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Le roman et le conte libertins - Histoire de la littérature

Publié le 25/01/2018

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Le roman et le conte libertins

 

Le style du libertinage est peut-être plus une question de technique que de vision; son universalité au xviiie siècle prouve son importance comme procédé d'expression, mais son inconsistance comme système de pensée. Il y a du libertinage chez des penseurs aussi différents que Prévost, Marivaux, Montesquieu, Diderot, Voltaire, et il ne faudrait pas chercher bien longtemps pour en trouver aussi chez Rousseau. Tout le XVIIIe siècle a reconnu et proclamé le rôle des sens, la déter­mination du moral par le physique, et cherché un langage décent pour expliquer ce rôle dans le sentiment le plus souvent idéalisé : l'amour. Le style de Maupertuis est libertin quand il décrit, dans sa Vénus physique, les amours des poissons ou des escargots, et celui du pieux Réaumur l'est de même quand il raconte son essai de croisement des espèces entre une poule modeste et un lapin passionné. Dès que le problème du style est écarté et que l'écrivain appelle les choses par leur nom, l'œuvre n'est plus libertine : les romans de Sade, comme on sait, sont rangés parmi les romans << philosophiques )>, non parmi les romans libertins.

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« un roman libertin, Les Bijoux indiscrets ; par la suite, il pourra considérer le genre romanesque en lui-même, et non plus comme un instrument.

En laissant de côté les romans pornographiques, comme Le Portier des Char­ treux, par Gervaise de la Touche (1745), même lorsque leur violence subversive annonce les œuvres de Sade, comme la Thérèse philoso phe du marquis d'Argens (17 48) 1, on peut diviser les romans libertins en deux groupes :les romans galants et les romans cyniques.

Les premiers sont les plus nombreux, et presque tous marqués par l'influence de Crébillon dont ils imitent l'orientalisme fantaisiste, les féeries extravagant es, et dont ils partagent le scepticisme moral, et par celle de Montesquieu, dont les Lettres Persanes ont inspiré toutes les descriptions satiriques de la société parues au XVIIIe siècle.

Aucun n'a l'amère profondeur du premier ni l'intelligence et le trait du second ; Th émidore, par Godard d'Aucourt (1745), raconte avec gaîté quelques mois de la vie d'un jeune libertin, « qui aime éper­ dûment le plaisir &; ce ne sont, de l'aveu de l'auteur, que. »

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