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Les orientales Hugo

Publié le 26/05/2013

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Victor Hugo « L'Enfant « O horror ! horror ! horror ! SHAKESPEARE, Macbeth. Les Turcs ont passé là : tout est ruine et deuil. Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil, Chio, qu'ombrageaient les charmilles, Chio, qui dans les flots reflétaient ses grands bois, Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois Un ch?ur dansant de jeunes filles. Tout est désert : mais non, seul près des murs noircis, Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis Courbait sa tête humiliée. Il avait pour asile, il avait pur appui Une blanche aubépine, une fleur comme lui Dans le grand ravage oubliée. -Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux ! Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus Comme le ciel et comme l'onde, Pour que dans leur azur, de larmes orageux, Passe le vif éclair de la joie et des jeux, Pour relever ta tête blonde, Que veux-tu ? bel enfant, que te faut-il donner Pour rattacher gaîment et gaîment ramener En boucles sur ta blanche épaule Ces cheveux qui du fer n'ont pas subi l'affront, Et qui pleurent épars autour de ton beau front, Comme les feuilles sur le saule ? Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ? Et-ce d'avoir ce lis bleu comme tes yeux bleu, Qui d'Iran borde le puits sombre ? <...
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« Qu’un cheval au galop met toujours en courant Cent ans à sortir de son ombre ? Veux-tu pour me sourire, un bel oiseau des ois, Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois, Plus éclatant que les cymbales ? Que veux-tu ? fleur, beau fruit ou l’oiseau merveilleux ? -Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus, Je veux de la poudre et des balles. Juin 1828 Les Orientales (XVIII) Exemple de commentaire : Le poème « L’Enfant » fait partie du recueil Les Orientales écrit par Victor Hugo dans sa jeunesse.

Il dénonce en prenant pour contexte la guerre de domination des Turcs contre les Grecs qui a vu la révolte de ces derniers écrasée dans le sang (1822) les ravages de la violence.

Nous tenterons de montrer dans un premier temps, tant en ce qui concerne la vision du poète, tant en ce qui concerne l’île de Chio qu’en ce qui concerne l’enfant, est idéale, puis la manière dont est évoquée la guerre. Le poème s’organise en six sizains qui joue sur une alternance de deux alexandrins suivis d’un octosyllabe, façon d’évoquer le flux et le reflux des vagues puisque l’action se situe sur une île.

On remarque également que les deux premiers sizains décrivent les lieux et l’enfant quand le reste du poème met en place le style direct, un inconnu s’adressant au petit qui ne lui répond que dans les deux derniers vers. Lorsque Victor Hugo évoque Chio avant le massacre, il use de tout un vocabulaire mélioratif qui transforme l’île en paradis.

Ainsi en est-il des quatre derniers vers du premier sizain où il énumère els charmes de l’île (charmilles, coteaux, palais) animé par l’irruption de jeunes filles dont la gaîté de vivre se traduit par le chant et la danse.

Une périphrase précisait plus haut que Chio était « l’île des vins », symbole de prospérité et de joie. Dans la même perspective le portrait de l’enfant, seul rescapé, relève de l’éloge : un système de comparaisons et de métaphores en font une victime innocente et belle.

Ainsi ses yeux bleus sont comparés à l’eau et au ciel (au v.3 du troisième sizain), tandis qu’il est précisé au v.6 de la même strophe qu’il est blond.

Ses cheveux épars ressemblent, selon l’adulte qui lui adresse la parole, aux feuilles d’un saule.

Une métaphore florale est à l’œuvre puisque l’aubépine, fleur blanche, est également sauvée du naufrage. Enfin, l’adulte qui prend la parole et qui pourrait bien être le poète, propose au petit grec une série de dérivatifs qui relèvent d’une vision idéale de l’enfance.

En effet, il fait des offres dont une fleur extraordinaire (le lis bleu), un fruit improbable, celui du tuba ou encore un oiseau merveilleux.

Ces cadeaux potentiels deviennent. »

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