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L’EUROPE de 1950 à 1959 : Histoire

Publié le 13/12/2018

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europe

Après la création de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) en 1951 et le rejet de la CED (Communauté européenne de défense) en 1954, six États européens signent, le 25 mars 1957, les traités de Rome constitutifs de la Communauté économique européenne (CEE) et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (EURATOM). Les années cinquante révèlent ainsi les questions fondamentales que pose la construction de l’Europe, ses limites et ses développements possibles. Le cadre élaboré en 1957 est en retrait par rapport aux ambitions des pères de l’Europe. Certes, l'idée de créer une Europe unie appartient désormais aux préoccupations des gouvernements alors qu’auparavant elle n’était le fait que de penseurs, d’écrivains ou de personnalités isolées. Mais si l’intégration économique se met en place dans les années cinquante, elle laisse de côté les ambitions d’unité politique.

 

De LA CECA À LA CEE

 

L’unification européenne franchit une étape déterminante au cours des années cinquante. L’intégration — phase nouvelle — débute le 9 mai 1950 par la déclaration historique du ministre français des Affaires étrangères, Robert Schuman, qui propose aux pays européens de mettre en commun leurs ressources en charbon et en acier: «Ainsi sera réalisée simplement et rapidement la fusion d’intérêts indispensable à l’établissement d’une communauté économique et introduit le ferment d’une communauté plus large et plus profonde entre des pays longtemps opposés par des divisions sanglantes. » Les négociations menées dans ce sens aboutissent à la signature à Paris le 18 avril 1951 du traité constitutif de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier). L’idée qui préside à l’élaboration de ce projet, inspiré par l'économiste français Jean Monnet, commissaire au Plan, est la réalisation de l’intégration européenne à partir d’un domaine particulier. Pour la première fois, l’unité économique de l’Europe reçoit une traduction juridique. Le plan Schuman est une étape décisive : il s’agit de la première tentative de fonder des institutions européennes supranationales. En effet, les six pays signataires du traité constitutif de la CECA acceptent de déléguer une partie de leurs prérogatives à une Haute Autorité dotée de pouvoirs propres de décision.

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, LA JEUNESSE Le Français Jean Monnet est l'un des pères de l'Europe.

Inspirateur du plan Schuman, il pense cependant que •l'Europe ne saurait se limiter au charbon et à l'acier •­ © Reporters Associés • Gamma � veu� , L'EUROPE tl L'EUROPE.

25 mars 1957: les si:c pays L'EUROPE.

Le 9 mai 1950 membres de la CECA signent les traités fondateurs Robert Schuman propose aux pays européellS de la Commtmauti économique européem1e et de l'EURATOM.

Mais l'Europe politique reste une ébauche.

Ci-dessus: des militants manifestent de mettre en commun leurs ressources en charbon et en acier.

© Reporrers Associés -Gamma pour la suppr ession des frontières entre lu pays europé tllS.

© Keystone, Hambourg des Affaires étrangères, Robert Schuman, qui propose aux pays euro­ péens de mettre en commun leurs ressources en charbon et en acier: •Ainsi sera réalisée simplement et rapidement la fusion d'intérêts indispensable à l'établissement d'une communauté économique et introduit le ferment d'une communauté plus large et plus profonde entre des pays longtemps opposés par des divisions sanglantes." Les négociations menées dans ce sens aboutissent à la signature à Paris le 18 avril 1951 du traité constitutif de la CECA (Communauté euro­ péenne du charbon et de l'acier).

L'idée qui préside à l'élaboration de ce projet, inspiré par l'économiste français Jean Monnet, commissaire au Plan, est la réalisation de l'intégration européenne à partir d'un domaine particulier.

Pour la première fois, l'unité économique de l'Europe reçoit une traduction juridique.

Le plan Schuman est une étape décisive: il s'agit de la première tentative de fonder des institu­ tions européennes supranationales.

En effet, les six pays signataires du traité constitutif de la CECA acceptent de déléguer une partie de leurs prérogatives à une Haute Autorité dotée de pouvoirs propres de décision.

La voie est poursuivie.

Les Six constituent, après la confé­ rence de Messine en 1955, une commission, présidée par le ministre belge des Affaires étrangères Paul-Henri Spaak, et chargée d'exa­ miner les conditions d'une union économique élargie.

