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Laforgue, Rêve de Far-West.

Publié le 19/11/2012

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Jules Laforgue, Rêve de Far-West.     On m'a dit la vie au Far-West et les Prairies, Et mon sang a gémi: "Que voilà ma patrie !". Déclassé du vieux monde,être sans foi ni loi, Despérado ! Là-bas, là-bas, je serai roi !... Oh ! Là-bas, là-bas, m'y scalper de mon cerveau d'Europe! Piaffer ! Redevenir une vierge antilope, Sans littérature, un gars de proie, citoyen Du hasard et sifflant l'argot californien! Un colon vague et pur ,éleveur, architecte, Chasseur, pêcheur, joueur au-dessus des Pandectes, Entre la mer et les états mormons ! Des venaisons Et du whisky ! Vêtu de cuir, et le gazon Des prairies pour lit, et des ciels des premiers âges, Riches comme des corbeilles de mariage!... Et puis quoi ? De bivouac en bivouac et la loi De Lynch ;et aujourd'hui des diamants bruts au doigt, Et ce soir, nuit de jeu, et demain la refuite Par la prairie et la folie des pépites!... Et, devenu vieux, la ferme au soleil levant, Une vache laitière et des petits enfants; Et comme je dessine au besoin, à l'entrée Je mettrai " Tatoueur des bras de la contrée ! ".         Poète en marge du mouvement symboliste, Laforgue est surtout connu pour avoir été l'un des créateurs du vers libre. Dans ce poème, il propose une sorte d'Invitation au voyage vers les terres du Nouveau monde, vierges et riches de tous les possibles ; le sentiment n'est pas original ( Laforgue ne fait que se mouler dans une longue tradition poétique de littérature d 'évasion ), mais les images et la prosodie témoignent d'une sensibilité nouvelle, et de la volonté d'inscrire, dans le cadre étro...
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« Par la prairie et la folie des pépites!... Et, devenu vieux, la ferme au soleil levant, Une vache laitière et des petits enfants; Et comme je dessine au besoin, à l'entrée Je mettrai " Tatoueur des bras de la contrée ! ".         Poète en marge du mouvement symboliste, Laforgue est surtout connu pour avoir été l'un des créateurs du vers libre.

Dans ce poème, il propose une sorte d'Invitation au voyage vers les terres du Nouveau monde, vierges et riches de tous les possibles ; le sentiment n'est pas original ( Laforgue ne fait que se mouler dans une longue tradition poétique de littérature d 'évasion ), mais les images et la prosodie témoignent d'une sensibilité nouvelle, et de la volonté d'inscrire, dans le cadre étroit d'un poème, une véritable épopée en miniature.

Et une des intentions les plus avouées de Laforgue est aussi de rompre non seulement avec une civilisation sclérosée, mais surtout avec une certaine forme d'écriture traditionnelle .     I / L'Horizon chimérique :   Une Invitation au voyage : Le poème se nourrit du mythe de l'Eldorado, ce pays où tout coule à flots ( or, pierreries, et, ici, alcool, de surcroît ! ).

La forgue se laisse prendre à la griserie de son imagination, il rêve d'un pays neuf, riche de tous les possibles ; l'ivresse du départ se nourrit de réminiscences empruntées à la poésie baudelairienne et symboliste ( on songe à Brise marine, de Mallarmé, « Fuir ! Là-bas, fuir ! », et, bien évidemment, à l'Invitation au voyage de Baudelaire « Songe à la douceur // D'aller là-bas vivre ensemble » ) ; l'adverbe de lieu, par son imprécision. »

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