la seconde s'est souvenu de certains procédés de la première, qui est d'un style très archaïque.

Le refrain (. »

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