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Dissertation sur le Théâtre - Pierre-Henri Simon

Publié le 03/02/2015

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Commentez et discutez ces propos de Pierre-Henri Simon : « Au théâtre, il faut toujours que les intérêts dont le sort se joue dans l'action aient un caractère sinon de sublime, au moins d'exception : il faut qu'ils soient pris à une certaine distance de l'existence banale et quotidienne (...) Le théâtre suppose toujours la distance : matériellement, entre la scène et la salle, psychologiquement, entre le sujet et la vie. » Théâtre et destin, Paris, A.Collin, 1959, p.20 Bien souvent, le théâtre nous a poussé à nous interroger sur la représentation et sur les notions de vérité et de faux. Le théâtre est un genre littéraire qui allie à la fois littérature et spectacle. Il prend ses racines dans le mot latin theatrum qui vient lui-même du grec theatron signifiant « regarder ». Ces termes renvoient au fait de « montrer », de « représenter » un monde tout à fait différent de celui dans lequel on vit, où des comédiens y interprètent des personnages. En général, l'intrigue est centrée autour d'un ou plusieurs personnages qui vivent diverses péripéties. Le théâtre peut se diviser en deux catégories : la tragédie et la comédie. La tragédie met en scène des personnages au rang élevé et dont le dénouement se solde souvent par la mort d'un des personnages. Au contraire, la comédie est une représentation qui fonctionne avec le registre humoristique. Les personnages sont de niveau social bas et provoquent souvent l'amusement du spectateur ou du lecteur grâce à des ressorts et des situations comiques. Pierre-Henri Simon explique dans Théâtre et destin (1959) les faits suivants : « Au théâtre, il faut toujours que les intérêts dont le sort se joue dans l'action aient un caractère sinon de sublime, au moins d'exception : il faut qu'ils soient pris à une certaine distance de l'existence banale et quotidienne (...) Le théâtre suppose toujours la distance : matériellement, entre la scène et la salle, psychologiquement, entre le sujet et la vie. » Pierre-Henri Simon cherche ici à nous démontrer que le théâtre n'est pas une sous-catégorie « banale » de la littérature. Il possède tout autant de clés qu'il faut chercher à comprendre qu'un texte littéraire. Il rejette ainsi toute forme de théâtre « grotesque ». Pour lui, l'intrigue doit se révéler dans le « sublime », dans quelque chose qui relève de la grandeur, de l'élévation, de la sensibilité. Pierre-Henri Simon insiste sur ce propos notamment dans la formule qu'il utilise « sinon le sublime, au moins d'exception ». Il réfute toute forme d'ordinaire, de banalité, donc de quotidien. Pierre-Henri Simon détaille son propos en évoquant aussi la distance qui peut exister dans le théâtre. Il sous-entend une division entre scène et salle d'un point de vue matériel, mais aussi sujet et vie d'un point de vue psychologique. Cette distinction peut s'expliquer par le fait qu'un spectateur qui assiste à une pièce de théâtre reste à la fois dans le réel (il est présent dans la salle) mais passe dans l'imaginaire, dans la fiction de la pièce de théâtre. Car la pièce est avant tout la représentation d'un monde différent du nôtre, il est l'objet d'une adaptation particulière selon les metteurs en scène, les comédiens qui sont sur scène, leur jeu etc. De même, chaque spectateur ou lecteur va se faire lui-même sa propre adaptation des scènes représentées. Mais le théâtre est aussi avant tout une histoire, une intrigue qui a été travaillée par le dramaturge. Le théâtre peut être le reflet d'une vie, d'une société, d'une époque. Il peut représenter le quotidien dans lequel chaque spectateur ou lecteur peut se reconnaître. Cependant, Pierre-Henri Simon explique que le contraire est possible, pour lui, le théâtre et les intérêts de l'intrigue doivent mettre une certaine distance face à la vie réelle, le quotidien puisqu'il rejette cette notion. Là se pose la question de la façon dont est perçu le théâtre par les spectateurs et le lecteur. Pierre-Henri Simon suppose que cette distance existe partout dans le théâtre (entre la scène et la salle des spectateurs, entre la vie et le sujet même de la pièce de théâtre). La distance créée par le théâtre éloigne-t-elle le spectateur de la réalité ou au contraire le rapproche-t-elle ? Pour cela, nous étudierons en premier lieu la place du théâtre dans la société en nous intéressant notamment à cette distance évoquée par Pierre-Henri Simon. Cependant, nous observerons, dans un deuxième temps, que le théâtre peut avoir pour objet le quotidien et s'atteler à être le reflet d'une époque, d'une soci&ea...

