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DM – Littérature Baroque

Publié le 15/09/2026

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« DM – Littérature Baroque 1) Le nom «art» selon le dictionnaire de l’Académie française de 1694, signifie la «technique, méthode, ensemble de procédés ou de règles propres à chaque genre de l’activité humaine et qui vient s’ajouter aux dons naturels».

Ici Dorante parle de l’art d’Alcandre pour désigner son activité de magie.

Alcandre qui est magicien utilise un certain nombre de techniques et procédés pour exercer ses dons de magies.

Ici ses capacités, par la métaphore qui identifie sa magie comme de «l’art», sont magnifiées, amplifiées.

Capacités presque surnaturelles, car «commande à la nature» v.1, personnification qui montre que ses dons magiques agissent même sur la nature. Le verbe «souffrir», dans le sens courant actuel correspond au fait de subir quelque chose ou bien de ressentir une douleur morale ou physique.

Or il y a un autre sens possible celui d’«accepter, permettre quelque chose», Académie française, 1694.

Dans les vers le mot souffrir est utilisé en tant que «permettre que», «Que ce qu’en peut souffrir le commerce des ombres» v.5.

La grotte d’Alcandre, décrite comme sombre, ne permet que de faire des «commerces sombres», c’est à dire des actes de magie mystérieux. Le verbe « divertir», vient du latin «divertere», qui signifie se détourner, se séparer de, être différent.

Se détourner de ce qui préoccupe, peut passer par le divertissement.

Ainsi il est dit qu’Alcandre sort de sa grotte, seulement pour se détourner de ses occupations quotidiennes de magie.

Lorsqu’il sort il se montre différent, car il est considéré comme mystérieux et sombre, de plus il se montre peu.

Il apparaît pour les gens, comme un divertissement tellement il est hors norme. 2) On retrouve plusieurs champs sémantiques.

D’abord celui de l’obscurité, «obscure»v.2, «nuit»v.3, «sombres»v.5, «ombres»v.6.

Ce qui permet la description d’une grotte sombre, qui peut paraître effrayant ou intrigant.

Ensuite il y a un champ sémantique de l’illusion d’optique «voile épais» v.

4, «faux jour» v.4, «ombres» v.6, «mur invisible» v.9.

C’est une marque du baroque pour le goût de l’illusion.

Cela marque aussi la correspondance entre l’espace fictif et l’espace théâtrale, la grotte est une image d’un théâtre.

Pour continuer, il y a un champ sémantique de la mort, «funestes»v.11 «morts»12.

Dorante l’utilise pour souligner le danger qui plane autour d’Alcandre et de sa grotte.

La mort est aussi un thème récurrent du baroque. On observe de nombreuses métaphores ou périphrases qui permettent d’amplifier et de magnifier la figure du magicien et sa grotte.

Comme par exemple, «art»v.1, «grand mage»v.1, «palais»v.2, «Rocher»v.7, «large bouche»v.9.

L’art est un synonyme, une métaphore désignant les pouvoirs magiques d’Alcandre, la magie d’Alcandre est décrite comme quelque chose d’artistique, de maîtrisée.

Le terme peut aussi renvoyer à l’art théâtral.

Ensuite le nom «palais», renvoie à un champ sémantique de la royauté, avec «mage».

La grotte est comparé à un palais ou y siégerai le roi, magicien Alcandre.

La grotte est désignée avec une métaphore «Rocher», la majuscule sublime et allégorise presque la grotte. On remarque aussi des hyperboles comme «mille morts»v.

12.

La grotte apparaît comme un lieu dangereux, où les pouvoirs du magicien peuvent faire périr.

Ce thème de la mort ainsi que le goût de l’exagération participe à installer une ambiance baroque. 3) Pour les vers 11-12, on remarque des rimes suffisantes.

On observe aussi une rime approximative entre «bords» et «morts», c’est une rime à l’oreille, mais pas à l’œil.

En revanche pour les vers 15 et 16, ce sont des rimes riches et il y a une pureté de la rime, entre «désir» et «loisir».

C’est une rime à l’œil et à l’oreille.

Les deux paires de vers ont des rimes masculines. Au vers 11, on retrouve un schéma métrique parfaitement symétrique en 3/3//3/3.

Au vers 12, il y a un schéma métrique en 3/3//2/4.

Le schéma métrique du vers 15 est 4/2//4/2.

On remarque un parallélisme avec une accentuation mobile sur les deux mêmes sons [eu], «ceux» et «curieux».

On peut noter une diérèse sur la voyelle [i] dans le mot «curieux».

Enfin le vers 16 a un schéma métrique en 4/2//2/4, il y a comme un chiasme du schéma métrique. 4) Dorante est l’ami de Pridamant qui l’emmène voir le magicien Alcandre.

Dorante pense que le magicien peut aider Pridamant à retrouver son fils.

Dorante est un personnage secondaire, voir très peu utile à la pièce.

