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LA LITTÉRATURE CHINOISE CONTEMPORAINE

Publié le 27/06/2012

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Le but de Mao Tsé-toung était double :populariser l'art et la littérature signifiait, d'une part, créer pour les masses et, d'autre part, élever les crt!ations populaires au niveau des grandes oeuvres reconnues. Le premier but semble atteint : les tirages n'ont aucune mesure avec ceux d'avant ou avec ceux de l'Occident)· les théâtres, les expositions n'ont Jamais été ainsi remplis de gens simples. Quant au deuxième but, il faut distinguer les créations personnelles des écrivains célèbres et l'art populaire. Les premiers semblent avoir choisi une impasse : les personnages et les thèmes nouveaux sont prisonniers de genres,

« li-p' o ont décrit les bouleversements dans les campagnes depuis la libération.

Les principaux thèmes sont les e.fforts des cadres pour nationaliser et moderniser l'agriculture, l'opposition des générations à propos des réformes et la lutte des Jeunes pour la liberté du mariage.

Ainsi leurs romans permettent de voir comment des réformes, qui autrement se réduisent à des principes théoriques, à des statistiques, s'inscrivent dans la vie des gens, et quels problèmes concrets et individuels elles soulèvent.

Mais, certes, ces œuvres nouvelles nous gênent car, ayant aussi pour but de faire prendre conscience aux gens de la nécessité de certains changements, elles n'osent pas aller Jusqu'au bout dans la description des contradictions qui existent à l'intérieur même du peuple; d'autre part, leur méthode d'exposition s'inspire trop d'une esthétique réaliste dont l'Europe a déJà épuisé toutes les ressources.

C'est pourquoi un lecteur occidental sera plus attiré par les créations populaires plus typi­ quement chinoises, qui semblent plus capables de recéler des possibilités nouvelles, opéras, contes, poèmes.

L'opéra chinois n'était pas considéré comme faisant partie de la littérature et il était tombé en désuétude.

Après la libération, de nouvelles troupes furent créées, des formes d'opéras locaux furent sauvées de l'oubli, et on s'aperçut ainsi de la richesse et de la diversité du genre, les pièces célèbres furent de nouveau représentées, des acteurs furent entraînés, ce qui nécessite de longues années d'apprentissage puisqu'il faut maîtriser le chant, la stylistique des gestes, l'acrobatie et la danse.

On a même essayé d'y introduire des thèmes contemporains, mais c'est aux anciennes histoires que les gens prennent le plus de plaisir.

Beaucoup d'anciens contes transmis oralement n'avaient Jamais encore été consignés par écrit; on envoya donc des équipes les recueillir.

D'autre part, les minorités nationales se révélèrent être une mine de richesses, leurs contes, poèmes, chansons évoquaient toute une mythologie nouvelle.

La littérature enfantine, elle aussi, se développe et souvent avec goût, car elle n'a pas assez grand genre pour relever d' oificiels critères réfrigérants.

Erifin on encouragea les paysans, les ouvriers à écrire.

Certes, parmi cette énorme production, beaucoup d'œuvres suivent des clichés, mais certaines ont un ton de fraîcheur et de nouveauté qui en fait de véritables œuvres littéraires.

On lit rarement un recueil de poèmes, composés par exemple par les ouvriers d'une usine, sans découvrir une œuvre d'art brute, dégagée de tout ornement stéréotype; et le peuple, pour qui créer ainsi peut être une distraction merveilleuse, ne se croit pas obligé d'« en raJouter », ses e.fforts pour édifier le socialisme, il les fait porter dans la production.

Le but de Mao Tsé-toung était double :populariser l'art et la littérature signifiait, d'une part, créer pour les masses et, d'autre part, élever les crt!ations populaires au niveau des grandes œuvres reconnues.

Le premier but semble atteint : les tirages n'ont aucune mesure avec ceux d'avant ou avec ceux de l'Occident)· les théâtres, les expositions n'ont Jamais été ainsi remplis de gens simples.

Q_uant au deuxième but, il faut distinguer les créations personnelles des écrivains célèbres et l'art populaire.

Les premiers semblent avoir choisi une impasse : les personnages et les thèmes nouveaux sont prisonniers de genres, de techniques créés par le réalisme bourgeois occidental; certes, cela peut paraître nouveau en Chine, mais ces écrivains sont enfermés dans la volonté, « a priori », de jaire de l'Art, de Jaire du Réalisme-Socialisme.

Au contraire, les créations populaires, opéras, contes, chan­ sons, sont porteurs de germes inexploités J.

il s'agit d'un art brut, vraiment créateur, qui, sans prétentions, ouvre des perspectives aventureuses, éclaire de vastes territoires encore inconnus.

C'est cet art populaire, créé par des gens ordinaires, qui est à la fois le plus chinois et le plus audacieusement moderne.

Mais cela ne surprendra pas : toute renaissance culturelle en Chine depuis le « Classique des Vers » a pour origine 7.!-n retour aux sources populaires, à l'art brut opposé à l'art académique et sclérosé.

J.

PIMPANEAU. »

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