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L'image des femmes chez Marivaux

Publié le 29/06/2015

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4 A l'inverse, les femmes ne se battent que pour conserver un amour unique. Un tel déséquilibre dans la distribution des intrigues et du jeu dra­matique est révélateur de l'inégalité des compor­tements, au sein du corps social. Et plus profondément encore, le jeu scénique se met-il au service de la représentation de cette difficile condition de la femme : la femme est celle que l'on surprend, dont la fidélité est toujours sujette à caution : « A merveille, Mademoiselle : à peine fiancée, vous faites de ces apprêts ? « (ACTE I, scène 10). « C'était pour recevoir mon page que vous désiriez d'être seule ? « (ACTE II, scène 12). La femme est au coeur d'un théâtre des périls ; clans le monde fermé de la chambre elle doit veil­ler à une réputation que les désirs des hommes fragilisent et sans laquelle elle ne peut échafau­der la moindre liberté. Ce paradoxe définit son aliénation.

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« qu'elle entraîne, trouvent là un terrain de prédi­ lection.

A l'inévitable sanction des mots et des faits, renvoie souvent ici l'ambiguïté des situations.

• L'importance des femmes ~ Suzanne : fiancée de Figaro, elle a le rôle le plus important de toute la pièce et elle partage, avec le valet, l'intérêt majeur.

~ La comtesse : d'abord inexistante et résignée, elle conquiert rapidement une identité nouvelle, fondée sur la séduction et la ruse et participe lar­ gement à la défaite finale de son époux.

~ Marceline : Beaumarchais lui confie une tirade révolutionnaire, une revendication féministe véhémente, à laquelle tous les hommes présents sur scène apportent leur assentiment.

~ Fanchette : son rôle, plus mineur, n'est pas négligé.

Elle construit jusqu'au bout une image crédible et dynamique de jeune fille entêtée à voir se réaliser son désir amoureux.

Notons aussi que toutes ces femmes sont comme les échos les unes des autres : l'histoire de Marceline c'est Fanchette qui la revit; mais un hasard plus heureux peut faire aussi de Fan­ chette une autre Suzanne.

Marceline est la mère, la comtesse l'épouse, Suzanne la fiancée, Fan­ chette l'objet de désir, et toutes ne se définissent que par rapport à l'homme.

Les femmes tissent donc ici le portrait unique de la femme.

• La femme, un objet de désir ~ Mis à part Bartholo qui semble avoir pour longtemps renoncé aux ambitions sentimentales, depuis que le comte lui a dérobé Rosine, cha­ que personnage masculin, dans Le Mariage de Figaro, fait de la femme un objet de conquête et organise l'ensemble de ses actions à seule fin de voir se réaliser son désir.

~ Il est révélateur de constater que chaque femme est sollicitée par plusieurs désirs : • Suzanne, aimée de Figaro, est désirée par le 58 comte et Chérubin ;. »

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