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INTRODUCTION A L’ÉTUDE DE LA MÉDECINE EXPÉRIMENTALE, 1865. Claude Bernard - résumé de l'oeuvre

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INTRODUCTION A L’ÉTUDE DE LA MÉDECINE EXPÉRIMENTALE, 1865.

Claude Bernard, 1813-1878.

 

L’originalité de ce livre était, par-delà la définition des réquisits et conditions d’application de la méthode expérimentale aux êtres vivants, de faire passer la médecine de la préhistoire à l’histoire : l’empirisme fondé sur l’observation passive et non critique des faits devait céder la place au rationalisme critique, à l’écart des systèmes philosophiques mais non de la recherche raisonnée des causes prochaines des phénomènes de la vie, à l’état sain comme à l’état pathologique .

 

Une difficulté préjudicielle n’a pas été suffisamment remarquée: celle de savoir dans quelle mesure l’expérimentation peut s’appliquer à la vie ; la codification et le classement des procédés expérimentaux, donc artificiels, permettent-ils de conclure à leur adéquation aux phénomènes naturels ainsi représentés ? La réponse se trouve, non dans l’institution du protocole, mais dans la spécificité de l’objet qui à la fois confirme et dérange le protocole : la légalité de la nature, obéissant au déterminisme, s’applique à une partie de la nature — les organismes vivants — qui à son tour vient modifier les règles d’investigation initiales. La spécificité des formes vivantes, qui ne sont pas mathématiques, leur variabilité, la nécessité de considérer l’organisme comme une totalité qui ne soit pas la somme de ses parties, l’irréversibilité du devenir des phénomènes vitaux, ces caractères relèguent la physique et la chimie dans un rôle de sciences adjuvantes, comme l’anatomie par rapport à la physiologie: pour savoir quelque chose des fonctions de la vie, il faut les étudier sur le vivant. Ces quatre caractères permettent de spécifier les phénomènes vitaux à l’intérieur du déterminisme universel: la vie, c’est la création.

 

En effet, ce qui caractérise la machine vivante, ce n’est pas la nature de ses propriétés physico-chimiques, si complexes qu’elles soient, explique Claude Bernard; c’est la création de cette machine qui se développe sous nos yeux dans des conditions qui lui sont propres et d’après une idée définie qui exprime la nature de l’être vivant et l’essence de la vie. Il ne faut pas entendre «idée» au sens métaphysique, mais plutôt comme un principe régulateur et organisa-

teur qui assure le développement de chaque organisme en interaction avec le milieu, mais aussi en indépendance par rapport à lui: le milieu intérieur est cette notion qui permet de comprendre l’organisme vivant comme le résultat d’un processus autonome qui, par un déterminisme circulaire, trouve dans son besoin la cause de son accomplissement. La fixité du milieu intérieur n’est pas une notion métaphysique ni systématique: elle ne relève ni d’une harmonie préétablie ni d’un prétendu principe vital; elle est le fruit d’un mécanisme régulateur qui est la condition d’une autonomie du vivant.

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