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Notes vidéos DDFC Olympe de gouges

Publié le 08/06/2024

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« 1/ Avoir raison avec...

Olympe de Gouges : un podcast à écouter en ligne | France Culture (radiofrance.fr) a) Prostituée, hystérique, virago, anti-républicaine..

Olympe de Gouges, aujourd’hui considérée comme la pionnière du féminisme, est décapitée en 1793, accusée d’avoir transgressé sa place, son genre et d’avoir voulu remettre en question la Révolution en cours. Avec Olivier Blanc Olympe de Gouges, est née Marie Gouzes en 1748 dans une famille de la petite bourgeoisie de Montauban, fille officielle d’un boucher, mais enfant naturel et non reconnue d’un marquis.

C’est par ce changement de patronyme, cette particule, qu’elle acte le début de son destin héroïque et tragique. “ Je suis un animal sans pareil ; je ne suis ni homme ni femme.

J’ai tout le courage de l’un, et quelquefois les faiblesses de l’autre.Je possède l’amour de mon prochain et la haine de moi seule.

Je suis fière, simple, loyale et sensible.

Dans mes discours, on trouve toutes les vertus de l’égalité ; dans ma physionomie les traits de la liberté ; et dans mon nom, quelque chose de céleste.” Olympe de Gouges, Réponse à la justification de Maximilien Robespierre, adressée à Jérôme Pétion - 1792 Pressentie pour entrer au Panthéon en 2013, elle est la première femme à avoir son buste à l’Assemblée nationale en 2016, elle est aussi première femme condamnée à mort pour la publication d’écrits politiques pendant la Révolution, la première encore à dénoncer l’esclavage au théâtre et à revendiquer pour les femmes, l’égalité non seulement civile mais aussi politique. Dramaturge, romancière, pamphlétaire, bâtisseuse d’un modèle social, économique et politique, elle est l'autrice d’un texte majeur sur l’égalité, la Déclaration des droits de la femme et la citoyenne publiée en 1791, connu principalement pour cet article : “Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes fondamentales, la femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune pourvu que ses manifestations ne troublent pas l’ordre public établi par la loi.” Olympe de Gouges A l’avant-garde des combats pour l’égalité de sexe, de race, de classe… Elle réclame le droit de vote pour les femmes qui n’est obtenu que 155 ans plus tard, l’abolition définitive de l’esclavage actée en 1848, la peine de mort votée en 1981... Mais au moment où se bâtit la République, Olympe de Gouges est aussi une monarchiste convaincue, opposée à la mort du roi, à toute forme d’engagement violent pendant la Révolution...

et donc à la République des Montagnards. Quand certains lui reprochent la tiédeur de ses engagements, son appartenance au mouvement centriste girondin, d’autres la considèrent comme une figure monstrueuse et exaltée, une folle, une hystérique, une virago : mi-homme, mi-femme ! Elle-même dit qu’elle est un personnage contradictoire, qu’elle s’est “placée et déplacée en même temps dans ce siècle éclairé”.

Elle n’avait pas peur de changer d’avis, quitte à se tromper. Mais dans ce contexte révolutionnaire constamment bouleversé, qui ne change pas d’avis et qui a raison ? La Révolution de 1793, emportée par le mouvement montagnard lui a donné tort, lui coupant la parole et la tête.

Mais les réformes sociales, politiques, morales de ces deux siècles passés semblent lui donner raison. Aujourd’hui, nous nous entretenons avec Olivier Blanc, qui a passé 40 ans de sa vie à réhabiliter Olympe de Gouges mais aussi à publier ses œuvres. Olivier Blanc est biographe d’Olympe de Gouges, historien, spécialiste de l'histoire politique et sociale de la fin du XVIIIè siècle, auteur notamment de “Marie-Olympe de Gouges : une humaniste à la fin du XVIIIe siècle” (publié chez René Viénet, 2003). Il a également contribué à différents colloques à l'Assemblée nationale, un premier organisé par Eliane Viénot : "La démocratie à la française ou les femmes indésirables" en 1996 et un second publié en 2017 sous le titre: "Entre héroïsme et démagogie, l'engagement politique des femmes". b) Républicaine mais monarchiste, engagée toute entière dans la Révolution bien que n’ayant pas droit à la tribune politique, Olympe de Gouges est la première femme condamnée à mort pour la publication d’écrits politiques sous la Terreur… Mais alors, pour quelle raison et à quel titre ? Avec Anne Verjus Directrice de recherche au CNRS.

