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Lecture analytique - G. Flaubert Madame Bovary 1857 : le souper au bal

Publié le 22/09/2018

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Eclate ici le contraste entre ce que voit le personnage et ce que donne à voir au lecteur le narrateur : de la vie du duc, Emma retient « Il avait vécu à la Cour et avait couché dans le lit des reines » l. 32, faits qui qui suffisent à faire du duc l’objet de son admiration ; le lecteur, lui, a aperçu un homme décrépit (= déchu physiquement), un vieillard sénile (= dégradé par l’âge), qui ne sait plus manger proprement (« la serviette nouée dans le dos comme un enfant » l.21), réduit à bégayer en montrant du doigt ce qu’il désire manger. Entre ce vieil homme à lèvres pendantes et une vision extraordinaire et auguste, il y a les rêves d’une midinette qui perçoit la scène comme un conte de fées.

Or, Emma, fascinée par un monde qu’elle juge aussi féérique que le sien est terne, ne voit pas la réalité qui l’entoure : le prince du conte de fées est un vieillard bavant et aphasique (= qui a perdu l’usage de la parole) dont la coiffure est aussi démodée que le costume du maître d’hôtel. La dernière précision du narrateur est d’ailleurs significative : « Le sucre en poudre même lui parut plus blanc et plus fin qu’ailleurs » l. 35. Pourtant, on comprend que le sucre est ici comme ailleurs …

 

[Voir correction du devoir d’invention : réécriture du paragraphe selon le point de vue exclusif du personnage]

 

 

Conclusion : En nous faisant voir la salle à manger du château et la table des invités par les yeux d’Emma, Flaubert parvient à dégager la personnalité de son héroïne et ses caractéristiques psychologiques telles que sa fascination naïve pour les apparences clinquantes, pour la richesse et le luxe que la noblesse incarne à ses yeux.

En dissociant son regard de celui de son personnage, le narrateur, dénonce ironiquement le manque de recul critique d’Emma.

C’est donc bien le caractère de son héroïne, tout comme l’idée qu’elle se fait de la société, que montre ce passage.

 

 

Ouverture possible : comparaison avec l’extrait du Guépard de Lampedusa ou avec une autre lecture analytique de la séquence

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« II Un diner de conte de fées ou la vision d’une midinette (= jeune fille à la sentimentalité naïve) Une lecture attentive du passage permet de déceler plusieurs traces de l’ironie du narrateur qui ne semble pas partager l’émerveillement de son personnage : - Ainsi, la vision du maître d’hôtel en costume suit-elle immédiatement celle des cailles avec leurs plumes en une association plaisante.

Le domestique dont Emma admire l’adresse est d’abord présenté en détails par son costume l.13 en bas de soie, en culotte courte, en cravate blanche, en jabot dont l’héroïne semble ignorer l’aspect démodé.

L’importance qu’il accorde à sa mission, est soulignée par la comparaison grave comme un juge, où se devine l’ironie du narrateur. - Le même décalage entre la vision du personnage et celle du narrateur se retrouve dans le portrait du vieux duc qui est le seul convive sur lequel s’attarde la description.

La description semble d’abord objective (= neutre, impartiale), en focalisation externe : il est en haut bout de table, seul parmi toutes ces femmes, courbé sur son assiette remplie l.

20-21.

On semble s’en approcher comme dans une succession de plans rapprochés, jusqu’au gros plan sur sa serviette et les gouttes de sauce qui tombent de sa bouche.

Suit alors une sorte de notice biographique qui retrace les faits d’arme du duc, homme de cour, chasseur et amant remarquable, personnage éminemment romanesque (« Il avait mené une vie bruyante de débauches, pleine de duels, de paris, de femmes enlevées, avait dévoré toute sa fortune et effrayé toute sa famille l.27-28) : tous les ingrédients sont ainsi réunis pour en faire un personnage fascinant pour Emma, digne des romans qui lui ont tourné la tête ; ainsi le trouve-t-elle semblable à « quelque chose d’extraordinaire et d’auguste » (= vénérable, digne de respect). Eclate ici le contraste entre ce que voit le personnage et ce que donne à voir au lecteur le narrateur : de la vie du duc, Emma retient « Il avait vécu à la Cour et avait couché dans le lit des reines » l.

32, faits qui qui suffisent à faire du duc l’objet de son admiration ; le lecteur, lui, a aperçu un homme décrépit (= déchu physiquement), un vieillard sénile (= dégradé par l’âge), qui ne sait plus manger proprement (« la serviette nouée dans le dos comme un enfant » l.21), réduit à bégayer en montrant du doigt ce qu’il désire manger. Entre ce vieil homme à lèvres pendantes et une vision extraordinaire et auguste, il y a les rêves d’une midinette qui perçoit la scène comme un conte de fées. Or, Emma, fascinée par un monde qu’elle juge aussi féérique que le sien est terne, ne voit pas la réalité qui l’entoure : le prince du conte de fées est un vieillard bavant et aphasique (= qui a perdu l’usage de la parole) dont la coiffure est aussi démodée que le costume du maître d’hôtel.

La dernière précision du narrateur est d’ailleurs significative : « Le sucre en poudre même lui parut plus blanc et plus fin qu’ailleurs » l.

35.

Pourtant, on comprend que le sucre est ici comme ailleurs …. »

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