Et le 25 mars 1957, la Belgique, la RFA, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas, «déterminés à établir les fondements d'une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens», signent les traités de Rome.

Les textes -qui entrent en vigueur le 1er janvier 1958 -créent la CEE (Communauté économique européenne) et l'EURATOM (Communauté européenne de l'énergie atomique), et prévoient l'uni­ fication par étapes.

Mais les organisations européennes fondées sur la coo péra­ tion depuis la Seconde Guerre mondiale n'ont pas pour objectif l'inté­ gration économique de l'Europe occidentale.

La création de la CECA permet de passer de la coopération intergouvernementale à l'intégra­ tion sur la base de secteurs économiques clés.

Les traités de 1957 étendent ensuite cette solidarité à l'ensemble de l'économie.

La CEE se fixe en effet comme objectif de supprimer les obstacles aux échanges et de coordonner les politiques économiques.

L'organisation juridique créée en 1957 se distingue donc des organismes internatio­ naux puisqu'eUe accorde aux institutions communautaires des compé­ tences propres qui peuvent se substituer aux décisions nationales.

Mais la relance européenne de 1957 ne pose pas les questions institu­ tionnelles qui permettraient de réaliser une construction par le haut, c'est-à-dire un cadre juridique instituant une autorité supranationale et _ex igea nt l'abandon de souveraineté; elle se réalise plutôt conformé­ ment à la méthode fonctionnelle et pragmatique d'intégration écono­ mique.

LEs RÉSISTANCES À L'INTÉGRATION 1951: la construction européenne reçoit une impulsion dé­ terminante avec Je plan Schuman.

La méthode de l'intégration par secteurs déterminés paraît la mieux adaptée pour créer une solidarité.

Ainsi s'élabore peu à peu le projet d'une communauté européenne appliquée à la défense, qui constituerait le prélude à l'union politique.

Si l'union défensive de l'Europe apparaît nécessaire pour éviter un nouvel affrontement européen, eUe devient également pressante de­ vant le renforcement des forces communistes, d'autant que la guerre froide s'installe.

L'Union occidentale (militaire) créée en 1947 est insuffisante.

Enfin, le souhait des États-Unis d'assurer le réarmement allemand conduit le gouvernement français à proposer à ses parte­ naires le traité constitutif de la CED (Communauté européenne de défense) qui crée une organisation et une autorité militaires supra­ nationales, en reprenant les principes institutionnels de la CECA.

Le projet est signé à Paris le 27 mai 1952.

Mais il est rejeté par les parlementaires français en 1954: l'idée de supranationalité, appliquée au domaine sensible de la défense, heurte d'ailleurs tous les nationa­ lismes.

D'autre part, l'ambition de réaliser une communauté poli­ tique européenne est rapidement brisée par le partage du monde en deux blocs.

La guerre froide divise le territoire européen et impose des conceptions différentes de l'unification européenne.

L'Union so­ viétique domine désormais l'Europe orientale, cependant que les dé­ mocraties occidentales tendent à se regrouper.

Le critère politique et idéologique (Europe des démocraties libérales contre Europe des démocraties populaires) conditionne l'idée de l'Europe.

Après l'échec du projet de CED, la défense européenne est englobée dans l'OTAN, dont la stratégie est soumise à la volonté américaine.

La construction de l'Europe paraît donc soumise aux circonstances.

Si la CECA -et plus tard la CEE -a permis une relance de l'Europe sur la base de l'intégration fonctionnelle, l'échec de la CED indique que l'idée d'intégration n'est pas totalement accep­ tée.

Mais le souhait de créer une autorité politique reste vivace chez de nombreux Européens.

L'Europe des technocrates n'est sans doute pas la même que celle des penseurs ou des peuples.

DEs AMBITIONS POUR t:EUROP E Depuis longtemps, l'idée européenne était débattue dans les milieux intellectuels ou artistiques; des personnalités isolées avaient élaboré des projets d'organisation relativement abstraits: Victor Hu­go, par exemple, qui appelait au XJX< siècle à la constitution des Etats-Unis d'Europe cependant que Proudhon élaborait les principes d'une fédération européenne.

L'idée d'une unité européenne était née. »

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