comment l’invention des logarithmes a-t-elle contribué au développement de l’astronomie ?
Publié le 10/05/2026
Extrait du document
«
Quand on veut dire qu’un calcul est très compliqué, on dit
souvent : « c’est un calcul astronomique ».
Mais cette
expression n’est pas une exagération ! Pendant des siècles,
les astronomes ont passé des mois entiers à effectuer à la
main des multiplications complexes pour prédire les éclipses
ou la position des planètes.
Et si je vous disais qu’un simple
outil mathématique a révolutionné tout cela ?
Aujourd’hui je vais vous parler d’un lien très fort entre les
mathématiques et l’astronomie : celui des logarithmes.
Nous allons nous demander : comment l’invention des
logarithmes a-t-elle contribué au développement de
l’astronomie ?
Pour répondre à cette question, nous allons d’abord revenir
sur les difficultés des calculs astronomiques avant les
logarithmes.
Puis, nous verrons comment leur invention par
Neper a permis de simplifier les calculs.
Enfin, nous
étudierons des applications concrètes des logarithmes dans
l’histoire et dans l’astronomie moderne.
1
Pour bien comprendre pourquoi les logarithmes ont joué un
rôle fondamental dans le développement de l’astronomie, il
faut d’abord se replonger dans le contexte scientifique du
début du XVIIe siècle.
À cette époque, les astronomes comme
Tycho Brahé, Kepler ou encore Galilée n’ont à leur disposition
que du papier, une plume, et leur cerveau pour effectuer des
calculs extrêmement complexes.
Et le terme « calcul
astronomique », que nous utilisons encore aujourd’hui pour
désigner des calculs fastidieux, prend tout son sens dans ce
contexte.
L’astronomie est alors un domaine qui repose massivement sur
les mathématiques, et notamment sur la trigonométrie
sphérique.
En effet, pour déterminer la position des astres,
calculer les distances entre planètes, prédire des éclipses ou
encore construire des éphémérides (c’est-à-dire des tables
indiquant les positions célestes jour après jour) , il faut
manipuler des formules complexes comme :
a·sin(β) = b·sin(α) ou d’autres.
Ces formules, que l’on apprend au lycée en partie dans le
cadre de la trigonométrie, ne sont pas nouvelles.
Les
astronomes de l’époque les utilisent déjà, mais leur application
implique des multiplications, divisions, et la consultation
constante de tables trigonométriques écrites en base
sexagésimale (donc sur 60, comme notre système horaire).
Cela rend les calculs longs, pénibles et sujets à erreurs.
C’est donc dans cette optique que certains savants
commencent à développer des méthodes pour simplifier les
calculs.
L’une des plus utilisées avant l’invention des
logarithmes est la prostaphérèse.
Cet algorithme repose sur
des identités trigonométriques comme :
sin(α)·sin(β) = ½ [cos(α–β) – cos(α+β)] et d’autres.
Ces égalités permettent de remplacer une multiplication de
sinus ou de cosinus par des calculs de cosinus de sommes ou
de différences d’angles, que l’on peut plus facilement retrouver
dans les tables.
Cette technique est ingénieuse, mais elle reste
approximative, dépendante de tables mal calibrées, et ne
permet pas de s’appliquer à tout type de calcul.
C’est dans ce contexte de recherche d’efficacité que surgit une
invention révolutionnaire : celle des logarithmes, proposée en
1614 par John Napier (ou Neper en français), mathématicien
écossais.
L’idée est simple, mais géniale : transformer les
opérations difficiles (multiplications et divisions) en opérations
simples (additions et soustractions) grâce à une
correspondance mathématique entre des suites géométriques
et arithmétiques.
Par exemple, prenons la suite géométrique :
1 = 10⁰ → 0
10 = 10¹ → 1
100 = 10² → 2
1000 = 10³ → 3
La colonne de gauche est une progression géométrique
(chaque terme est multiplié par 10), celle de droite est une
progression arithmétique (chaque terme est augmenté de 1).
En associant chaque terme de la suite géométrique à son
exposant, on introduit ce que l’on appelle aujourd’hui le
logarithme décimal.
Ainsi,
log(10) = 1 ; log(100) = 2 ; log(1000) = 3,
et on peut démontrer que :
log(a) + log(b) = log(ab).
Cela signifie qu’au lieu de faire une multiplication à la main, il
suffit de faire deux lectures de logarithmes, de les additionner,
puis de retrouver l’antilogarithme (l’inverse du logarithme).
Neper n’utilise pas encore la base 10 moderne (il travaille avec
les sinus), mais son idée est immédiatement reconnue comme
une révolution.
C’est ensuite en 1616 que le mathématicien Henry Briggs
affine l’idée et introduit le logarithme décimal, celui que nous
utilisons encore aujourd’hui.
Il publie de gigantesques tables
de logarithmes allant de 1 à 20 000, puis de 90 000 à 100 000,
et ces tables sont complétées plus tard par Adriaan Vlacq.
Les
scientifiques, et en particulier les astronomes, s’en emparent
très rapidement : les calculs deviennent plus fiables, plus
rapides, et moins épuisants.
Le monde scientifique vient
d’entrer dans une nouvelle ère.
Après avoir vu les difficultés des calculs avant
l’invention des logarithmes, je vais donc passer à ma
seconde partie qui s’interroge sur comment l’astronomie
tire parti de l’invention de ces derniers
2
L’invention des logarithmes n’aurait pas eu autant d’impact si
elle était restée une curiosité théorique.
Mais très vite, elle
donne naissance à des outils concrets, capables de changer
radicalement les méthodes de calcul utilisées par les
astronomes.
L’un des premiers outils pratiques inspirés directement des
logarithmes est la règle à calcul, inventée par Edmund Gunter
en 1624.
Cette règle contient une échelle logarithmique.
Si l’on
utilise deux règles coulissantes ou une règle et un compas, on
peut effectuer des multiplications et divisions simplement en
mesurant des longueurs, en appliquant le principe des
logarithmes : on transforme des produits en sommes de
longueurs.
Ce principe, bien qu’élémentaire en apparence,....
»
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