Analyse linéaire numéro 2, Acte II scène 2
Publié le 24/02/2026
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«
Analyse linéaire numéro 2, Acte II scène 2
Introduction : Dans la scène précédente, Géronte propose à Clarice d’épouser son fils Dorante.
Cependant Clarice semble scéptique ne connaissant par ce jeune homme et présente donc la
nécessité de le voir avant de se décider.
Géronte propose de ce fait une entrevue éloignée entre les
deux.
Dans cette scène sont présentes Isabelle et Clarice qui méditent sur la rencontre prochaine de
Clarice et de son prétendants tout en faisant une critique sur les apparences régnant sur la société
du XVIIe
Plan : 1)Clarice porte un regard critique sur les apparences tout en évoquant son éventuel mariage
avec le fils de Géronte
2)Des sentiments toujours présents pour son amant mais qui ne peuvent changer la nécessité
de se marier pour une jeune fille de sa société
Accroche : « Nos vertus ne sont, le plus souvent, que des vices déguisés » La Rochefoucauld dans
ses Maximes de 1665 met en lumière l’hypocrisie humaine, où les comportements vertueux peuvent
en réalité être motivés par l’intérêt personnel, montrant ce décalage entre l’être et le paraître « Le
monde récompense plus souvent les apparences du mérite que le mérite même » La Bruyère dans
Les Caractères
En quoi cette scène de confidence est-elle l’occasion pour Clarice de mener une réflexion sur la
société de son époque ?
I-Clarice médite sur son potentiel mariage avec Dorante et se méfie de la société dans
laquelle elle vit , la connaissant bien
a)Elle exprime ses doutes face à la proposition de Géronte (consistant à apercevoir Dorante afin
de se fixer une opinion sur lui)
Le propose d’isabelle (v1) « ainsi vous le verrez, et sans vous engager » : lien logique
puisque reprise de la proposition d’entrevue entre Dorante et Clarice par Géronte
« Mais » (v2) conjonction de coordination : rupture avec la réplique d’Isabelle.
Clarice
exprime ses doutes dans une tirade à portée argumentative
« le » (v1) « le » (v2) et « le » (v20) désignant Dorante : il n’est que partiellement
mentionné, n’étant pas le centre du propos et Clarice ne le connaît pas, et justement le veut.
Apostrophe « Isabelle » (v3) : Clarice fait appel à sa suivante, une véritable relation de
confiance entre les deux femmes qui va par la suite être marquée par leur différente position
sociale
« Et pour moi » (v19) apposition : propos se recentrant sur elle, c’est bien son opinion, ses
constatations sur la société
-Des répliques qui ont pour rôle la transition des idées
« Eh bien qu’il parle à vous » (v21) : Réplique d’Isabelle complétant celle de Clarice, elle a
assidument écouter les propos de sa maîtresse comme le souligne l’interjection « Eh bien ».
Cette suivante a une approche très simpliste de la situation explicable vu sa situation sociale.
Elle lui propose donc des solutions simples et laconiques contrastés avec les longues tirades
de Clarice.
« Alcippe le sachant en deviendrait jaloux » (v22) : introduction du personnage d’Alcippe,
amant de Clarice dont son caractère jaloux est un obstacle à cette proposition de mariage.
Jalousie qui nous avait été présenté dans l’acte I
« Qu’importe qu’il le soit, si vous avez Dorante ? » (v23) : A nouveau réponse concise, sa
question entraîne la seconde tirade de Clarice
➢ Les deux prétendants sont évoqués à la suite, dans ces deux répliques (v22-23),
témoignant le dilemme de Clarice
b)Doutes justifiés par une tension entre l’être et le paraître présent dans la société du XVIIe
siècle
« voir » (v2) et « verrai » (v3) polyptote : mise en valeur de la vision et donc de l’apparence
« le dehors, la mine, l’apparence » (v3) énumération de synonymes, expolition, gradation
ascendante : accentuation du paraître.
Présente bien la critique qu’elle fait transparaître dans
cette tirade
Rime « apparence » (v3) et « prendre l’assurance » : l’assurance en une personne viendraitelle de l’apparence ? Elle justifie donc que non ce n’est pas le cas
Allégorie de l’apparence en un miroir « miroirs flatteurs » (v5) : illusion, l’être faux s’adapte
à celui qu’il trompe afin de le charmer comme l’indique l’adjectif « flatteurs ».
La personne
pateline reflète ce que son locuteur veut entendre
Oxymore « doux imposteurs » (v6) : dénonce le caractère melliflue de la tromperie
« le dedans » (v5) « les visages » (v6) : contraste, alternance incessante entre l’intérieur et
l’extérieur
Parallélisme de construction « Que de défauts d’esprit se couvrent de leurs grâces !/ Et que
de beaux semblants cachent des âmes basses ! » (v7-8) : La tournure emphatique révèle
qu’elle déplore cette réalité.
antithèse « couvrent » « cachent » = métaphore du théâtre , des
masques portés qui révèlent la tension entre le vrai et le faux Rime « grâces » « âmes basses
» = la vraie nature de ces propos apocryphes , ce qui est dérobé à la vue de tous
➢ Les apparences sont en position de supériorité par rapport à l’intérieur de l’être
c)Tension qui ne devrait exister dans les yeux d’une personne
« Quoi qu’en » (v9) : aspect concessif
« les yeux aient la première part/ Qui […]/ Qui […] » (v9-10-11) adjonction : présente une
description absconse des yeux, ils sont très complexes puisqu’ils sont le reflet de l’âme.
Répétition du pronom leur : le regard de la société se promène sans cesse sur ses membres
« Qui leur défère tout, met beaucoup au hasard ; / Qui veut vivre en repos ne doit pas leur
déplaire » (v10-11) parallélisme de construction : sonnent comme des maximes avec la
subordonnée relative qui est sujet et qui crée une généralité
➢ Le physique a son importance mais ne fait pas tout
« Les visages […] les yeux aient la première part » (v6-9) hendiadyn : Cette séparation du
visage et des yeux permet de souligner leur signification différente.
L’un est faux (le visage),
l’autre est pur (les yeux).
« Mais » (v12) conjonction de subordination : rupture avec la dithyrambe des yeux, en effet
ils représentent l’authenticité mais ils peuvent être tout aussi manipulateur et enjôleur que
le visage
« Obéir » et « satisfaire » (v12) : ceux qui sont pris par les yeux doivent se soumettre (topos
de la manipulation)
« En croire leur refus et non pas leur aveu » (v13) césure à l’hémistiche + conjonction de
coordination « et » : opposition « refus » et « aveu » Il faut faire confiance à ce qu’ils ne
nous montrent pas.
Difficulté à croire quoi que ce soit dans la société même ce qui devrait
être fiable
« d’autres conseils » (v14) : signifie sur d’autres critères que ceux physiques
« naitre son feu » (v14) : ces autres critères peuvent de ce fait mener à l’amour
d)Ces éléments sont à prendre en compte en vue de la nécessité de se marier pour une jeune fille
« Cette chaine qui....
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