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LE BAROQUE

Publié le 29/03/2012

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Jusqu'à une époque fort récente de notre histoire, les oeuvres classiques qui se sont épanouies dans la seconde moitié du XVIIe siècle, ont seules retenu l'attention des historiens de notre littérature. D'elles seules, le XVIIe siècle tirait ses lettres de noblesse. La première partie du siècle apparaissait alors, soit comme un prolongement déplorable du siècle précédent, soit comme une sorte de jeunesse turbulente du classicisme, une étape sur le chemin de la perfection.

Aussi regardait-on avec quelque mépris les écrivains de la première partie du siècle, ces " irréguliers ou ces attardés ", en tout cas ces '' indépendants ", dont les oeuvres restaient étrangères à l'élaboration de l'idéal classique. Telle était l'attitude traditionnelle. Aujourd'hui l'importance relative des deux moitiés du siècle a changé. De nombreux spécialistes ont reconnu, chez ces indépendants, certains traits d'une esthétique commune,

une fantaisie, une exubérance d'images, une complaisance aux contrastes, un lyrisme, qui leur a paru justifier l'épithète de " baroque n, réservée jusqu'alors à l'architecture et aux arts plastiques. Il est donc convenu d'appeler " baroque '' la période qui s'étend entre 1580- 1640, voire jusqu'en 1665. Ce siècle baroque n'aurait pas immédiatement suivi la Renaissance, dont il reste pourtant par bien des aspects l'héritier. Il aurait été précédé d'un " classicisme renaissant " avec Scève, Ronsard, Du Bellay, Garnier.

« 84 MANUEL D'HISTOIRE LITTERAIRE DE LA FRANCE influence se ferait encore sentir dans " un classicisme à prédominance baroque"· Enfin, on considère la pré­ ciosité et le burlesque comme des pointes extrêmes ou des déformations du baroque.

Ils en sont cependant distincts.

Définition et histoire du mot " baroque " Le mot " baroque "• qui vient de l'espagnol " bar­ rueco "• a d'abord désigné, au XVI• siècle, dans la langue technique de la joaillerie, "une perle de rondeur irré­ gulière"· Telle est la définition qu'en donne le diction­ naire de l'Académie française de 1694: " baroque, adjectif.

Se dit de perles qui sont d'une rondeur irrégulière.

Un collier de perles baroques.

" Ce n'est que dans l'édition de 1718 qu'apparaît pour la première fois le sens figuré : " baroque se dit aussi au sens figuré, pour irrégulier, bizarre, inégal.

Un esprit baro­ que, une expression baroque, une figure baroque.

" Appliquant en 1788, cet adjectif à l'art de bâtir, Quatremère de Quincy écrit: " Le baroque en archi­ tecture est une nuance du bizarre.

Il en est, si on veut, le raffinement, ou, s'il était possible de le dire, l'abus.

, Cependant, les doctrinaires du XVII• siècle, adversaires farouches de tout ce qui n'était pas conforme à l'idéal et aux règles de l'art classique, n'employèrent jamais ce mot.

Ils lui préféraient les mots de "gothique, barbare, bizarre "• désignant par là les excès de fantaisie, d'ingéniosité, la "singularité grotesque, qui leur déplaisaient si fort dans cet art appelé depuis cc l'art baroque "· Ce n'est qu'à partir de 1860, date à laquelle parut l'ouvrage célèbre de l'Allemand Burckhardt: Le Cice­ rone, que le mot " baroque " devait connaître un succès international.

Ainsi, appliqué d'abord à un art, qui de l'Italie, allait se répandre, au cours des XVI• et XVII• siècles, en Espagne, en Suisse, au Portugal, en. »

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