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LEÇON DE MORALE (Une) de Paul Éluard (résumé & analyse)

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morale

LEÇON DE MORALE (Une)

Paul Éluard. Poèmes, 1950.

 

Y a-t-il plusieurs Éluard? Si, au moment de sa mort, on célébrait surtout le poète militant de la période 1940-1952, les critiques contemporains ne semblent plus guère reconnaître que l’écrivain dada et surréaliste. Incontestablement, Éluard a beaucoup évolué (il s’est expliqué dans « La poésie doit avoir pour but la vérité pratique», Deux Poètes d'aujourd'hui, 1947). Cependant, la continuité est plus évidente encore. Une leçon de morale ne peut se comprendre que par la dialectique des miroirs apparue à l’époque de Capitale de la douleur* (1926) et de L’Amour la poésie* (1929). Chaque poème présente, ouvertement ou implicitement, deux parties intitulées «Au bien» et «Au mal». Est «au bien» tout ce qui affirme la valeur de la vie et l’ouverture vers autrui; «au mal», le pessimisme, l’isolement. Mais, comme le souligne la préface, ce qui est au bien peut passer au mal et inversement : chacun de ces deux termes n’existe qu’en s’opposant à l’autre, auquel il est pourtant identique. Le texte s’engendre en s’opposant à lui-même (le bien naît de la reconnaissance du mal), en s’identifiant à son autre (le mal peut passer au bien); il devient par conséquent sujet, au sens hégélien de ce terme. La facilité d’une poésie qui se veut accessible à tous ne représente donc nullement une trahison, par Éluard, de ce qu’il a été.

 

♦ Éluard (1895-1952) réutilisera dans Pouvoir tout dire (1951) la répartition au bien et au mal, en l’enrichissant par l’emploi des italiques, qui introduit un niveau supplémentaire de dialogue entre le sujet de l'énoncé (caractères romains) et le sujet de l'énonciation (italiques).

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