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analyse linéaire : gaspard de la nuit un rêve

Publié le 20/05/2026

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« Onglet 1 analyse linéaire : gaspard de la nuit un rêve Aloysius Bertrand est une des figures des poètes incompris et marginaux du XIXème siècle.

Il meurt d’une tuberculose pulmonaire à Paris en 1841.

« Gaspard de la nuit », publié à titre posthume en 1842, est aujourd’hui considéré comme le premier recueil de poèmes en prose de la poésie française.

D’inspiration romantique, cette œuvre se compose de 70 courtes pièces abordant des thématiques variées.

Dans le poème « Un rêve », Aloysius Bertrand raconte un sombre cauchemar aux accents médiévaux : des personnages sont suppliciés sur la place des exécutions de Dijon. En quoi ce texte mêle atmosphère romantique et modernité poétique ? Le 1 er mouvement met en place le décor de la scène.

Le 2ème s’intéresse à l’atmosphère sonore.

Le 3ème présente les personnages au centre de l’anecdote et le 4ème constitue le dénouement du rêve. I/ Lignes 1 à 4: La mise en place du décor Le titre («Un rêve»), l’exergue («J’ai rêvé tant et plus, mais je n’y entends note») et la première phrase, qui rappelle le début des contes de fées («Il était nuit»), plongent le lecteur dans une atmosphère irréelle, onirique.

La phrase de Pantagruel placée en tête de poème souligne en amont la difficile interprétation du récit qui va être raconté.

Ensuite, le style de la deuxième phrase — constituée de trois expressions averbales — rappelle le caractère décousu que peut prendre la succession d’images dans les rêves. Dans la première strophe, le poète plante le décor grâce à l’énumération de trois lieux: «une abbaye aux murailles lézardées par la lune, — une forêt percée de sentiers tortueux, — et le Morimont grouillant de capes et de chapeaux» (l.

4-6).

Les virgules et tirets distinguent chacun de ces endroits.

Or, ces trois lieux plongent le lecteur dans une atmosphère inquiétante, presque fantastique, typique du courant romantique. Les participes et adjectifs utilisés sont inquiétants: «lézardées», «percée», «tortueux» (qui vient du verbe tordre).

Le paysage semble annoncer le supplice à venir.

En outre, l’auteur situe clairement la scène au Morimont; nom propre qui, par sa signification comme par ses sonorités, évoque la mort.

Le participe présent «grouillant» a aussi quelque chose d’inquiétant dans la mesure où il évoque la foule de manière animale.

La métonymie «capes et chapeaux» souligne le caractère indistinct de cette masse populaire. Enfin, les motifs romantiques des ruines, de la forêt et de la lune ont également quelque chose de fantastique et d’inquiétant.

Ils semblent maléfiques ici. II/ Lignes 7 à 12: La mise en place de l’atmosphère sonore Ce poème en prose est rigoureusement structuré.

Les trois premières strophes commencent par l’anaphore «Ce furent» accompagnée de trois connecteurs logiques: «Ce furent d’abord» (l.

3); «Ce furent ensuite» (l. 7) et «Ce furent enfin» (l.

13).

Ces trois répétitions permettent de baliser très précisément le plan du texte.

En outre, ce premier cadre est doublé d’une seconde: l’incise «ainsi j’ai vu,» (l.

3), «ainsi j’ai entendu,» (l.

7), «ainsi s’acheva le rêve,» (l.

13) suivie chaque fois de «ainsi je raconte».

Cette seconde répétition, grâce à ses variations, indique le thème de chaque strophe: la première strophe évoque le décor, la deuxième l’atmosphère sonore et la troisième présente les personnages.

Chaque fois, on peut noter que les éléments présentés vont par trois. Le poète poursuit la mise en place du décor funèbre par sa description du paysage sonore grâce à l’énumération de trois sons tristes et glauques.

L’adjectif «funèbre» est répété deux fois (l.

8 et 9) et on note le champ lexical du désespoir et de la mort: «glas», «sanglots» (l.

8); «cris» (l.

9); «prières» (l.

10); «pénitents noirs» (l.

11); «supplice» (l.

12).

En outre, l’allitération en [f] («Ce furent», l.

7; «le glas funèbre», l.

7-8; «les sanglots funèbres», l.

8-9; «des cris plaintifs», l.

9; «des rires féroces dont frissonnait chaque feuille», l.

9-10) souligne l’impression sonore triste et désagréable. III/ Lignes 12 à 20: Les personnages et leur supplice Le troisième paragraphe, fidèlement au rythme ternaire à l’œuvre depuis le début du poème, présente trois personnages soumis à trois supplices différents : «— un moine qui expirait couché dans la cendre des agonisants, — une jeune fille qui se débattait pendue aux branches d'un chêne, — et moi que le bourreau liait échevelé sur les rayons de la roue» (l.

13-16).

Les trois présentations suivent la même structure (groupe nominal ouvert par un article indéfini + subordonnée relative).

On voit que les personnages subissent leur sort grâce à l’utilisation de la forme passive: «couché», «pendue», «et moi que le bourreau liait». La quatrième strophe permet de nommer les personnages: Dom Augustin et Marguerite (prénom qui rappelle l’œuvre Faust et corrobore à la fois l’atmosphère romantique et fantastique).

On apprend également les raisons de la mort de Marguerite et la manière dont seront ensevelis les corps.

Le temps utilisé est le futur et on remarque la présence d’un champ lexical un peu plus lumineux («chapelle ardente», l.

18; «blanche robe», l.

19; «cierges», l.

20…). IV/ Lignes 21 à 25: Le dénouement du rêve Le dernier paragraphe s’ouvre sur la conjonction de coordination adversative «Mais», qui marque une rupture avec le reste du poème.

Le sort du poète se distingue des autres.... »

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