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JUSTINE OU LES MALHEURS DE LA VERTU de Sade (Donatien, Alphonse, François, marquis de)

Publié le 08/11/2018

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sade
JUSTINE OU LES MALHEURS DE LA VERTU
Sade (Donatien, Alphonse, François, marquis de). Roman, 1791.
 
Roman noir plus que conte philosophique, Justine ou les Malheurs de la vertu démontre avec la rigueur d’un raisonnement mathématique un axiome initial, formulé dans un «cahier préparatoire » où Sade trace le plan de son livre : « Deux sœurs, l’une très libertine vit dans le bonheur, dans l’abondance et la prospérité, l’autre extrêmement sage tombe dans mille panneaux qui finissent par entraîner sa perte.» L’histoire de l’impénitente Juliette, qui triomphe dans le crime, encadre le récit central: une succession d’événements atroces où toutes sortes de bourreaux se jouent sadiquement de la candide Justine. La répétition mécanique des malheurs, au-delà du vraisemblable, permet à Sade de présenter comme une fatalité les persécutions subies par l’héroïne, toujours victime de ses vertus, toujours punie par une puissance supérieure, le Mal.
 
♦ Après avoir exprimé sa violence négatrice dans son œuvre la plus radicale. Les Cent Vingt Journées de Sodome, achevée à la Bastille en 1785, Sade (1740-1814) commence à rédiger un roman liant la forme épistolaire et les mémoires, Aline et Valcour, puis écrit en 1787 Les Infortunes de la vertu — qui seront publiées par Maurice Heine en 1930. Il en donne en 1791 une version beaucoup plus sombre, Justine ou les Malheurs de la vertu, qui érige le sadisme en système ; il reviendra une dernière fois sur cette histoire. La troisième Justine, sous le titre La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la vertu suivie de L’Histoire de Juliette (1797), est un roman fleuve composé de dix volumes et présenté sous la forme d’un récit à la troisième personne: il associe une prolifération de discours et de réitérations à une surenchère de crimes et de supplices. La Nouvelle Justine présente l’histoire de Juliette comme un roman d’apprentissage démystifiant toutes les valeurs. Son héroïne baroque supplante progressivement une sœur dont elle n’était que l’auditrice dans Les Infortunes.

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