Glottophobie, politique linguistique et statut du français en Algérie
Publié le 10/06/2026
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«
Intitulé (provisoire) :
Glottophobie, politique linguistique et statut du français en Algérie
Thématique : Ce projet de thèse propose de s’interroger sur la politique
linguistique/éducative algérienne, que l’on suppose dominée par une forme de
glottophobie qui serait à l’origine du recul de la langue française en Algérie (Politique
linguicide, discriminations linguistiques, représentations idéologiques dévalorisantes,
etc.)
Objet, contexte(s) et enjeux de la recherche :
Selon Louis-Jean Calvet, « il n’y aurait pas de guerre des langues dans un pays
unilingue et le plurilinguisme serait à l’origine de tout conflit linguistique » mais qu’en
est-il lorsqu’un pays vit un plurilinguisme « non assumé » ? Comme le décrit la linguiste
Kh.T.Ibrahimi pour résumer, en un mot, la réalité sociolinguistique algérienne qui
s’oppose clairement aux conceptions étatiques officielles, pourrions-nous dire que la
guerre des langues est non assumée en Algérie ?
Si on se réfère aux derniers discours autours des langues étrangères, on pourrait
dire que la guerre des langues est bel et bien ravivée depuis que le premier chef d’état a
décidé d’adopter l’anglais comme langue seconde pour que l’Algérie accède à
l’universalité, selon lui : « car c’est une langue internationale, alors que le Français n’est
qu’un butin de guerre » (A .Tebboune : 2022)
Le débat n’est certes pas à ses premières apparitions, néanmoins de cette
déclaration officielle s’en suit une multitude de discours s’interrogeant sur les intentions
des décideurs de procéder à la suppression progressive et effective du Français, et nous
amène à penser qu’un processus d’une politique linguicide « à peine voilée » s’est mis en
marche depuis quelques années déjà, d’après C.Benmayouf : « Cette option politique de
défrancisation linguistique est un projet de mort programmée, annoncée à brève échéance
de la langue française.
» (C.Benmayouf, 2022 : 6 )
L’anglais a souvent été instrumentalisé par le courant islamiste (pendant la
décennie noire) comme moyen de substitution à la langue française dans l’enseignement,
1
une idée qui refait surface, relancée par le ministre de l’Enseignement supérieur avec
comme objectif l’amélioration du niveau du classement des universités algériennes qui,
se serait détérioré, selon lui, par faute de l’adoption du français comme première langue
étrangère.
Face à cette forme de bilinguisme constitué de deux monolinguismes bien
identifiés : l’anglais, « seconde langue survalorisée » qui ne doit pas être perturbé par un
français
décrit, comme étant la langue d’un éternel ennemi, on est amené à nous
interroger sur l’existence d’une tolérance à la diversité culturelle et linguistique
contredite largement par la réalité des faits.
Puisque opposer une langue à une autre
relève d’un plurilinguisme négatif car soustractif, ce qui mène par la suite à opposer des
locuteurs et donc des citoyens d’un même pays.
Ces « actions glottopolitiques» (Blanchet ; 2017:55) ont suscité une tolérance aux
discriminations lié à langue : provocant par la suite des attitudes et réactions contrastées
et assez visibles dans différentes franges de la société algérienne ; des attitudes hostiles
vis-à-vis du Français et des francophones d’une manière générale, comme c’était le cas
lors des jeux méditerranéens qui ont eu lieu en juin 2022, alors que l’Algérie s’apprête à
célébrer le soixantième anniversaire de l’indépendance du pays, au milieu d’un torrent de
discours patriotiques rappelant le sacrifice des « martyrs » la délégation française ainsi
que la marseillaise ont été hué et sifflé, sous le regard des diplomates , par un public
haineux pointant du doigt un ennemi commun et exprimant une rancœur tenace qui ne
date pas d’hier, une attitude déjà décrite par Blanchet « pour qu’une action glottopolitique
soit efficace, y compris quand elle provient des instances collectives (institutions
politiques, sociales, culturelles, etc.) en général au niveau macro, il faut que des individus
(les agents) acceptent, par loyauté, par opportunisme, par soumission, par conviction,
etc., de la mettre en œuvre ; la mise en place d’une hégémonie permet aux instances de
faire en sorte que les agents partagent une idéologie linguistique de domination.
»
(Blanchet :2013)
Le problème qui se pose du point de vue de nombreux chercheurs, est d’ordre
idéologique, pour le sociologue Rabeh Sebaa: « Ce n’est pas le système linguistique en
2
lui-même et le statut des locuteurs algériens à l’intérieur de ce système qui posent
problème, mais bien l’attitude idéologiqu-émotionnelle face à ce que la langue du
colonisateur charrie comme culture » (R.Sebaa, 2015:22) Un phénomène qui résulte de
l’instrumentalisation des langues pour des fins politiques, pour Blanchet : « Les langues,
efficacement instrumentalisées dans ce processus de création des Etats nations, font
l’objet d’investissements affectifs, idéologiques, identitaires, devenant des totems de la
communion patriotique (Blanchet 2013 : 101)
Et quel chemin emprunter lorsque les idéologies linguistiques de nature verticales
(provenant des autorités politiques ou religieuses) vis-à-vis d’une LE se dressent comme
un mur entre l’enseignant/l’apprenant et le processus d’apprentissage de la langue en
question ? Lorsque les discours des autorités rejettent, stigmatisent une langue, que serait
la position de ses locuteurs ? Et que deviendrait ceux qui on en fait une carrière ? Pour le
secrétaire général du syndicat algérien des travailleurs de l'éducation, la solution serait «
Le recyclage des enseignants de français pour assurer des cours d’anglais » Lorsqu’une
idéologie provient des autorités il se pourrait quelle soit sacralisée et assimilée telle
quelle, il se pourrait aussi qu’ils en découlent des attitudes et des comportements
contraire à la moral de la part d’individus contrains à prouver leur loyauté.
Étant donné que les représentations sociales et les conduites sont indissolublement
liées, il est important de prendre en compte les idéologies linguistiques pour la
compréhension de toute attitude ou phénomène qui résultent du contact des langues et qui
sont souvent verbalisés en représentations
Problématique et hypothèses :
Ainsi notre question de recherche est de savoir si le recul du Français en
Algérie pourrait être assimilé à de la glottophobie.
Quant à nos hypothèses nous les formulerons ainsi :
-
Les discours politiques/médiatiques autours du (remplacement du français par
l’anglais en Algérie) Influencent les représentations de la population «
Déterminent le pouvoir valorisant, ou à contrario, inhibant vis-à-vis de
3
l’apprentissage lui-même » Castellotti et Moore (2002) en fonction de leur
nature
les
représentations
se
manifestent
à
travers
la
valorisation,
dévalorisation, sublimation ou mépris (Bavoux, 2002: 57) »
-
Comme dans de nombreux pays, les politiques linguistiques et éducatives en....
»
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