« Marsâne Pradayrol Dissertation sur le théâtre dans lequel chaque spectateur ou lecteur peut se reconnaître.

Cependant, Pierre-Henri Simon explique que le contraire est possible, pour lui, le théâtre et les intérêts de l'intrigue doivent mettre une certaine distance face à la vie réelle, le quotidien puisqu'il rejette cette notion.

Là se pose la question de la façon dont est perçu le théâtre par les spectateurs et le lecteur.

Pierre-Henri Simon suppose que cette distance existe partout dans le théâtre (entre la scène et la salle des spectateurs, entre la vie et le sujet même de la pièce de théâtre).

La distance créée par le théâtre éloigne-t-elle le spectateur de la réalité ou au contraire le rapproche-t-elle ? Pour cela, nous étudierons en premier l ieu la place du théâtre dans la société en nous intéressant notamment à cette distance évoquée par Pierre-Henri Simon.

Cependant, nous observerons, dans un deuxième temps, que le théâtre peut avoir pour objet le quotidien et s'atteler à être le reflet d'une époque, d'une société.

Et enfin, nous verrons comment le théâtre peut agir sur le spectateur, ses émotions, ses sentiments. * * * Le théâtre, selon Pierre-Henri Simon se doit d'avoir un caractère « sublime ».

Avant d'être une rencontre d'individus qui viennent composer une communauté, le théâtre est une pratique institutionnelle.

Organiser un spectacle est un acte politique au sens le plus simple dans la mesure où i l mobilise des l ieux publics, i l convoque un public potentiellement ouvert à la société entière.

Le fonctionnement du théâtre se retrouve au Moyen Âge.

A l'âge classique, cette dimension institutionnelle est plus problématique dans la mesure où à partir du X V I Iè siècle, l'Eglise qui était la grande ordonnatrice, va condamner le théâtre.

Par ailleurs, le théâtre, en tant que l ieu de réunion est un l ieu d'agitations.

Il devient le socle de la culture au X V I Iè et pas seulement des élites, mais aussi des domestiques et des artisans.

Le théâtre était plus démocratique au X V I Iè que maintenant.

I l est un l ieu névralgique et de haute surveillance.

Mais i l est aussi un l ieu ambigu, au centre de la culture de la société, et en même temps frappé d'un tabou.

Le X V I I Iè accorde plus que jamais une place centrale au théâtre dans sa culture.

Toutefois, i l est officiellement interdit toute allusion à la religion, à la politique, au parlement, au personnalités et à la morale publique (Des agents de police sont présents tous les soirs pour vérifier les propos donnés concordant avec le texte examinés par les agents de Censure).

Le contrôle de théâtre passe également par le système de privilège.

C'est un système qui accorde à tel ou tel théâtre à titre particulier, le droit de monter tel ou tel type de spectacle.

Il vient structurer les répertoires, le recrutement des comédiens, et d'une certaine manière le public.

La place du théâtre est une place fondamentalement ambigüe dans la vie culturelle : centrale et taboue.

A l'époque l'Eglise condamne et interdit de sépulture les comédiens.

Elle exclut les comédiens de la communauté des morts.

Exclure, dans un contexte de proéminence de la culture chrétienne, les acteurs des sépultures est un geste énorme et fait scandale.

Cela va durer jusque sous la restauration.

"C'est une extraordinaire chose que le théâtre.

Des gens comme vous et moi s'assemblent le soir dans une salle pour voir feindre par d'autres des passions qu'eux n'ont pas le droit d'avoir - parce que les lois et les moeurs s'y opposent" nous écrit André Gide.

Bien que le public soit présent dans la salle, i l ne participe pas à l'intrigue mais vit pleinement les travers des personnages sur scène (que ce soit en tragédie ou en comédie).

De même, une salle de théâtre n'est pas toujours silencieuse et les acteurs doivent faire abstraction du bruit et des désagréments (un téléphone qui 2. »

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