Devoir de Philosophie

Analyse linéaire : Beaumarchais, Le Mariage de Figaro - Acte V, scène 3 : le monologue

Publié le 04/06/2012

Extrait du document

beaumarchais

I- Une œuvre des Lumières… tout contenu mis à part !    Chose frappante : Le Mariage est rattaché au courant les Lumières pour des raisons qui sont presque totalement étrangères à son contenu.  - Le contexte historique a eu une importance quant à la portée philosophique de l’œuvre, puisque la pièce fut jouée en 1784, soit 5 ans avant la Révolution française.  - Le contexte de représentation de cette comédie fut extrêmement polémique : Beaumarchais lutta 5 ans avant que sa pièce pût être jouée. Avant cela, elle passa entre les mains de 6 censeurs qui la trouvèrent trop scandaleuse (raison pour laquelle l’auteur déplaça l’action de France en Espagne, pour gommer les allusions directes au pouvoir en place). La représentation fut sans conteste la plus attendue et la plus applaudie du siècle.  - La personnalité de l’auteur : horloger, musicien, homme d’affaires, espion, écrivain, Beaumarchais incarne à lui tout seul le modèle de l’homme des Lumières, curieux de tout et apte à tout, capable de s’élever dans la société grâce à ses talents et non à la naissance.

beaumarchais

« « faisant le sot métier de mari, quoique je ne le sois qu’à moitié » dont la déconvenue se situe juste au soir de ses noces.Remarque : la comédie classique plaçait plutôt la crise avant, la comédie moderne de boulevard la place plutôt après.Puis, on a une récapitulation, avec verve (= chaleur d’imagination qui anime le personnage) évoquant les élans et les retombées,les efforts et les échecs qui ont jalonnés l’existence de Figaro jusqu’à ce jour.Ici, on relate l’enfance de Figaro : il est très discret sur ses débuts dans sa vie, ce qui lui évite de tomber dans le mélodrame usé.Il n’en retient que les éléments qui, en liaison avec étroite avec la fiction dramatique, permettent aussi une vigoureuse attaquesociale.S’il a, jeune homme, couru des aventures douteuses (Figaro / Picaro), la faute en incombe en partie à sa naissance illégitime :« fils de je ne sais qui », enfant naturel et mère coupable (remarque : notons que dans l’acte III scène 16, Figaro apprend que sonpère est en fait Bartholo), néanmoins, l’auteur se donne la partie belle.De fait, la condition des filles-mères est déplorable au 18ème siècle : aucune protection légale ne leur est garantie : C’est unthème à la mode : voir Diderot (en 1757) dans Le Fils naturel, et Beaumarchais utilise ici une donnée attendrissante du dramebourgeois, qu’il reprendra dans La Mère coupable (1792).Cependant, Figaro, naturellement bon, a voulu faire une « carrière honnête »: vaine tentative si l’on ne dispose pas du « crédit »,c'est-à-dire de la protection « d’un grand seigneur »L’emploi de l’adjectif « vétérinaire » (= relatif à l’art de guérir les animaux), original et imprévu, contraste avec entre la masseimposante des trois sciences étudiées (« chimie, pharmacie, chirurgie ») et le médiocre aboutissement du savoir.

Figaro a lacoquetterie de rappeler l’usage qu’il en fait : « attrister » c'est-à-dire ennuyer, donc ajouter le désarroi au malaise « des bêtesmalades ». La phase théâtrale : Le métier d’auteur dramatique est plaisamment présenté comme étant le négatif de la carrière vétérinaire :«métier contraire »: il s’agit encore de « piquer » (= comédie satirique) mais pour égayer et non pour attrister.

Figaro décided’écrire, « je broche = je bâcle » (L.

24) une comédie, parce qu’on obtient ainsi plus facilement la notoriété. Remarques :- On notera la ponctuation forte qui traduit l’émotion intense de Figaro.- Les questions oratoires : il s’interroge, il est perdu, il s’adresse à un auditeur fictif.- Parfois la syntaxe est incomplète : pas de proposition, pensées décousues.- Eléments relatifs au tragique (ou sérieuse) : atmosphère sombre, il est « seul », questions rhétoriques, le « Ö » initial, le poids dela fatalité : victime d’un engrenage tragique, écrasé par le destin, impuissant face au Comte : c’est la seule scène où l’on retrouvedes éléments du tragique.- Néanmoins, la scène reste une scène de comédie picaresque : aspect comique : le désarroi du valet (et non d’un noble), issueheureuse prévisible (mariage), les hyperboles. ← On mesure ici la profondeur des sentiments de Figaro envers Suzanne, Beaumarchais rend hommage à cette forme d’amour.Même si le Mariage reste une pièce comique, il garde tout de même une dimension sérieuse nécessaire puisque Figaro se livre àla critique des puissants qui exploitent et à une défense des « petits » qui sedémènent pour sortir de leur condition : Figaro est le porte parole du peuple. Commentaire du texte 5 : Acte V, scène 3Le monologue de Figaro I- Un monologue dynamiqueRappel : monologue= convention théâtrale, un personnage seul en scène s’adresse à lui-même, à un être absent ou à une divinité. A- La double énonciation théâtrale1- Le but recherché- complicité avec le spectateur (double énonciation)- connaître les pensées, les sentiments, les intentions du personnage.• Les pensées : ici : trahison de Suzanne (« le tien est-il donc de tromper »)• Les sentiments : désespoir : « la nuit est noire en diable, et me voilà faisant le sot métier de mari », la révolte : « Morbleu »• Les intentions : réagir avec véhémence : « Non, monsieur le comte, vous ne l’aurez pas… » 2- Un monologue particulier :Le monologue est souvent une pause dans l’intrigue.

C’est le cas ici puisque l’intrigue ne progresse pas.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles