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l'Asie orientale

Publié le 18/08/2021

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?  Le Japon et la Chine, depuis longtemps déjà, c?est-à-dire au temps de la Guerre froide et même avant, ont toujours été les deux principales puissances asiatiques. Mais alors que, jusqu?en 2010, la démocratie japonaise alliée des Etats-Unis devançait la dictature communiste alliée de l?URSS, depuis cette date, la Chine devance désormais le Japon. Cette ascension de la Chine au 2e rang mondial et ce recul du Japon à la 3e place n?ont pas pour seul effet de modifier l?équilibre régional de l?Asie, mais aussi celui de bouleverser la donne internationale elle-même. Quelles relations le Japon et la Chine entretiennent-ils ? En fait, le Japon et la Chine, actuellement en concurrence pour le leadership en Asie orientale, sont deux Etats aux ambitions mondiales, qui disposent cependant aujourd?hui encore d?une puissance incomplète.  Le Japon et la Chine sont deux pays en concurrence pour le leadership en Asie orientale. Cette rivalité n?est pas une nouveauté, elle est même très ancienne sur le plan territorial, et concerne aussi bien l?économie que la politique. La rivalité territoriale entre le Japon et la Chine, à propos de la domination de l?Asie, est ancienne. A la fin du XIXe siècle, déjà, lors de la première guerre sino-japonaise de 1894-1895, la défaite chinoise avait permis au Japon de s?emparer de territoires chinois (Corée, Taiwan, Senkaku). Au XXe siècle, après l?invasion de la Mandchourie en 1931, et du reste du territoire en 1932, la Chine subit l?agression de 1937, puis l?occupation de ses principales villes et régions côtières. L?histoire officielle chinoise souligne tout particulièrement le massacre de Nankin, alors capitale du pays, au cours duquel 300.000 civils chinois sont assassinés par les soldats japonais. Pour cette raison, depuis cette époque, Pékin demande régulièrement des excuses au Japon, que celui-ci a pourtant exprimées à plusieurs reprises. Cependant la Chine doute encore de la sincérité japonaise. Les îles Senkaku, de nos jours, demeurent le principal objet de contentieux territorial entre les deux pays. Propriété du Japon depuis leur annexion en 1895, elles sont aujourd?hui revendiquées par Taiwan comme par la Chine.  La rivalité entre le Japon et la Chine, en réalité, plus encore que territoriale, est économique. Sur ce plan, en Asie orientale, la situation est plus complexe qu?il n?y paraît. Certes, le PIB de la Chine est supérieur à celui du Japon depuis 2010. Le PIB par habitant, en revanche, est six fois plus élevé au Japon qu?en Chine. Sur le plan économique, donc, le Japon demeure le leader dans la région. Sa suprématie est financière : il est le 1er créancier de l?Asie du Sud et de l?Est. Mais elle est aussi technologique : le Japon est devenu une économie de la connaissance axée sur la recherche et l?innovation permanentes. La Chine, pour autant, ne manque pas d?ambition. Elle entend s?imposer, dans un avenir proche, comme le leader économique de la région. En trente ans, elle a déjà comblé une partie de son retard en s?ouvrant avec succès aux échanges commerciaux et aux investissements étrangers qui lui ont permis de devenir l?usine du monde. Aujourd?hui, elle ambitionne de détrôner l...

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« concentre ses efforts surs : l’extension de son territoire, via la redéfinition de nouvelles frontières, tant terrestres (Himalaya, Tibet) que maritimes (Taiwan, Saikaku, Spratly, Paracels) ; la constitution d’un collier de perles en mer de Chine (multiplication des bases navales sur les littoraux) ; et le maintien du statu quo en Corée (Corée du Nord/Corée du Sud).

La Chine et le Japon, chacun avec ses armes, s’efforcent ainsi de faire basculer le continent dans leur propre camp.

