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Châtiments (III, IV) - Victor HUGO

Publié le 04/07/2010

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1 L'altière Vérité jamais ne tombe en cendre. 2 La Liberté n'est pas une guenille à vendre, 3 Jetée au tas, pendue au clou chez un fripier. 4 Quand un peuple se laisse au piège estropier, 5 Le droit sacré, toujours à soi-même fidèle, 6 Dans chaque citoyen trouve une citadelle ; 7 On s'illustre en bravant un lâche conquérant, 8 Et le moindre du peuple en devient le plus grand. 9 Donc, trouvez du bonheur, ô plates créatures, Io À vivre dans la fange et dans les pourritures, Il Adorez ce fumier sous ce tas de brocart, 12 L'honnête homme recule et s'accoude à l'écart. 13 Dans la chute d'autrui je ne veux pas descendre. 14 L'honneur n'abdique point. Nul n'a droit de me prendre 15 Ma liberté, mon bien, mon ciel bleu, mon amour. 16 Tout l'univers aveugle est sans droit sur le jour. 17 Fût-on cent millions d'esclaves, je suis libre. 18 Ainsi parle Caton. Sur la Seine ou le Tibre, 19 Personne n'est tombé tant qu'un seul est debout. 20 Le vieux sang des aïeux qui s'indigne et qui bout, 21 La vertu, la fierté, la justice et l'espoir, 22 Toute une nation avec toute sa gloire 23 Vit dans le dernier front qui ne veut pas plier. 24 Pour soutenir le temple il suffit d'un pilier ; 25 Un Français, c'est la France ; un Romain contient Rome, 26 Et ce qui brise un peuple avorte aux pieds d'un homme.«

Questions :

1. Expliquez la thèse défendue par ce passage. 2. Dégagez les termes du syllogisme utilisé par Victor Hugo. Relevez les exemples. 3. Faites l'inventaire des figures rhétoriques utilisées par Victor Hugo.

 

 

1. La thèse de Victor Hugo est que nul n'a les moyens d'asservir un pays car la liberté existe toujours si un seul citoyen résiste. 2. Le raisonnement utilisé par Victor Hugo est un syllogisme. Le syllogisme comprend trois propositions : la majeure, la mineure, et la conclusion. La conclusion est déduite de la majeure par l'intermédiaire de la mineure.

  • Majeure (jusqu'au vers 8) : tout citoyen, même le plus petit, a possibilité de défendre son pays.
  • Mineure (v. 9 à 18) : or chacun garde la possibilité de son libre arbitre. La soumission de la majorité n'entraîne pas l'esclavage des autres.
  • Conclusion : il y a toujours une personne pour résister ; la liberté existe toujours.

 

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« Travail d'écriture En considérant l'ensemble de l'argumentation de Victor Hugo dans le texte, vous discuterezcette opinion : «Ce qui brise un peuple avorte aux pieds d'un homme.» Lorsque Victor Hugo écrit Les Châtiments en 1853, il n'a pas grande illusion sur le soutien du peuple à l'empereur.

Il se pose depuis son exil en sauveur, en messie du peuple français, représentant la résistanceà lui seul. Effectivement, les tyrannies suscitent toujours des résistances mais est-ce qu'un homme seul peutsauver une nation ? 1.

Oui, ce qui brise un peuple peut avorter aux pieds d'un homme Victor Hugo contre l'Empire. Le peuple par son plébiscite appuie le coup d'État de 1852 qui est manifestement un acte illégitime etinconstitutionnel.

Par son exil, Victor Hugo prouve sa résistance.

Toutes les manœuvres de séduction opéréespar Napoléon III, comme l'amnistie accordée en 1859 et refusée, avortent effectivement devant la résistancedu poète.

a. Les tyrannies suscitent toujours leurs résistances. b. Les tyrannies les plus terribles peuvent effectivement abattre des peuples entiers mais les consciencesindividuelles restent libres.

L'histoire le prouve : Spartacus, en révolte contre l'esclavage, Martin Luther King,Gandhi, Nelson Mandela contre la ségrégation sont des exemples passés à la postérité d'hommesemblématiques luttant contre l'injustice. 2.

En même temps, cette position relève un peu de l'illusion Un homme résistant ne suffit pas à sauver une nation. Cela ne relève-t-il pas un peu du fanatisme ou de l'illusion complète de croire qu'un homme seul peut relever unpeuple ? La plupart des initiatives individuelles sont promises à l'échec.

Même Victor Hugo isolé ne suffit pas àcombattre l'empire, Jésus-Christ, Jeanne d'Arc comme Spartacus sont exécutés, sans parler de tous lesanonymes, comme les martyrs chrétiens. a. Il faut donc une résistance collective pour aller au-succès. b. Même si un individu suscite un mouvement particulier, il faut cependant qu'il soit suivi pour que son initiativesoit promise au succès.

La résistance passive prônée par Gandhi ne vaut que par le nombre, le Cid part seulmais il est entouré de trois mille soldats lorsqu'il arrive au port.

Souvent, ces figures emblématiques ne sontque l'aspect immergé d'un mouvement de fond. 3.

Une conscience individuelle peut être l'âme d'une résistance collective. Cependant, une conscience individuelle peut représenter, pendant un moment, unerésistance collective.

De Gaulle en 1940 incarne, pour un temps, la volonté de ceux quiveulent résister.

L'histoire se fabrique quelquefois a posteriori ces emblèmes, comme le résistant Jean Moulin. a. Il s'agit donc, non pas forcément de se laisser entraîner dans une entreprise désespérée de résistance mais dese représenter toujours en conscience libre, capable de résister à toutes les tyrannies et inaliénable.

Il s'agitdonc d'un contrat moral de résistance. b.. »

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