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Lecture analytique de l'incipit. Balzac et la petite tailleuse chinoise, Dai Sijie

Publié le 20/11/2011

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L’opposition dans la caractérisation entre l’audacieux Luo et le narrateur timoré laisse présager que le moteur principal de l’action sera Luo, le narrateur jouant plutôt un rôle de témoin. En effet, Luo prend la parole « d'un air désinvolte «, il fait un clin d'oeil à son ami et a l'audace de répondre à sa place « Mozart pense au Président Mao « l.78, puis allume une cigarette et fume tranquillement, comme un homme.(l.92) Le narrateur, beaucoup plus impressionné, parle avec gêne (l.54), reste évasif (l.67), est abasourdi par le culot de son ami(l.59).  Le monde de la ville et celui du village montagnard sont étrangers l’un à l’autre. Il y a une incompréhension totale des villageois pour les réalités de la ville au point que l’on peut se demander si nos deux héros n’ont pas atterris chez des arriérés, abandonnés à leur sort par les autorités communistes qui semblent pourtant présentes. Comment les deux « bourgeois « vont-ils s’intégrer à la vie des villageois?   

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« minute en minute sous la joie limpide de Mozart » l.88.Parmi ces villageois se détache le chef.

Il a cinquante ans et se méfie de l'objet inconnu que les garçons de la villeont avec eux.

Il se comporte en représentant de l'autorité communiste « une vigilance de bon communiste » l.68, endouanier minutieux (l.10).

Il est écouté et respecté.

Chacun se tait quand il parle avec solennité ou avec colère.

Ilest violent et animal dans la façon dont il traite le violon « il le secoua avec frénésie »l.13; « le chef approcha sonnez du trou noir et renifla un bon coup »l.21, ou s'adresse aux héros « méfiant »l.64, « cria-t-il »l.72.

C'est unhomme sale, fruste et grossier, aux doigts calleux, aux narines velues, qui ignore lui aussi ce qu'est un violon.

Il semontre péremptoire et fait semblant de connaître Mozart, ce qui révèle chez lui une fatuité tellement ridicule qu'elleen devient comique : « Mozart pense toujours à Mao »l.82 II/ Des procédés pour construire les attentes du lecteur. 1/ Une intégration difficile. L'opposition dans la caractérisation entre l'audacieux Luo et le narrateur timoré laisse présager que le moteurprincipal de l'action sera Luo, le narrateur jouant plutôt un rôle de témoin.

En effet, Luo prend la parole « d'un airdésinvolte », il fait un clin d'oeil à son ami et a l'audace de répondre à sa place « Mozart pense au Président Mao »l.78, puis allume une cigarette et fume tranquillement, comme un homme.(l.92) Le narrateur, beaucoup plusimpressionné, parle avec gêne (l.54), reste évasif (l.67), est abasourdi par le culot de son ami(l.59).Le monde de la ville et celui du village montagnard sont étrangers l'un à l'autre.

Il y a une incompréhension totaledes villageois pour les réalités de la ville au point que l'on peut se demander si nos deux héros n'ont pas atterrischez des arriérés, abandonnés à leur sort par les autorités communistes qui semblent pourtant présentes.

Commentles deux « bourgeois » vont-ils s'intégrer à la vie des villageois? 2/ Des héros en danger. Le danger semble présent dans la caractérisation du chef, à la fois inculte, violent, vaniteux et tout puissant, ce quiva sûrement constituer un problème pour nos héros, ainsi que cette foule grouillante et impulsive, prête à obéir audoigt et à l'oeil au moindre caprice du chef.Le cadre de la Révolution culturelle renforce l'impression de drame en marche vers une fin tragique.

La terreur dunarrateur, l'autoritarisme et la violence du chef, sa décision de brûler le violon sont autant de signes inquiétantspour la suite du récit.Mais certains indices viennent nuancer ces attentes, notamment la tonalité comique ou satirique de certainspassages.

Comment ne pas sourire au suspense causé par l'examen du violon par un chef assimilé par comparaisonou métaphore tout à tour à un fonctionnaire ignorant « comme un douanier minutieux cherchant de la drogue » l.10, à un singe qui agite une noix de coco, à un chien qui renifle un objet inconnu, à un enfant qui essaie un nouveaujouet, suspense qui se résout magnifiquement par une conclusion aussi stupide que péremptoire : « C'est un jouetbourgeois ».Comment ne pas sourire à l'attitude névrotique de la foule, tour à tour, figée ou agitée selon que le chef lève ou pasle petit doigt ? Comment ne pas sourire à la manipulation de la vanité du chef orchestrée avec audace par Luo, quiaffirme sans hésitation que le baroque Mozart a dédicacé sa sonate au moderne Mao, sauvant le violon et préparantdu même coup la réussite de leur intégration dans ce village arriéré ? Car c'est aussi une des pistes suggérées parcet incipit : si la musique du narrateur a pu produire cet effet sur les villageois « comme s'il avait entendu quelquechose de miraculeux, le visage menaçant du chef s'adoucit.

Ses yeux se plissèrent dans un large sourire debéatitude.

» l.79-81; « des applaudissements chaleureux retentirent » l.84; « Les visages des paysans, si durs toutà l'heure, se ramollirent »l.88, doit-on autant désespérer de la suite de l'histoire ? Luo et le narrateur n'arriveront-ilspas à ouvrir l'esprit de leurs compagnons d'infortune ? Ainsi, dès l'incipit, l'auteur plonge le lecteur au coeur de l'intrigue.

En pleine Révolution culturelle, les deux héros,« des garçons de la ville »,envoyés dans un village de montagne pour y être rééduqués, sont l'objet de toutes lescuriosités et suscitent la méfiance des villageois et de leur chef, garant du communisme.

Cette scène d'ouverture,« la première journée », permet toutes les hypothèses : autobiographie, témoignage, histoire d'amitié ou d'initiation? De plus, l'énigme inhérente au titre n'est pas résolue dans cette première page.. »

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