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Du Zaïre à la « République démocratique du Congo »

Publié le 04/12/2018

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Toutefois, le nouveau régime peine à transformer sa victoire militaire en victoire politique. Bien qu’assuré du soutien de l'OUA, il arrive difficilement à renouer les liens avec la communauté internationale, ce qui est indispensable pour reconstruire le pays, tant que la lumière ne sera pas faite sur l’étendue des massacres de réfugiés - qualifiés de crimes de l’humanité par les rapports de l'ONU - et sur les responsabilités des rebelles dans ces meurtres. Cette perte de crédibilité l’incite ainsi à se replier sur des alliances régionales. Par ailleurs, la reconstruction autoritaire, « moralisatrice » et centralisatrice, si elle restaure la sécurité dans les villes, tend à isoler le nouveau pouvoir des forces politiques existantes, qu’il s’agisse de l’ex-opposition ou de la société civile qui restent influentes dans la capitale, le centre et le sud du pays, voire même de ses premiers alliés qui se sentent exclus des bénéfices de la victoire et peuvent alimenter des foyers de rébellion dans l’est du pays.

« Une ère nouvelle a commencé » : c’est en ces termes que Laurent-Désiré Kabila, le 29 mai 1997, lors de son autoproclamation présidentielle, affirme une rupture avec le régime du président Mobutu Sese Seko, qu’entérineront des décisions symboliques comme le changement de nom, de drapeau et d’hymne national, puis la constitution d’un gouvernement dont les membres sont en majorité issus d’une nouvelle génération d’hommes politiques étrangers à l’ancienne classe politique et, pour une minorité, s’inscrivent dans une filiation avec la première République congolaise. Ces premiers gestes de la République démocratique du Congo renouent avec le souvenir et les valeurs, bien plus qu’avec l’idéologie, de l’expérience nationaliste, anticoloniale et panafricaine de Patrice Lumumba et de l’indépendance.

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