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En quoi l’oeuvre Les cAractères est elle une dénonciation de la société, dans la quelle tout le monde joue un rôle pour tromper autrui ?

Publié le 12/02/2024

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« En quoi l’oeuvre Les cAractères est elle une dénonciation de la société, dans la quelle tout le monde joue un rôle pour tromper autrui ? « Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre ou chacun doit jouer son rôle ».

Par ces mots, William Shakespeare entend que tout est comédie, peut être encore plus dans la vie que sur scène. La mission de l’écrivain est alors de faire tomber les masques et de mettre à jour le simulacre de l’inhumaine comédie.

C’est le cas de Jean de LA Bruyère, moraliste et auteur classique qui dépeint les mœurs ainsi que la vie en socitété dans son unique œuvre : Les caractères publié en 1688.

Il présente son ouvrage comme la continuation des Caractères de Théophaste, auteur grec du Ivème siècle, dans le quel les livres 5 à 10 développent l’idée que le monde est un théâtre.

Ainsi, comment Labruyère critique-t-il la comédie sociale de son époque, ou chacun adopte un masque afin de duper les autres ? Après avoir expliqué comment l’auteur remet en cause l’authenticité de la société, nous verrons en quoi il dénonce les vices humains. Pour commencer, La Bruyère met en avant une comédie sociale régie par l’artifice, ou tout le monde joue un rôle. Tout d’abord, L’auteur des Caractères dénonce le monde qui est spectacle, en soulignant la propension des individus à se délecter du malheur d’autrui.

Il dénonce cette tendance en mettant en lumière la perversité sociale, ou la moquerie et la médisance deviennent des spectacles divertissants.

Pour cela il met en place un théâtre d’énonciation, oû il met en scène ses critiques. Comme dans la remarque 50 du VIII livre : « l’on se range en haie, ou l’on se place aux fenêtres, pour observer les traits et la contenance d’un homme qui est condamné […] et il serait établi qu’il y aurait de l’ignominie seulement à voir de tels spectacles ».

On décèle l’aspect théâtralisé de cette remarque oû Labruyère nous met face à la vérité et met en avant la curiosité malsaine des spectateurs.

De plus, le principe du « voir et être vu » est souligné par Labruyère dans son ouvrage. En effet il révèle dans ces remarques le théatre constant oû la vérité personelle est éclipsée par le désir de briller aux yeux des autres.

Cette notion se retrouve dans la 4ème remarque de « De la cour », avec la polyptote de « voir », « le courtisan qui l’a vue ce matin la voit le soir ».

De même pour l’importance pour les courtisans d’être vus, qui se retrouve dans la satire de Cimon et Clitandre, « leur profession est d’être vus et revus ».

L’auteur souligne le spectacle que devient la vie sociale, oû chaque individu cherche à être observé tout en scrutant les autres.

Ces exemples soigneusement sculptés par La Bruyère exposent une société théâtralisée oû la cruauté subtile devient une forme de divertissement. Pour continuer, La Bruyère offre une critique perspicace de l’omniprésence du masque social au sein de la société du XVIIe siècle.

Cette dénonciation se manifeste à travers une observation acérée des comportements humains, oû chaque individu semble revêtir un masque pour dissimuler sa véritable nature.

A l’aide de nombreux portraits, l’auteur dévoile la superficialité et la duplicité qui caractérisent les interactions sociales.

Notamment dans le portrait de Ménophile, « Ménophile emprunte ses mœurs d’une profession et d’une autre son habit ; il masque toute l’année […] toujours sous un certain nom et sous le même déguisement ».

La Bruyère critique les gens faux qui ne se présente pas sous le même nom selon l’endroit o^ils sont.

Plus largement, Menophile est dépeint comme un individu versatile, changeant d’opinions et d’allégeances en fonction des intérêts du moment.

Cette instabilité souligne la fragilité de ses relations sociales.

A travers ce personnage, La Bruyère critique cette société obsédée par l’apparence au détriment de la véritable vertu.

On retrouve la dénonciation du port du masque social dans « Madame Bovary » de Gustave Flaubert.

Le personnage d’Emma Bovary se présente initialement comme une femme épanouie et respectueuse des normes sociales, s’efforçant de correspondre aux attentes de son statut.

Mais derrière cette façade se cache une insatisfaction profonde et un désir effréné de romantisme et de luxe.Madame Bovary cherche à s’élever socialement en maintenant des apparences extérieures.

Ces deux exemples soulignent la fausseté et l’hypocrisie des gens en société. Le port du masque social s’accompagne bien souvent de tromperies envers les autres.

La tromperie, présente sous multiple formes, émerge comme un thème central dans l’oeuvre de lA Bruyère, qu’il dénonce à travers une série de portraits.

Prenons l’exemple d’Acis dans « de la société et de la convertion », « Que dites vous ? Comment ? Je n’y suis pas […] je devine enfin : vous voulez, Acis, me dire qu’il fait froid ».

Ici, un effet comique repose sur le propos évident que souhaitait dire Acis, et lr’incompréhension qu’il a suscité.

Il est difficile de croire qu’acis ait pu rendre une information sur la météo incompréhensible, ce qui indique son mauvais usage de la langue.

Dans cette remarque Labruyère souligne l’utilisation excessive d’un langage sophistiqué et affecté pour dire des choses simples, qui par ailleurs, constitue une forme de tromperie intellectuelle.

Pour lui, certains individus utilisient un discours complexe pour masquer un manque de substance, ils trompent les autres dans l’authenticité de leur langage.

D’autres formes de tromperies sont dénnoncées dans l’ouvrage de Labruyère, comme il est fait dans « Le Tartuffe » de Molière.

Le personnage eponyme, Tartuffe, incarne un hypocrite et maître de la tromperie utilisant une combinaison de feintes, manipulations émotionnelles et usurpation de confiance pour duper les autres personnages.

Celui ci utilise un masque de dévotion religieuse pour tromper et usurper la confiance d’Orgon.

Molière démontre comment la manipulation habile peut permettre à un individu de causer des ravages au sein d’une famille, illustrant ainsi les dangers de la crédulité excessive. Ces deux œuvres montrent que la tromperie, à travers des moyens diférents, est au coeur des relations sociales. Ainsi, nous avons vu comment La Bruyère remet en cause l’authenticité de la société, il serait intéressant de.... »

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