Devoir de Philosophie

Comment Camus utilise-t-il le mythe de Sisyphe pour tirer de l’absurdité de sa condition une idée de grandeur humaine ?

Publié le 18/10/2013

Extrait du document

sisyphe
TEXTE 4 = Camus, Le Mythe de Sisyphe, Introduction Camus est un journaliste (directeur de la revue Combat), dramaturge, romancier et essayiste français. Militant engagé dans la Résistance française et dans les combats moraux de l'après-guerre (Il a successivement condamné Hiroshima, protesté contre les inégalités qui frappaient les musulmans d'Afrique du Nord, puis contre la caricature du pied-noir exploiteur. Il est allé au secours des espagnols exilés antifascistes, des victimes du stalinisme, des objecteurs de conscience), il développe un humanisme fondé sur la prise de conscience de l'absurdité de la condition humaine mais aussi sur la révolte comme réponse à l'absurde, révolte qui conduit à l'action et donne un sens au monde et à l'existence, et « alors naît la joie étrange qui aide à vivre et mourir «. Le cycle de l'Absurde est le premier où différents genres sont représentés, avant celui de la Révolte. À côté du roman L'Étranger et de la pièce de théâtre Caligula, Le Mythe de Sisyphe a le statut d'un essai. Les parutions de L'Étranger et du Mythe de Sisyphe en 1942 ne sont distantes que de quelques mois, les deux textes se nourrissent vraisemblablement l'un de l'autre. Le sujet en est l'homme, qui tire sa grandeur du goût qu'il a pour les sensations premières dans un contact heureux avec le monde, mais surtout de la conscience, qui met la société à distance et permet de porter un regard critique sur sa condition. Problématique : Comment Camus utilise-t-il le mythe de Sisyphe pour tirer de l'absurdité de sa condition une idée de gran...


sisyphe

« Quel est son châtiment ?Que représente l’ensemble des gestes et des attitudes de Sisyphe dans les lignes 21-28 ? Dans les lignes 21 à 28, Camus décrit le labeur titanesque que constitue le châtiment imposé à Sisyphe.

Tout signale la rudesse de la tâche : « l’effort d’un corps tendu » (l.

21), « le visage crispé » (l.

23) et le « long effort » (l.

26).

+ accumulation d’actions l.23-25. C’est aussi l’idée de répétition qui est soulignée par l’expression : « cent fois recommencée » (l.

22).

Ce travail est donc une torture , puisque tous les efforts ne conduisent qu’à voir « la pierre dévaler en quelques instants », le complément de temps marquant la vanité de l’action.

Comment ces gestes expliquent-ils l’expression « prolétaire des dieux » (ligne 40) ? Ce tableau n’est pas sans évoquer le contexte historique dans lequel s’inscrit l’œuvre : le travail mécanique instauré par la révolution industrielle se traduit par les efforts constamment répétés de l’ouvrier ou « prolétaire » (l.

40), efforts essentiellement physiques.

Le texte prend alors une dimension politique autant que symbolique : les dieux sont comparés au patronat qui, sur terre, épuise la force des hommes.

En quoi les lignes 14-19 s’appliquent-elles aussi au destin de l’homme ? Mais c’est aussi tout homme qui est concerné, dans la mesure où chacun aime la vie, fuit la mort et y est malgré tout condamné.

La phrase « c’est le prix qu’il faut payer pour les passions de cette terre » (l.

19) est au présent, expression d’une vérité générale.

Quel sens prend alors l’adjectif « absurde » (ligne 16) ? Ainsi, l’expression « Sisyphe est le héros absurde » (l.

16) résume la pensée de Camus : l’homme est héroïque dans la mesure où il lutte pour jouir de la vie, mais l’issue de ses efforts étant nécessairement rendue vaine par la mort, toutes ses actions et même son triomphe momentané perdent leur sens. 3.

La grandeur tragique de la condition humaine (question 4) D’après la fin du texte, pourquoi peut-on parler d’une grandeur tragique de la condition humaine ? Ce qui fait le tragique de notre condition, c’est l’issue fatale de la vie .

Or, face à ce destin, la lucidité est évidemment douloureuse (« tourment », l.

42) .

Mais elle confère à l’homme sa grandeur dans la mesure où elle lui permet de connaître sa misère .

L’inspiration de Camus rejoint la vision de Pascal chez qui le même renversement caractéristique établit la faiblesse de la condition humaine, pour fonder la grandeur de l’homme sur la conscience qu’il en a (voir manuel, p.

174-175). Comment l’homme peut-il dominer son destin ?. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles