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Les Caprices de Marianne, Musset, acte II, scène 3 (commentaire)

Publié le 27/04/2012

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 Le drame romantique s'inscrit dans le genre théâtral dans la première moitié du XIXe siècle, en réaction contre le théâtre classique du XVIIe siècle, alors considéré  comme dépassé et beaucoup trop codifié pour permettre aux Romantiques de représenter les nouvelles aspirations de la société. En effet, selon les auteurs romantiques de l'époque, le théâtre doit être libre et n'obéir à aucune règle prédéfinie, c'est pourquoi l'on retrouve une diversité des genres, des registres et des niveaux de langue dans maintes oeuvres théâtrales du mouvement romantique au XIXe siècle. C'est à cette période, plus précisément en 1833, qu'Alfred de Musset, grand poète et dramaturge romantique français, publie sa pièce de théâtre intitulée Les Caprices de Marianne. L'histoire se passe à Naples durant la Renaissance et met en scène trois personnages principaux aux conceptions de l'amour différentes. Coelio, jeune homme fou amoureux de Marianne, figure du héros romantique, demande à son ami Octave, un libertin désenchanté, de plaider sa cause envers sa bien-aimée Marianne, mais celle-ci refuse l'amour de Coelio car elle lui préfère Octave. Le passage que nous nous apprêtons à étudier est un extrait de la scène trois du second acte, où Octave est venu chez le mari de Marianne dans le but de vanter l'amour de son ami à Marianne afin qu'elle accepte de le rencontrer, mais celle-ci s'en moque éperdument et rétorque par un caprice. Ainsi, dans quelle mesure cette scène met-elle en opposition les deux personnages que sont Marianne et Octave ? Pour ce faire, nous nous intéresserons tout d'abord à la plaidoirie d'Octave en faveur de son ami Coelio, puis nous étudierons ensuite le caprice de Marianne. Il est en outre judicieux de remarquer que cette scène représente de manière très juste le titre éponyme de l'oeuvre puisqu'elle expose un des nombreux «Caprices de Marianne«.

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« directement, on peut alors douter de sa sincérité.

Or cette hésitation n'est plus possible par la suite car Octave s'impliquedans son discours ; sa vrai pensée se fait alors aisément sentir.

Après avoir évoqué les différentes formes de refus deMarianne par rapport à Coelio, Octave est étonné et déconcerté car Marianne lui ordonne de lui parler de Coelio alors quejusque là elle refusait ses avances : on perçoit l'étonnement d'Octave par sa phrase interrogative «Sérieusement ?».

Sonétonnement est appuyé par une seconde phrase interrogative «Vous voulez rire ?» qui montre la sincérité d'Octave quiassiste dubitatif au changement de position impromptu de la part de Marianne.

Il ne croit d'abord pas à l'invitation deMarianne à lui parler de Coelio et pense qu'elle se moque de lui puis il cherche à comprendre ce changement de situation parune nouvelle réplique interrogative «Que regardez-vous à droite et à gauche ?» avant d'émettre une hypothèse aucomportement de Marianne par une phrase affirmative «En vérité, vous êtes en colère».

Enfin, quand Marianne lui annoncequ'elle désire prendre un amant et que c'est à lui de décider du choix de cet amant, Octave est surpris, il ne s'attend pas àcette annonce et s'exclame : «Marianne ! ».

Il comprend de plus que l'occasion de plaider la cause de son ami est venue et ilsaisit ce moment pour mener à bien sa mission : il ne cherche alors plus à comprendre la raison du choix de Marianne «quelleque soit la raison qui a pu vous inspirer une minute de complaisance» et la supplie de l'écouter parler par sa phrase sur lemode de l'impératif «restez la même une minute, permettez-moi de vous parler.».

Il s'abaisse également devant elle par lesgestes, comme le montre la didascalie externe «Il se jette à ses genoux».

Marianne accepte ensuite de l'écouter et Octave sefait l'avocat de Coelio durant une longue tirade qui constitue l'essentiel de son plaidoyer.

La longueur de sa réplique montreson caractère entêté : il est convaincu de son discours et désire plus que tout remplir la promesse faite à son ami Coelio.

Ils'enflamme dans une tirade passionnée et empreinte de sincérité.

Il emploie en effet de nombreuses phrases exclamativesqui se succèdent et qui expriment toute l'étendue et la sincérité de ses sentiments : «si vous saviez...dieu !», «Vous...coeur!», «si vous saviez...vous!»...ainsi que de nombreuses interrogations réthoriques qui sillonnent son discours et montre sonimpuissance mais aussi sa conviction à convaincre Marianne de sa thèse : «Que puis-je vous dire ?», «Qu'inveterais-je...manque ?», «Y a-t-il...toucher ?».

On peut également citer l'interjection «Ah !» qui vient appuyer le caractère passionnéd'Octave .

