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Le drame

Publié le 05/09/2013

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Au XIXe siècle, le drame romantique reprend en bonne partie

l'héritage du siècle précédent. Pour Victor Hugo, par exemple, « les

deux électricités opposées de la comédie et de la tragédie se

rencontrent, et l'étincelle qui en jaillit, c'est le drame «. Mais les

romantiques, Hugo en tête, prennent avec les règles des libertés

extraordinaires, qui déclenchent la fameuse bataille d' Hernani

« drame symboliste de Maeterlinck. dont le chcf-d uvre est Pclléus et Mé/isunde, et dont l'envers burlesque est mis en scène par Alfred Jarry dans la geste du père Ubu. Parallèlement se développe l'esthétique du drame naturaliste. illustrée par les Corbeoux d'Hcnry Becque. un style que poursuivent Octave Mirbeau, Jules Renard et Émile Fabre. Le drame contemporain suit des voies très diverses. Ce11ains dramaturges. suivant en cela lexemple des romantiques et des symbolistes, cultivent une liberté conforme à leur génie. Paul Claudel met au point un vers original. rappelant quelque peu le verset biblique, et ne craint pas de multiplier les lieux. les signes. les mystères et les passions qui composent son théâtre. Apollinaire donne libre cours à sa fantaisie dans les Mamelles de Tirésias. annonçant ainsi le courant surréaliste. Cocteau s'inspire tour à tour de légendes antiques ou médiévales, du drame bourgeois, romantique ou shakespearien. et le plus souvent, de ses propres et curieuses fantasmagories. D'autres dramaturges, tout en intégrant quelques éléments de modernité, semblent au contraire revenir à des formes plus classiques, plus maîtrisées. Jean Giraudoux, Henry de Montherlant et Jean Anouilh semblent renouer avec l'inspiration tragique, clans leurs œuvres respectives Électre, la Reine morte, Antigone. Le pessimisme et la désillusion règnent en maîtres. Telle est aussi la tentation du théâtre existentialiste. Avec Caligula et le Malentendu, Albert Camus met en scène l'absurde de la condition humaine. Mais dans les Justes, il conçoit la nécessité- et les risques -de l'engagement. Un mouvement analogue se fait jour dans le théâtre de Jean-Paul Sartre qui, de Huis­ Clos jusqu'aux Séquestrés d'Altona, met la liberté en situation, révélant ainsi la mauvaise foi et les aliénations, vraies ou fausses. Mais à partir des années 50, le Nouveau Théâtre propose une formule dramatique originale, dont quelques hypothèses, cependant, avaient pu être formulées déjà par Antonin Artaud entre autres. L'intrigue, la psychologie, le langage, l'espace et le temps dramatiques sont désarticulés, et laissent sur la scène des personnages drôles et angoissants, des automates ou des gueux, une humanité ontologique­ ment déchue, accablée encore par la misère, l'injustice et la violence du monde social. Dans ce genre s'illustrent Beckett, Genet, Ionesco, Adamov, Robert Pinget, Nathalie Sarraute. Aujourd'hui encore, avec Arrabal et Copi, la tendance dominante du théâtre contemporain est à la déchirure, aux corps et aux consciences brisés, qui n'excluent pas toujours une certaine forme de lyrisme paradoxal, torturé ou décousu, comme chez Bernard-Marie Koltès ou chez Valère Novarina. »

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