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Montaigne La mémoire dans les essais

Publié le 06/05/2013

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Catherine Gratton AB1 Texte et contexte : Montaigne. La mémoire dans les Essais et au XVI ème siècle. Qu'est-ce que la mémoire ? Une multitude d'éléments imprimés la façonnent à travers le temps comme une oeuvre à jamais inachevée. On peut distinguer deux types de mémoire qui sont parfois difficilement dissociables : la mémoire collective et la mémoire individuelle. La première est l'héritage d'une culture transmise au travers des siècles, celle-ci conditionne le comportement d'un individu dans son époque. Nous avons choisi de parcourir les événements marquants du XVIe siècle qui changent le rapport de Montaigne et de ses contemporains à cette mémoire collective. La seconde est propre à un individu et se développe en fonction de ses aptitudes, de ses intérêts, et du contexte dans lequel il se trouve. Les Essais sont à la fois un témoignage de la culture de la Renaissance et le fruit d'une pensée individuelle qu'est celle de Montaigne. Il y décrit l'esprit de son époque mais ce qui le différencie de ses contemporains est sa liberté de pensée et de style. Le regard de Montaigne est distant, s'attachant à ne pas projeter d'idées préconçues mais s'arrêtant à tout ce qui lui paraît insolite, surprenant, sans hiérarchie ni jugement de valeur. Il se fait le témoin d'un monde empreint de diversité et en pleine mutation. Le XVI e siècle est marqué par plusieurs découvertes qui vont remettrent en question l'édifice d'un savoir basé sur des croyances et des autorités antiques. La découverte du nouveau monde ainsi que d'importantes découvertes dans le domaine des sciences vont bouleverser les croyances et connaissances de l'époque :« Voilà de notre siècle une grandeur infinie de terre ferme, non pas une île ou une contrée particulière, mais une partie égale à peu près en grandeur, à celle que nous connaissions, qui vient d'être découverte «1. Ainsi Montaigne décrit-il la découverte de ces terres qui s'accompagne d'une multitude d'observations sur la différence de climat, de flore, de faune, des races humaines de leurs coutumes. Dès lors cette curiosité développée par Montaigne et ses contemporains s'accompagnera d'un scepticisme à l'égard des sciences du passé. Dans cette ouverture des horizons, la découverte de Nicolas Copernic va engendrer un autre bouleversement dans la représentation que l'homme se faisait de l'univers. La théorie géocentrique de Ptolémée est remise en question par une théorie héliocentrique de l'univers. La conscience de la place décentrée de la terre dans l'univers entraîne celle de la situation de l'homme en son sein. « Savoir mon, si Ptolémée s'y est trompé autrefois sur les fondements de sa raison (?)Et s'il n'est pas plus vraisemblable que ce grand corps que nous appelons le mond...
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« contemporains s’accompagnera d’un scepticisme à l’égard des sciences du passé.

Dans cette ouverture des horizons, la découverte de Nicolas Copernic va engendrer un autre bouleversement dans la représentation que l’homme se faisait de l’univers.

La théorie géocentrique de Ptolémée est remise en question par une théorie héliocentrique de l’univers.

La conscience de la place décentrée de la terre dans l’univers entraîne celle de la situation de l’homme en son sein. « Savoir mon, si Ptolémée s’y est trompé autrefois sur les fondements de sa raison (…)Et s’il n’est pas plus vraisemblable que ce grand corps que nous appelons le monde, est chose bien autre que nous le jugeons » 2 . La Réforme et les guerres de religions témoignent d’une remise en question des rapports entre l’homme et Dieu.

L’autorité de l’Eglise et celle de la Bible sont discutées.

L’idée de la prédestination,de la créature déchue, dépendante mais privilégiée par le salut est contestée.

Montaigne quant à lui décrit au travers des Essais , un homme doué de raison et de conscience, autonome dans ses jugements comme dans sa vie. Dans cette perspective nouvelle de l’homme autonome et libre, sa soumission à une monarchie ou à un Dieu unique s’effrite.

Les prémices de la politique moderne apparaissent proposant au peuple une part active au pouvoir politique. La pédagogie va également être influencée par cette nouvelle vision.

Une éducation autoritaire fera place à une pédagogie plus respectueuse de l’élève.

Montaigne se souvient de l’éducation libérale qu’il a reçue dans son enfance bien différente de celle qu’il reçut plus tard dans les collèges.

Il condamne cette dernière fondée sur une mémorisation de connaissances imposées et sur un savoir encyclopédique.

Selon lui l’exercice de la mémoire au détriment d’une autonomie de jugement livre l’homme à la tradition sans lui permettre de se trouver, d’être lui-même.

Dans son essai sur l’éducation « De l’institution des enfants », Montaigne recommande une pédagogie basée sur l’observation et la compréhension de la nature individuelle de l’élève.

L’enseignement devant s’adapter à l’élève et non l’inverse.

L’important étant de développer chez l’élève la curiosité et l’aptitude à s’instruire plutôt qu’un savoir théorique et limité, le condamnant à n’être qu’un « perroquet ».

Pouvoir trouver des ressources en soi plutôt que de se « laiss(er) si fort aller sur les bras d’autrui que nous anéantissons 2 Ibid.

p.376.. »

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