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On a parfois vu en Voltaire le premier des journalistes. En quoi la lecture de ses contes peut-elle illustrer ce jugement ? Ses contes philosophiques sont-ils plus que des reportages ?

Publié le 22/03/2012

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voltaire

 

 

Pendant le 16ème siècle, siècle des lumières, de grandes figures de la littérature ont su faire valoir leurs opinions politiques, philosophiques ou sociales. Ce furent les instigateurs d'une progression vers une société plus humaine. Voltaire, en tant qu'écrivain du 18ème siècle, faisait partie de ces hommes aux idées brillantes et à l'esprit révolutionnaire. C'était un philosophe français, qui, fermement décidé à améliorer la société qui l'entourait, écrivait contre l'intolérance. On peut ainsi constater son engagement pour la tolérance dans sa lutte au sujet de l'affaire Calas dans laquelle un homme protestant avait été injustement accusé du meurtre de son fils converti à la religion catholique. Il s'agit pour nous de voir pourquoi Voltaire est parfois considéré comme le premier des journalistes et si ses contes philosophique sont alors plus que des reportages. C'est pourquoi nous examinerons dans un premier temps son côté journaliste, puis celui du conteur et enfin celui du philosophe.

 

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« les trois quarts de Lisbonne.

» Inspiré par ce dernier, qui eut lieu en 1755, le philosophe n'y consacra pas seulement unpassage de son livre mais aussi un poème intitulé Poème sur le désastre de Lisbonne, écrit en 1756 et dans lequel, il exprimede manière pathétique son émotion devant le désastre et ses doutes quant à l'organisation rationnelle et optimale du mondedéfendue par les philosophes optimistes tel que Leibniz.De plus Voltaire raconte aussi l'exécution de l'amiral Byng dans Candide, cet incident n’a pas été inventé.

Il y a eu eneffet un amiral anglais qui a été exécuté parce que l'on considérait qu'il “n’avait pas fait le maximum”lors d’une bataille navale contre les Français au large de l’île de Minorque.

« une multitude de peuple couvraitle rivage et regardait attentivement un assez gros homme qui était à genoux, les yeux bandés, sur le tillac d’un desvaisseaux de la flotte ; quatre soldats, postés vis-à-vis de cet homme, lui tirèrent chacun trois balles dans le crâne le pluspaisiblement du monde, et toute l’assemblée s’en retourna extrêmement satisfaite.

» Pour sauver l'amiralByng, Voltaire en appela aux souverains d’Europe.

Le ministre français intervint même auprès du gouvernementbritannique.

Mais le roi d’Angleterre jugea très mal cette ingérence dans les affaires intérieures du royaume et lecombat de Voltaire se révéla finalement inutile.

Avec cette cause, l'écrivain s’engage déjà dans la lutte contre leserreurs judiciaires.

Il se battra plus tard dans l’affaire Calas, l’affaire Sirven, ou encore l’affaire Lally-Tollendal.

Voltaire s’attaque à un certain nombre d’ennemis dans Candide.

Toutefois, il ne s'en prend à eux directementque rarement .

En effet, le texte de Candide comprend peu d’insultes ou d’accusations directement etnettement formulées comme telles.

Voltaire apparaît alors dans la pleine maîtrise de son art grâce à une habile ironie quel'on retrouve très souvent pendant la lecture.

Ainsi, « tu as l'honneur d’être esclave de nos seigneurs les blancs » p 95critique en fait l'esclavage et le code noir, et « l'absence de la moitié de l'habit » une information vestimentaire placée dansla description d'un nègre avant celle de son état physique : il est mutilé, il lui manque « la jambe gauche et la main droite.

»C'est une priorité aberrante qui dénote une distorsion ironique car elle insiste sur la situation réelle de l'esclave.

L'ironieapparaît aussi dans le choix de syllepses comme " fameux ", qui est ici, différent du terme valorisant : illustre, célèbre.

Il esten fait dépréciatif car « Vandedendur » est rendu célèbre par sa cruauté.

Ensuite, la structure de Candide est une parodie degenre.