De plus, l'anaphore «si vous saviez» permet de mettre en relief le discours d'Octave et de renforcer la crédibilitéde sa thèse tandis que la proposition conditionnelle introduite par «si» montrent le regret et le désir d'Octave face à lasupposition que Marianne valide ses arguments ou non.

La sincérité d'octave peut en outre s'observer dans ses supplicationsfaites à Marianne : «Marianne !...traversé !».

Selon lui, «le bonheur d'un homme en dépend» (celui de Coelio), il a donc entreses mains le pouvoir de décider du sort de son ami et il prend ce rôle avec beaucoup de sérieux.

Il supplie par exempleMarianne d'écouter son plaidoyer et lui interdit implicitement ses caprices «ne souriez pas !», «Ah ! ...ne me la gâtez pas».Puis il concède que même s'il est sincère dans son discours et qu'il est prêt à tout pour servir son ami, il n'est pas crédible caril est libertin et ne prend donc pas au sérieux l'amour qui est le thème central de son discours : il est conscient du «tort queson amitié peut faire» et qu'un «pareil langage dans sa bouche a l'air d'une raillerie».

Il comprend que Marianne se moque deses paroles et en est sincèrement désolé : «jamais peut-être...inspirer».

On comprend ainsi qu'Octave est un êtreprofondément sincère, particulièrement fidèle en amitié puisqu'il se fait l'avocat passionné de Coelio afin de remplir son rôled'ami, entièrement convaincu de son discours.

Il est la figure même du héros romantique, exaltateur des sentiments, emplide passion mais il souffre car malgré toute sa volonté, il n'est pas crédible envers Marianne et son ami.

Il est désenchanté ; sapersonnalité libertine ne correspond pas à l'homme qu'il désirerait être et ne parvient pas à devenir.

Par son rôled'interprète, il s'érige donc en Coelio, et se fait le défenseur de l'amour pur et véritable par procuration, espérant croire encet amour dont il plaide la cause, mais il échoue toutefois, et «trahit» son ami car il ne peut jouer le rôle qu'il lui a confié,malgré toute sa sincérité et sa conviction.

Octave met cependant en place un véritable discours argumenté pour plaider l'amour de son ami à Marianne.

On retrouved'abord les caractéristiques du discours dans les deux tirades d'Octave : on constate l'utilisation des adresses directes «vous»et «je», ainsi qu'une ponctuation expressive avec la présence d'interrogations rhétoriques nombreuses et de l'interjection«ah !».

Le plaidoyer d'Octave est de plus argumenté et donc organisé : on constate la présence d'une thèse explicite etd'arguments qui se succèdent.

L'argumentation de Coelio dans son plaidoyer a pour but de convaincre Marianne d'adhérer àsa thèse.

Selon Octave, Coelio est fou amoureux de Marianne.

Sa thèse est visible dès le début de son plaidoyer en faveur deson ami Coelio : «Si jamais...Coelio».

Ses arguments sont d'autre part multiples.

Il cherche d'abord à justifier sa thèse endémontrant à Marianne tout l'amour que Coelio lui porte avec la réplique «la passion dont je fais l'éloge» et «ah ! Si voussaviez...dieu !» dans laquelle il compare aussi l'amour de coelio pour Marianne à une religion : il exacerbe l'amour de Coelioet l'idéalise.

On note la présence du champ lexical de l'amour qui vient renforcer l'argument d'Octave avec les mots «coeur»,«passion», «langage de l'amour» ou encore «mourir pour vous».

De plus, Octave utilise l'argument de la vieillesse de sonmari qui s'oppose à la jeunesse de Marianne et à l'amour que Marianne mérite : «Vous, si belle...coeur !».

Afin de renforcerce discours, Octave fait également l'éloge de la jeunesse dans ses répliques, «Si vous saviez...

jumelles», dans lesquelles lesréférences au thème de la jeunesse sont nombreuses.

On peut citer les métaphores de l'aube «dans cette fraîche aurore dejeunesse, dans cette rosée céleste de la vie» ou encore la métaphore du trésor correspondant au «bonheur», à la «mineféconde» qui «repose en vous (Marianne) ! En lui !».

Ainsi, Octave insiste sur les ressemblances entre Marianne et Coeliocomme argument de l'amour de son ami qu'il idéalise avec lyrisme.

Octave indique aussi à Marianne que la «souffrance» et la«mélancolie» de Coelio le «tuera» si elle ne répond pas à sa déclaration d'amour : il lui fait une sorte de chantage qui montrele caractère habile de l'avocat qu'il est.

Octave utilise donc un argument percutant renforcé par l'anaphore du verbe mourir etl'utilisation du futur «mourra», qui fait de cet événement potentiel un événement quasiment irréfutable.

Enfin, Octavesemble chercher des arguments «capables de toucher» le coeur de Marianne : il dit ne pas savoir «le langage de l'amour» etutilise des interrogations rhétoriques qui montrent toutes sa sincérité, son humilité, et son impuissance à poursuivre son. »

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