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Lech Walesa

Publié le 22/02/2012

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Leader charismatique de millions de Polonais jusqu'à la fin des années 80, il a été l'un des artisans du changement de régime en Pologne. Simple ouvrier devenu patron de Solidarité (1980-1990), président de la République (1990-1995) et prix Nobel de la Paix en 1983, il est aujourd'hui à la retraite. Lech Walesa est né dans une petite maison de bois le 29 septembre 1943, dans le village Popovo près de Wloclawek. Sa mère était issue d'une famille de paysans, son père était artisan menuisier. Il a trois ans, lorsqu'en 1947, la République populaire de Pologne est proclamée, il en a treize lorsque Gomulka entame en 1956 un programme de libéralisation. Entre-temps, la pression de l'Union soviétique a fait régner la terreur, a poussé une industrialisation à outrance, a suscité des procès et des envois en masse au goulag, et la collectivisation forcée a été un échec. En 1956, la Hongrie se soulève, aussitôt des ouvriers se mettent en grève à Poznan. Dans ce contexte Khrouchtchev doit accepter que Gomulka applique un socialisme à la polonaise, qui autorise à doses homéopathiques des conseils ouvriers dans les usines. Mais la libéralisation n'est qu'apparente.

« Mais la situation reste confuse : tandis qu'à Varsovie on perquisitionne au local du syndicat, à Gdansk on inauguretrès officiellement un monument à la mémoire des morts du 16 décembre 1970.

A l'extérieur du pays, les pays frèresse manifestent.

En Europe de l'Ouest, on craint une intervention en Pologne comme il y a douze ans enTchécoslovaquie...

La trêve de Noël est à peine respectée : la situation économique est si dramatique qu'on voitréapparaître des tickets de rationnement la veille des fêtes.

En janvier 1981, les campagnes s'agitent : SolidaritéRurale qui regroupe des paysans n'obtient pas d'enregistrement officiel.

Pendant ce temps à Gdansk et ailleurs, ondiscute toujours pour obtenir les samedis libres et la liberté d'éditer des journaux. L'année 81 est celle de la crise : alors que Lech Walesa est reçu par le pape un militaire, le général Jaruzelski prendle pouvoir.

Les soviétiques, Mikhaïl Souslov en personne, viennent lui faire la leçon.

En même temps que leravitaillement devient difficile que des marches contre la faim ont lieu, le mécontentement soulève les villes ; leterme d'élections libres est prononcé.

On parle d'autogestion, des journaux clandestins fleurissent.

Même le partientre en crise, remet ses méthodes en question, on voit certains de ses membres adhérer en même temps àSolidarité.

A l'automne le ton se durcit.

La Diète (le parlement polonais) refuse le projet de loi d'exception demandépar Jaruzelski, une radio diffuse un enregistrement clandestin de Walesa qui déclare "aucun changement de systèmene peut se faire sans casse".

Il est déjà suivi : des micros truffent sa petite maison, il se sait constamment menacé. Le 12 décembre "l'état de guerre" est proclamé.

Un Conseil militaire de salut public (Wron) prend la responsabilité dugouvernement.

A deux heures du matin, l'armée pénètre dans les locaux de Solidarité, et dans tout le pays procèdeà des arrestations par milliers ; la grève est passible de peine de mort, Solidarité est décrété "organisation contre-révolutionnaire" et Walesa, assigné à résidence chez lui puis emprisonné.

Écoles et universités fermées, média souscensure préalable, réunions publiques interdites, le général Koulikov, chef des troupes du pacte de Varsoviedébarque dans la capitale.

Les chantiers de Gdansk se mobilisent, des grèves éclatent dans tout le pays, l'arméeprend position, intervient.

Un premier bilan fait état de neuf morts et quarante-cinq mille arrestations le 16décembre.

Puis les chiffres augmentent, les communications avec le reste du monde sont coupées, Lech Walesaréussit à lancer un appel à la résistance, le Pape envoie un émissaire...

Les ambassadeurs polonais à Washington etTokyo demandent l'asile politique.

Fin décembre, cependant, l'armée semble avoir repris le contrôle du pays.

Leprocès des syndicalistes commence.