Solenn Mabo Maîtresse de conférences en histoire à l’Université Rennes 2 Dramaturge, romancière, pamphlétaire, journaliste, autrice d’un texte majeur sur l’égalité entre les hommes et les femmes : “La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne” en 1791, à l’avant-garde des combats pour l’égalité de sexe, de race, de classe… républicaine (selon ses propres mots)...

c’est bien cette image que nous gardons d’elle : celle d’une pionnière du féminisme, d’une révolutionnaire. “J’aurais voulu prévenir les malheurs qui accablent la France aujourd’hui ; serais-je donc, comme Cassandre, victime de ma prévoyance et de ma sollicitude ? Confondue avec des misérables qui ont violé toutes les lois sociales, depuis plus de deux mois je languis dans les prisons, sans pouvoir obtenir ni jugement ni adoucissement à mes peines ! Représentants d’un peuple libre ! C’est à vous que j’adresse mes plaintes ; c’est à vous, c’est au peuple d’en apprécier la justice ; c’est à ceux qui aiment la liberté et la patrie de juger des rigueurs d’une captivité d’autant plus horrible qu’elle est imméritée.

Mes ennemis ont pu triompher un instant ! Mais je les brave du fond de mes cachots.

Je suis sous la sauvegarde de la loi, un jour je les confondrai, et je ne veux exercer d’autre vengeance contre eux que d’exposer au grand jour ma conduite et mes écrits.

L’on verra qui de nous a le plus idolâtré sa patrie ; l’on verra que j’ai tout fait, tout sacrifié pour le bonheur du peuple, et des fers sont la récompense de mon patriotisme ! Je suis détenue...

accusée...

traduite devant le tribunal révolutionnaire...

Que l’on me juge donc !...

La mort ou la liberté !”Olympe de Gouges/ Une Patriote persécutée à la Convention nationale (août 1793) Mais Olympe de Gouges était aussi une monarchiste convaincue au moment où se bâtit la République : opposée à la mort de Louis XVI, proche de son cousin le duc d’Orléans, **avocate de l’idée d’une nature spécifiquement féminine, douce et maternelle…**Elle s’oppose également à toute forme d’engagement violent pendant la Révolution...

surtout quand il vient des femmes. Toutefois, dans les faits : bien qu’opposée à la peine de mort, elle se prononce finalement pour la mort du roi et celle de toute sa famille, puis souhaite la mort de Robespierre, demande à constituer une garde nationale armée de femmes, des amazones, et revient sur la question d’une nature féminine, se définissant à la fin de sa vie comme ni homme ni femme, ou peut-être les deux. Autant de contradictions qu’elle revendique jusqu’à l’échafaud, à la recherche, toujours, de ce qu’elle appelle un “juste milieu”, une “douce égalité”...

Mourir pour la modération, voilà son ultime contradiction ! Trop démocrate pour les royalistes, trop girondine pour les montagnards… Alors Olympe de Gouges était-elle trop révolutionnaire ou contre la Révolution ? Anne Verjus est chercheuse en science politique au CNRS ( Triangle, Université de Lyon). Autrice notamment de “Le cens de la famille: les femmes et le vote, (1789-1848)” (Belin, 2002) ; "Le Bon mari.

Une histoire politique des hommes et des femmes à l’époque révolutionnaire", Paris, Fayard, 2010 ; "Le roman conjugal.

Chroniques de la vie familiale à l’époque de la Révolution et de l’Empire", (Champ-Vallon, 2011). Solenn Mabo : maîtresse de conférences en histoire à l’Université Rennes 2, spécialiste de la Révolution Française et de l’Histoire du genre, autrice d’une thèse sur les engagements des femmes du côté de la Révolution et de la contre-révolution en Bretagne, qui est en cours de publication. c) En 1791, Olympe de Gouges publie "La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne".

Elle éclaire et dénonce le paradoxe révolutionnaire : l’égalité peut-elle se passer des femmes ? Avec Geneviève Fraisse Philosophe de la pensée féministe, directrice de recherche émérite au CNRS 1791 : deux ans après la prise de la Bastille et “la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen”, Olympe de Gouges, 43 ans, rédige “la Déclaration des Droits de.... »

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