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La peste, Camus

Publié le 15/06/2015

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Sujet 1 : commentaire de texte Introduction C'est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en 1947, alors que l'auteur est déjà connu pour son roman L'Étranger, que Camus fait paraître La Peste. Ce roman raconte la progression et les ravages d'une épidémie de peste dans la ville d'Oran. Face au fléau, les hommes adoptent des réactions différentes : peur, lutte, résignation ou recherche du profit animent les personnages dans cette situation d'exception qui n'est pas sans rappeler par certains aspects la guerre qui vient de s'achever. Le docteur Rieux, au centre de l'histoire, combat sans relâche contre la maladie. Cependant, alors que l'épidémie s'est officiellement éteinte, à la fin du roman, son ami Tarrou est touché lui aussi par la peste : il sera le dernier mort. Son agonie et l'impuissance du médecin donnent lieu à une scène particulièrement émouvante, qui est aussi l'occasion pour le narrateur de méditer sur le « silence de la défaite ». En quoi cette scène d'agonie dramatique prend-elle la dimension d'une réflexion sur l'homme ? Nous verrons tout d'abord comment le narrateur parvient à évoquer la mort de Tarrou et à dire ce qui semble « indicible ». Nous observerons ensuite la souffrance des personnages. Enfin, nous étudierons le caractère tragique du monde qui est évoqué dans ce passage. I. La mort de Tarrou : dire l'indicible 1. La dramatisation de la mort La mort de Tarrou, le meilleur ami de Rieux, constitue un passage important du roman, d'autant plus frappant que cette mort survient à la fin de l'épidémie. La scène de son agonie repose sur une forte tension dramatique. De façon remarquable et symbolique, la fièvre atteint son apogée à l'heure où le soleil est à son zénith, « à midi ». À partir de cet instant, la mort de Tarrou progresse de façon inéluctable, comme le suggèrent plusieurs comparatifs accentuant la dégradation de l'état du malade. « Ses yeux [s'ouvrent] de moins en moins souvent », leur éclat est « plus pâle à chaque fois » et ses convulsions se font « de plus en plus rares ». Les différentes étapes de son agonie sont encore accentuées par les nombreux indices temporels, comme « à midi », « seulement », « bientôt », « désormais », « maintenant » et « à la fin », qui rythment la première moitié du récit. La mort elle-même du personnage, qui constitue le point culminant du passage, est mise en valeur ...
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« différentes étapes de son agonie sont encore accentuées par les nombreux indices temporels, comme « à midi », « seulement », « bientôt », « désormais », « maintenant » et « à la fin », qui rythment la première moitié du récit.

La mort elle-même du personnage, qui constitue le point culminant du passage, est mise en valeur par l'ellipse qui la suit et qui se situe à la charnière des deux paragraphes, le récit ne reprenant qu'au moment de la veillée du corps.

Le blanc typographique de l'alinéa peut d'ailleurs suggérer symboliquement le silence sous lequel est enfoui ce moment douloureux qui succède à l'agonie.

Cette ellipse révèle en tout cas toute la difficulté du narrateur à rendre compte de cet instant, la mort étant à la limite de l'indicible. 2.

La déshumanisation de Tarrou La mort est en fait surtout évoquée par les effets qu'elle a sur le corps de Tarrou.

L'homme lui-même semble à peine vivant dès le début de l'extrait et apparaît comme soumis face aux progrès de la maladie.

La peste s'est emparée de son corps et agit sur lui.

Ce sont souvent les symptômes de la maladie qui sont sujets des verbes et non le personnage : « la fièvre était à son sommet », « les ganglions avaient cessé d'enfler » et « une sorte de toux viscérale [le] secouait », le verbe étant répété dans l'expression « l'orage qui secouait ce corps ».

Tarrou n'est d'ailleurs généralement pas vu dans sa globalité d'être humain, mais est présenté trois fois comme un « corps », dont on ne voit que différentes parties : « les ganglions », les « yeux », la « face », le « sourire ».

De même, le narrateur évoque le moment où le personnage rend son dernier soupir par le biais d'une comparaison : il expire « comme si [...] une corde essentielle s'était rompue ».

La mort paraît en fait entraîner un terrible processus de déshumanisation tout au long du passage.

La comparaison des ganglions à « des écrous, vissés dans le creux des articulations » souligne d'emblée cette altération de l'être humain assimilé à une sorte de machine.

Celui-ci se réduit bientôt métaphoriquement à « un masque [...] inerte » avant de n'être plus qu'« une forme humaine ».

Ainsi, en s'enfonçant irrémédiablement dans la mort, Tarrou révèle son impuissance à mesure qu'il perd son humanité sous l'emprise de la maladie.

Rieux, en proie à une souffrance touchante, ne peut que constater la distance définitive qui l'éloigne de lui. II.

Une scène pathétique : la souffrance des personnages 1.

La solitude des personnages. »

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