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Colette, Sido

Publié le 13/07/2010

Extrait du document

Sidonie, la mère de Colette, lui a appris à priser les bonheurs simples de la nature, qui la consoleront toujours aux temps difficiles.

«(...) Car j'aimais tant l'aube, déjà, que ma mère me l'offrait en récompense. J'obtenais qu'elle m'éveilla à trois heures et demie, et je m'en allais un panier vide à chaque bras, vers des terres maraîchères qui se réfugiaient dans le pli étroit de la rivière, vers les fraises, les cassis et les groseilles barbues. À trois heures et demie, tout dormait dans un bleu originel, humide et confus, et quand je descendais le chemin de sable, le brouillard retenu par son poids baignait d'abord mes jambes, puis mon petit torse bien fait, atteignait mes lèvres, mes oreilles et mes narines plus sensibles que tout le reste de mon corps... J'allais seule, ce pays mal pensant était sans dangers. C'est sur ce chemin, c'est à cette heure que je prenais conscience de mon prix, d'un état de grâce indicible et de ma connivence avec le premier souffle accouru, le premier oiseau, le soleil encore ovale, déformé par son éclosion.«

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