MARIVAUX : Le romancier et le philosophe
Publié le 23/07/2011
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Ce sera un divertissement de la critique érudite dans quatre ou cinq siècles : on se demandera si Marivaux n'était point une femme d'esprit du xviiie siècle, et si les renseignements biographiques, peu nombreux dès à présent, font alors totalement défaut, il est à croire qu'on mettra son nom, avec honneur, dans la liste des femmes célèbres. — Si on se bornait à le lire, on n'aurait aucun doute à cet égard il n'y eut jamais d'esprit plus féminin, et par ses défauts et par ses dons. Il est femme, de cœur, d'intelligence, de manière et de style. Il l'était, dit-on, de caractère, par sa sensibilité, sa susceptibilité très vive, une certaine timidité, l'absence d'énergie et de persévérance, une grande bonté et une grande douceur dans une sorte de nonchalance, et après des caprices d'ambition, des retours vers l'ombre et le repos. Ses sentiments religieux, des mouvements de tendresse pour ceux qui souffrent, son goût pour les salons et les relations mondaines, complètent, si l'on veut, l'analogie.
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