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ÉTUDE LINÉAIRE N°12 : ACTE III, scène 7 TEXTE COMPLEMENTAIRE : Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand (1897)

Publié le 12/05/2026

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« ÉTUDE LINÉAIRE N°12 : ACTE III, scène 7 TEXTE COMPLEMENTAIRE : Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand (1897) Introduction Amorce : Au théâtre, la parole est une action : elle peut séduire, convaincre, blesser, et surtout révéler ce que les personnages n’osent pas dire autrement. Présentation de l’œuvre : Dans Cyrano de Bergerac (1897), pièce en vers, Rostand construit un triangle amoureux où l’apparence et l’éloquence sont dissociées : Christian a la beauté, Cyrano a l’esprit, et Roxane, précieuse, attend un discours amoureux raffiné. Présentation de l’extrait : Dans la scène du balcon, Roxane parle depuis sa fenêtre.

Christian tente une déclaration, mais son manque d’aisance le trahit.

Cyrano, d’abord caché sous le balcon, souffle des répliques, puis prend la place de Christian et parle dans l’ombre.

Cette scène met donc en jeu un quiproquo et une double énonciation : Roxane croit entendre Christian, tandis que le spectateur sait que Cyrano est l’auteur des paroles. Problématique : On peut alors se demander comment Rostand transforme une déclaration d’amour en une scène à la fois comique, poétique et déjà tragique, grâce au jeu sur la voix, l’ombre et les procédés de langage. Annonce de plan : Nous verrons d’abord comment l’échange initial fait naître un comique de maladresse et révèle l’exigence de Roxane, puis comment Cyrano, en soufflant ses mots, donne naissance à une déclaration poétique à deux voix (du vers 1 au vers 25).

Nous analyserons ensuite la prise de parole directe de Cyrano, rendue possible par la nuit, qui transforme la scène en aveu lyrique tout en renforçant le tragique du masque (du vers 26 à 41) Mouvement 1 — Du comique à la séduction : la parole fabriquée ROXANE « Qui donc m’appelle ? »  interrogative directe → ouverture théâtrale : Roxane contrôle l’échange  pronom interrogatif « qui » + adverbe « donc » : impatience / exigence CHRISTIAN « Moi.

»  réplique monosyllabique → pauvreté lexicale  rupture du style attendu d’une scène galante → comique d’inadéquation  absence de modalisation : Christian ne sait pas “habiller” sa parole ROXANE « Qui, moi ? »  reprise ironique de « moi » : Roxane souligne l’étrangeté / la platitude de Christian  question rhétorique : elle teste sa finesse CHRISTIAN « Christian.

»  réponse factuelle, sans lyrisme → Christian réduit l’amour à l’identité brute  effet de parallélisme pauvre : “Moi / Christian” = aucune progression ROXANE (avec dédain) « C’est vous ? »  didascalie = indication de jeu : attitude de rejet  question brève : valeur de jugement (déception)  Roxane apparaît comme une précieuse exigeante (attend “l’esprit”) ROXANE « Non ! Vous parlez trop mal.

Allez-vous-en ! »  exclamation + impératif : Roxane exerce un pouvoir  négation (« Non ! ») : rejet net  « trop mal » : la qualité du langage = preuve d’amour (rapport parole/sentiment) Cyrano en régisseur : didascalies + mise en abyme CYRANO (sous le balcon, à Christian) « Bien.

Bien.

Presque à voix basse.

»  Cyrano devient metteur en scène : il règle le volume et le rythme  répétition « Bien.

Bien.

» : encouragement + maîtrise technique  didascalie « sous le balcon » : position d’ombre (invisible à Roxane) → ironie dramatique CHRISTIAN (à qui Cyrano souffle ses mots) « M’accuser, – justes dieux ! – De n’aimer plus… quand… j’aime plus ! »  discours indirectement “écrit” par Cyrano (soufflage)  interjection + apostrophe (« justes dieux ! ») : registre plus noble  points de suspension : hésitation / difficulté d’énonciation de Christian  comparatif « j’aime plus » : hyperbole affective (convainc Roxane) ROXANE (s’arrêtant) « Tiens ! mais c’est mieux ! »  interjection « Tiens ! » : surprise  tournant : Roxane réagit à la qualité stylistique (elle est sensible au discours) « L’amour grandit bercé dans mon âme inquiète… / Que ce… cruel marmot prit pour… barcelonnette ! »  métaphore filée : amour = enfant (« grandit », « bercé », « marmot », « barcelonnette »)  ellipse marquée par « ….... »

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