Par la suite il aura très peu de répliques dans la pièce.

Paradoxalement à son rôle mineur, Dorante ouvre la pièce, car ces vers sont les premières répliques de l’acte I, scène 1. On observe une scène typique des scènes d’exposition, c’est à dire un personnage principal (Pridamant) avec son ami, confident (Dorante).

Dorante ouvre la scène d’exposition, il permet donc de donner le ton et l’ambiance de la pièce, ainsi que donner des informations au public sur la pièce. Ici il décrit la grotte et le personnage du magicien Alcandre, qui est l’un des personnages principaux.

Sa description de la grotte et d’Alcandre donne une ambiance sombre est mystique, cela installe un certain décor. 5) On remarque des points communs entre l’espace fictif décrit par Dorante et l’espace théâtral.

En effet, premièrement, Dorante décrit la grotte du magicien Alcandre, en le comparant comme un «palais» v.2 ou encore un «Rocher» v.7.

La grotte peut être mise en scène, avec un petit coin matérialisé sur la scène, comme l’a fait Georges Wilson en 1966.

Mais la grotte peut aussi être une métaphore ou être rapprochée de la scène entière en elle même.

Telle une grotte une scène de théâtre est un espace large et fermé, avec des contours définis.

L’espace fictif de la grotte est aussi défini comme sombre et obscur avec des «éclats douteux» v.5.

La scène de théâtre est elle aussi premièrement plongée dans le noir.

Dans la mise en scène de Georges Wilson, la scène est plongée dans l’obscurité avec des quelques parties éclairées, mises en avant.

Dorante au vers 9 parle d’un «mur invisible», qui peut faire penser au quatrième mur du théâtre, qui est théorisé comme un mur imaginaire qui sépare la scène du public et permet l’illusion théâtrale.

Ainsi la grotte d’Alcandre a un mur imaginaire comme la scène théâtrale.

Enfin Dorante évoque aussi le «voile épais» de la grotte v.4.

Ce voile épais de la grotte peut être une métaphore du rideau de la scène de théâtre.

Ce voile étant levé sur «les rayons d’un faux jour» v.4, c’est à dire le reste du théâtre, un espace intérieur et clos, avec ses éclairages artificiels.

La grotte est donc un théâtre. 6) Tout d’abord comme élément lié au baroque, on retrouve le thème de la mort.

En effet la grotte est décrite comme étant entourée d’une ambiance funeste et sombre.

Il y a un champ sémantique de la mort, avec «funestes bords» v.11, l’hyperbole «mille morts» v.12, ou encore avec l’expression vers 9 « Où l’air en sa faveur devient inaccessible».

On remarque aussi un champ sémantique de l’obscurité, «obscure» v.2, «nuit» v.3, «sombres» v.5, «ombres» v.6.

La grotte prend des aspects d’enfer, où la mort paraît imminente. Ensuite on peut noter le goût pour l’exagération du baroque, avec des hyperboles comme «mille morts» v.

12.

Mais aussi des métaphores ou périphrases qui magnifie Alcandre et sa grotte.

Alcandre est désigné comme «grand mage» v.

1, la grotte est comparée à un «palais» v.2. Enfin le passage montre le goût pour l’illusion, l’inventivité et la fantaisie.

Il y a une inventivité, avec tout le jeu de correspondance entre l’espace fictif et l’espace théâtrale, la grotte est une image d’un théâtre.

On retrouve un champ sémantique de l’illusion d’optique, «voile épais» v.

4, «faux jour» v.4, «ombres» v.6, «mur invisible» v.9.

La fantaisie est marquée par le mysticisme, avec son «art»v.1 et 7, faisant référence à la magie d’Alcandre.

Toute l’ambiance sombre s’ajoute au mysticisme. 7) La représentation de la grotte peut poser des problèmes de mise en scène.

Tout d’abord, cela peut poser des problèmes pour sa matérialisation.

Il peut être compliqué d’un point de vue pratique et inventif, de faire apparaître une grotte sur scène, qui doit paraître à la fois obscure, large et mystérieuse.

Il y a plusieurs choix de mise en scène possible.

Celui de rendre matérielle la grotte comme l’a fait Georges Wilson en 1966, où l’on observe sur les vidéos de l’INA, une grotte fabriquée, qui s’apparente à une majestueuse bâtisse, avec autour des géants crânes d’insectes.

Ce qui donne cet aspect funeste et mystique.

La grotte peut aussi être mise en scène de manière plus symbolique et métaphorique, avec seulement un coin sur scène éclairée et montrée comme implicitement être la grotte.

La représentation de la grotte pose aussi problème pour la particularité de l’espace temps de la pièce.

En effet la grotte d’Alcandre ne fait pas partie du même espace fictif du reste de la pièce.

La grotte se trouve dans un présent, or le reste de la pièce représente les visions des trois personnages dans la grotte.

Ainsi il peut être compliqué de mettre en.... »

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