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PASSIONS DE L’ÂME (LES) ou TRAITÉ DES PASSIONS, René Descartes - résumé de l'oeuvre

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descartes

PASSIONS DE L’ÂME (LES) ou TRAITÉ DES PASSIONS,

 

René Descartes, 1596-1650.

 

Après avoir démontré, dans les Méditations, la distinction réelle de l’âme et du corps, Descartes doit en penser l’union substantielle. C’est le rôle dévolu au Traité des passions. Ce livre ne peut pas être lu indépendamment de la correspondance avec

 

y

 

la princesse Elisabeth, qui l’a en partie suscité, et ne cesse de l’éclairer. Il n’y a pour Descartes aucune contradiction entre distinction et union: la première est pensée, la seconde éprouvée.

 

Ici le terme de «passions» est à prendre en son sens classique: tous les phénomènes dans lesquels l’âme pâtit, c’est-à-dire subit une action venue du corps. Cette action s’exerce en un lieu particulier du corps : la «glande pinéale», où s’effectue le contact avec les «esprits animaux», qui sont des réalités entièrement corporelles. La glande pinéale est bien entendu, de la même manière, l’endroit où s’exerce l’action de l’âme sur le corps, que celle-ci meut en envoyant dans les nerfs un flux des mêmes esprits animaux. Toute la première partie du traité est ainsi consacrée à la description de ces mécanismes physiologiques, qui

 

donnent lieu à des analyses fort détaillées. C’est donc, selon ses propres termes, en «physicien» que Descartes traite des passions de l’âme. En termes modernes, on dirait qu’il s’agit de la première tentative de compréhension matérialiste du phénomène des passions, c’est-à-dire de toutes les interactions entre corps et esprit (Descartes peut être considéré comme un précurseur de la notion de «psychosomatique»). Comprendre les passions, c’est les expliquer (physiologiquement), mais aussi en percevoir le sens. Pour ce faire, l’œuvre propose une nomenclature détaillée et systématique des passions, qui dérivent toutes par composition de six passions primitives: admiration, amour, haine, désir, joie, tristesse. Mais le projet de Descartes est moral, et il ne s’en tient pas à une simple description.

 

Le Traité des passions développe en effet une théorie de la maîtrise des passions. Il s’agit d’un thème classique dans la réflexion philosophique, mais que Descartes renouvelle complètement, notamment par rapport au stoïcisme, dont il s’inspirait pourtant dans le

Discours de la méthode (IIIe partie, troisième maxime de la morale par provision) — on se souvient d’ailleurs que le Discours contenait aussi une allusion dépréciative à propos des stoïciens. C’est que rien n’est plus étranger au cartésianisme qu’une condamnation des passions. «Elles sont toutes bonnes de leur nature», et il ne nous appartient pas de nous en défaire: «Je ne suis point d’opinion, écrit-il ailleurs, [...] qu’on doive s’exempter d’avoir des passions»; cela en effet ne serait ni possible, car elles sont la rançon de l’union substantielle, ni même souhaitable, car elles la font proprement vivre.

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