L'ordre règne à Varsovie, pourrait-on dire. En novembre 1982, Walesa sort de prison, et prononce son premier discours de la fenêtre de son petit pavillon àGdansk.

Presqu'au même moment, Monseigneur Glemp, primat de Pologne adresse une lettre au gouvernementpolonais protestant contre l'état répressif et les conditions de travail sous haute surveillance qui sont faites auxouvriers polonais.

Six mois plus tard, en juin 1983, le pape vient visiter son pays natal.

Il accorde à Lech Walesa uneaudience privée.

Pendant ce temps, l'économie polonaise en dépit de l'aide de Moscou ne se relève pas : les prix desdenrées alimentaires augmentent de 241 %, le zloty se dévalue de 71 %.

Un mois plus tard, l'ancien ouvrierélectricien reçoit le prix Nobel de la Paix.

Il refuse de quitter la Pologne, redoutant de ne pouvoir y rentrer, c'estdonc sa femme Danuta qui vient à Oslo recevoir la distinction.

En 1985, alors que Mikhaïl Gorbatchev succède àTchernenko, trois anciens responsables de Solidarité dont Adam Michnik, écrivain et journaliste, sont condamnés àtrois ans de prison.

Pendant ce temps, Lech Walesa ne demeure pas inactif : il réussit à faire passer à l'étranger sonmanuscrit Chemin d'espoir, biographie et proclamation politique qui sort en France en 1987. Les conditions économiques et politiques du pays réduisent les syndicalistes au silence même si en fait l'oppositiondemeure clandestine mais très vive et que des grèves éclatent sporadiquement.

Cette fois, elles partent des minesde Haute-Silésie pour gagner les chantier de la Baltique.

Finalement le 31 août 1988, Lech Walesa obtient enfin unetable ronde pour légaliser à nouveau Solidarité en échange d'arrêter les grèves qui ont repris dans tout le pays.

Auprintemps 1989, il fait une tournée dans tout le pays pour demander une trêve sociale, qui s'achève triomphalementpar la reconnaissance de Solidarité.

Et cette fois Walesa est gagnant : reconnu comme le chef de l'oppositionnationale, il obtient un accord sur toutes les revendications et la tenue prochaine d'élections pour un parlement oùtous les partis auront leur place.

En juin 1989, les élections consacrent la victoire de Solidarité dans une telleproportion que le syndicat sera partenaire du gouvernement.

Mais c'est le général Wojcech Jaruzelski qui estprésident de la république et Tadeuzs Mazowiecki le numéro 2 de Solidarité, premier ministre.

Premiers objectifs :économie de marché et fin de la censure. En 1990, la tenue d'élections présidentielles consacre Lech Walesa : il est élu avec 74 % des suffrages pour cinqans.

Le nouveau président va décevoir.

Il se révèle plus autoritaire encore que lorsqu'il était président de Solidarité,il tente d'imposer ses convictions de catholique traditionaliste revenant sur des lois comme l'autorisationd'avortement et même certains aspects du divorce, donnant aux éléments religieux les plus conservateurs une placede choix.

Économiquement, pourtant la situation s'améliore, et les capitaux étrangers commencent à affluer.

Maislorsqu'en 1995, il se présente pour un second mandat, c'est Aleksander Kwasniewski, ancien communiste, chef del'Alliance démocratique qui est élu.

Que s'est-il passé ? Adam Michnik son allié des premiers jours donne la réponsepeu avant les élections dans Gazeta Wyborcza, le journal crée en 1990 et qui exprimait souvent le point de vue desanciens de Solidarité.

Il condamne ainsi le rôle de l'Église polonaise : "L'Église, élément incontournable de l'identitépolonaise était naturellement le symbole de la protestation, elle ne peut être un symbole de pouvoir." Et Michnik,évoquant Walesa, précise : "En cinq ans au Belvédère (le palais présidentiel), il a maintenu la Pologne sur le chemindes réformes.

Mais j'espère qu'il demeurera dans l'histoire comme le chef historique de Solidarité, le lauréat du Nobelde la paix.

Je lui souhaite d'oublier la tentation de "l'option Eltsine", qu'il résiste à l'idée de conserver son pouvoir enoutrepassant la Constitution.". »

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