Elle se présente en effet comme un conte et en reproduit certaines caractéristiques: formule traditionnelle du conte «Il y avait en Westphalie » qui débute le récit, tendances langagières de celui-ci avec l'utilisation des comparatifs et dessuperlatifs, comme « les moeurs les plus douces »/ « l’esprit le plus simple »/ « un des plus puissants »/ « le plusbeaux des châteaux »/ « la meilleurs des baronnes possibles »...

Mais alors que dans le monde du conte, tout est parfait, celuique parcourt Candide vire rapidement au cauchemar.

De plus, presque tout ce qui est raconté est vu selon une doublefocalisation.

Très souvent on trouve un point de vue interne, celui de Candide, qui voit le monde à travers le filtredel’optimisme de Pangloss.

Voltaire se sert aussi de causalités aberrantes aux yeux du lecteur « Un des plus puissantsseigneurs de la Westphalie car son château avait une porte et des fenêtres.

»(ch.

I) pour faire éclater l'absurde.

Enfin, àtravers un registre profondément ironique, l'auteur parodie le registre épique et montre l’absurdité de la guerre :« Les canons renversèrent d'abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur desmondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface.

» Il réalise par là une parfaite critique del’optimisme et s’oppose ainsi, comme il le fait tout au long de son œuvre, au raisonnement de Leibniz.Son héros, Candide, est un personnage crédule et innocent qui, s’il est au centre de l’œuvre, fuit lesdifficultés et les regarde d’un air ébahi.Dans le récit de Voltaire, on trouve une multitude d'éléments qui ont un caractère fictif aux yeux du lecteur.

En effet Candideet Cunégonde forment un couple d'amants maudits, car séparés l'un de l'autre il cherchent désespérément à se retrouver « etn'oubliant jamais mademoiselle Cunégonde ».

Tout le récit est une gigantesque parodie des romans de l’époque, etici Voltaire parodie le romanesque.

Ce couple mièvre, fidèle aux préceptes de Pangloss est une sorte d'allégorie d'Adam etEve.

Tout deux ont commis une faute et tandis que l'un se retrouve chassé du château par le comte - parodie del’épisode biblique de la chute tout comme lorsque Adam et Eve furent chassés du paradis terrestre après le pêché dela chair - , l'autre en est privée par les Bulgares.

Enfin, leur histoire d'amour sonne faux pour le lecteur qui n'arrive pas às'identifier aux personnages.

Pour finir, le récit romanesque n'est pas le seul type de récit que voltaire reprend.

En effet ontrouve dans Candide les codes particuliers à chaque type de roman : le roman sentimental, le roman d'aventures, le romanpicaresque, certains épisodes de la Bible, La Théodicée écrit en 1710 par Leibniz « le meilleur des mondes possibles » maisaussi le roman chevaleresque dont Voltaire se moque assidûment.

En effet, même dans les situations les plus dramatiques,Candide pense à dormir, manger...

« Candide, malgré tant de malheurs, mangea et dormit » (chap7).

Il est à l'opposé duleader qui pense par lui même et qui fait preuve d'un courage à toute épreuve.

Cette parodie faite par Voltaire engendre ladestruction de l’illusion romanesque dans le livre.

La structure du récit chez Candide est représentée par un ensemble d'événements reliés entre eux et qui constituent l'histoire; ils sont disposés le long d'un fil conducteur.

Tout d'abord, enfant naturel, Candide dont le nom traduit à la foisnaïveté et crédulité, mène une existence heureuse dans un univers idyllique : le « meilleur des mondes possibles ».

Le baronet la baronne de Thunder-Ten-Tronck possèdent en effet, « le plus beau des châteaux » car il a « une porte et des fenêtres ».Candide est ébloui par la puissance de son oncle et de sa tante ainsi que par celle de son précepteur, Pangloss.

Il admireégalement la belle Cunégonde dont il est amoureux, mais tout bascule le jour de leurs premiers ébats.

Ils sont en effetsurpris par le baron dont la réaction est brutale : Candide est banni et chassé de cet Eden qu’est le château de sonenfance et se retrouve dans " le vaste monde ".Candide, hors de son paradis terrestre, connaît faim et froid.

Il est pris de forcechez les Bulgares, arrive à s'échapper mais assiste à la vision d’une « boucherie héroïque » de " des vieillards criblés de. »

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