Aussi, pendant que la Chine donne naissance à une organisation régionale, l’OCS, réunissant la Russie et quatre Etats d’Asie centrale, le Japon cherche de son côté à élargir son aire de coopération à l’Australie, à la Nouvelle-Zélande et à l’Inde, trois pays démocratiques susceptibles de contrebalancer la « menace » chinoise. Le Japon et la Chine, hier à propos des territoires, aujourd’hui à propos de l’économie et de la politique, sont donc bien deux pays en concurrence pour le leadership en Asie orientale.

C’est aussi, pour eux, la première étape sur le chemin qui les conduira peut-être à assouvir leurs ambitions mondiales. Le Japon et la Chine sont deux Etats aux ambitions mondiales.

Ces deux pays, en effet, rivaux à l’échelle régionale, le sont aussi à l’échelle mondiale.

Le Japon et la Chine, toutefois, sont deux modèles différents qui, pour se hisser au sommet du classement mondial, ont suivi deux modes de développement distincts. Le Japon et la Chine sont deux modèles différents, chacun lié à un territoire, une histoire et une politique que tout oppose.

Les territoires du Japon et de la Chine ne sont pas comparables. D’abord, le Japon est une île, alors que la Chine est un continent.

De surcroît, le Japon, avec 348.000 km2, est 27 fois plus petit que la Chine et ses 9,6 millions de km2.

En dernier lieu, le Japon, 126 millions d’habitants, est 10 fois moins peuplé que la Chine et son 1,3 milliard d’habitants.

L’histoire du Japon et de la Chine diffère également.

Le Japon a entamé son décollage économique à la fin du XIXe siècle pendant l’ère Meiji, puis son décollage politique au début du XXe siècle, au moment où il est parti à la conquête de tous ses voisins asiatiques, avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.

La Chine, en revanche, au moment même où le Japon amorçait son ascension, entamait son déclin : c’était, au XIXe siècle, le temps des occupations étrangères et des traités inégaux ; puis ce fut, au XXe siècle, le temps de la guerre civile entre nationalistes et communistes.

Tout change après la Seconde Guerre mondiale.

En 1949, au début de la Guerre froide, après l’entrée de la Chine dans le camp communiste, le Japon, jusqu’alors réduit au rang d’ennemi, est élevé au statut d’allié par des Américains, en quête de partenaires asiatiques anticommunistes.

Alors qu’une dictature de type communiste est instaurée en Chine depuis l’accès de Mao au pouvoir, le Japon confirme son adhésion au camp américain et démocratique.

Dès lors, de 1949 à 1976, au temps de la présidence de Mao, la Chine s’enfonce dans la misère, tandis que le Japon connaît une période de prospérité insolente, parfois qualifiée de « miracle économique japonais ».

En 1968, grâce à la période dite de Haute Croissance, le Japon devient, derrière les Etats-Unis, la 2e puissance économique mondiale.

La Chine, finalement, devant le succès du Japon, et après la mort de son président Mao, décide à son tour de se convertir au capitalisme.

En 1978, tout en maintenant une dictature d’inspiration communiste, le pays, désormais dirigé par Deng Xiaoping (1978-1992), s’ouvre aux échanges dans le cadre d’une économie de marché originale, puisqu’elle est à la fois empreinte d’autoritarisme politique (dictature) et de libéralisme économique (capitalisme).

Résultat : la Chine, après deux décennies de rattrapage accéléré, apparaît dorénavant, devant le Japon, comme la 2e puissance économique mondiale (2010) et surtout comme l’un des pays les plus dynamiques de la planète grâce à un taux de croissance annuel proche de 10%. Le Japon et la Chine, pour s’enrichir, ont suivi deux modes de développement distincts.

Le Japon, dès les années 1950, mise sur la haute technologie.

Sa stratégie est définie par l’Etat qui, via son ministère de l’économie (MITI devenu METI), dicte ses recommandations aux FTN nippones ( keiretsu ).

Ses dépenses en R&D sont alors les plus élevées au monde.

Le Japon, pour autant, n’a jamais négligé son industrie classique : n°2 mondial de l’acier, il est aussi le 2e. »

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