Devoir de Philosophie

Pourquoi Montesquieu a-t-il admiré la Rome antique et l'Angleterre moderne ?

Publié le 16/02/2012

Extrait du document

montesquieu

 

Cette question risque de laisser supposer que Montesquieu a professé pour Rome et l'Angleterre une admiration sans mélange et sans borne. Il n'en est pas ainsi. Il a bien connu, il a parfois dénoncé en termes vigoureux les faiblesses et les tares de l'une et de l'autre.

S'il admire les causes de la « grandeur « de Rome, il découvre avec sagacité celles de sa «décadence« : avarice publique et avidité privée; fourberie, abus des subtilités de la langue latine; divisions qui furent toujours dans la ville; dédain du commerce et des arts, bons pour les esclaves. Tant de grandeur aboutit « à assouvir le bonheur de cinq ou six monstres «....

montesquieu

« fruit de ses recherches et meditations paraitra sous le titre de Considerations sur les causes de la grandeur et de la decadence des Romains, auxquelles s'ajoutera plus tard le Dialogue de Sy lla et d'Eucrate (1745), en attendant l'Esprit des Lois (1748), Pceuvre magistrate, placee, pour ainsi dire, sous le signe de Rome. Ce qu'il admire, dans Rome, ce sont les institutions, c'est la politique et ce sont les hommes.

II admire d'abord cette armee conquerante qui, d'une ville, va faire le centre d'un empire immense; qui contribuera, durant des siecles, a « im- primer a la terre » le respect de Rome.

Il vante la sagesse, la prudence, la constance des chefs, leur science de la guerre, leur amour de la gloire et leur culte de la patrie.

Il loue la valeur des soldats et specialement de cette infan- terie, «la plus forte, la plus ferme, la plus disciplinee du monde ».

II signale cette « maxime » :« ne jamais conclure la paix que vainqueurs », comme une cause de grandeur.

Plus encore peut-etre que Parmee, it admire le Senat qui « vu d'un peu loin, semble un seul homme, une seule pensee traversant les ages toute pleine d'une force inebranlable et d'un dessein kernel » (E.

Faguet).

Il s'attarde contempler cette vision idealisee.

Il y decouvre une etonnante profondeur de vues; i1 voit dans le Senat, qui fait et Mail les rois, le tribunal des peu- ples et l'arbitre des nations. Il admire aussi «les Brands consuls, les dins tribuns, les censeurs rigides ». Les premiers, successeurs des rois, et nommes pour un an, cherchent « signaler leur magistrature pour en obtenir de nouvelles », et portent Rome a un haut « degre de puissance ».

Defenseurs de la plebe, les tribuns passent bientOt a l'offensive et se rendent redoutables aux praticiens repus.

Quant Pinstitution des censeurs, Montesquieu la considere comme des plus sages et l'une de celles qui contribuerent le plus a maintenir le gouvernement de Rome.

Gardiens de in discipline et des mceurs, mainteneurs de la tradition et correcteurs des abus, mums de pouvoirs etendus, les censeurs font regner Pordre jusque dans le Senat. Tout cet ensemble, auquel Montesquieu donne le nom de gouvernement de Rome, « fut admirable en ce que, depuis sa naissance, sa constitution se trouva telle, soit par l'esprit du peuple, la force du Senat, ou Vautorite de certains magistrats, que tout abus du pouvoir y put toujours etre corrige ». La politique exterieure de Rome lui parait non moins admirable.

Cet art de diviner pour regner, de soutenir les peuples souleves contre leurs rois, de creer des fonctions dans les pays conquis, de se menager des « allies », de laisser aux vaincus l'illusion de vivre comme autrefois, avec meme religion et memes coutumes; ce principe de n'avoir jamais deux ennemis puissants sur les bras : tout cela contribua a faire de Rome « la tete du corps forme par tous les peuples du monde ». Enfin les stolciens inspirent a Montesquieu un vrai culte.

A l'en croire, « la nature humaine, a fait effort pour produire cette secte ».

Les lignes qu'il consacre a Brutus sont une apologie de l'assassinat politique.

L'amour de in patrie legitime tout; le crime de Cesar ne pouvait etre puni que par un assas- sinat.

L'action atroce qu'on ne pouvait d'abord approuver, la vertu stoi- cienne la faisait admirer comme divine.

De Trajan it trace un portrait ideal. C'est « le prince le plus accompli dont l'histoire ait jamais parte ».

Cceur bon, esprit eclaire, Ame noble, grande et belle, « it fut l'homme le plus propre A honorer la nature humaine et a representer la divine ».

On ne saurait lire la vie de Marc-Aurele « sans une espece d'attendrissement.

Tel est l'effet qu'elle produit, qu'on a meilleure opinion de soi-meme, parce qu'on a meil- leure opinion des hommes- >>.

A Julien (l'Apostat), Montesquieu attribue la sagesse, la constance, Peconomie, la simplicite, la modestie, la valeur et unee suite d'actions heroiques ». C'est ainsi que l'auteur des Considerations, « ce meridional, ce gallo- romain, ce juriste ne en terre latine » a vu Rome : « une grande force; et l'empire romain etabli sur la vertu romaine » (E.

Faguet). Mais cette.

Rome lointaine n'est plus qu'un cadavre, un souvenir.

Le curieux s'est penche sur un autre grand corps, bien vivant celui-la, et tout troche l'Angleterre; et it a concu pour lui une meme admiration. fruit de ses recherches et méditations paraîtra sous le titre de Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains, auxquelles s'ajoutera plus tard le Dialogue de Sylla et d'Eucrate (1745), en attendant YEsprit des Lois (1748), l'œuvre magistrale, placée, pour ainsi dire, sous le signe de Rome.

Ce qu'il admire, dans Rome, ce sont les institutions, c'est la politique et ce sont les hommes.

Il admire d'abord cette armée conquérante qui, d'une ville, va faire le centre d'un empire immense; qui contribuera, durant des siècles, à « im­ primer à la terre » le respect de Rome. Il vante la sagesse, la prudence, la constance des chefs, leur science de la guerre, leur amour de la gloire et leur culte de la patrie. Il loue la valeur des soldats et spécialement de cette infan­ terie, « la plus forte, la plus ferme, la plus disciplinée du monde ».

Il signale cette « maxime » : « ne jamais conclure la paix que vainqueurs », comme une cause de grandeur.

Plus encore peut-être que l'armée, il admire le Sénat qui « vu d'un peu loin, semble un seul homme, une seule pensée traversant les âges toute pleine d'une force inébranlable et d'un dessein éternel » (E. Faguet). Il s'attarde à contempler cette vision idéalisée.

Il y découvre une étonnante profondeur de vues; il voit dans le Sénat, qui fait et défait les rois, le tribunal des peu­ ples et l'arbitre des nations.

Il admire aussi « les grands consuls, les durs tribuns, les censeurs rigides ».

Les premiers, successeurs des rois, et nommés pour un an, cherchent à « signaler leur magistrature pour en obtenir de nouvelles », et portent Rome à un haut « degré de puissance ».

Défenseurs de la plèbe, les tribuns passent bientôt à l'offensive et se rendent redoutables aux praticiens repus.

Quant à l'institution des censeurs, Montesquieu la considère comme des plus sages et l'une de celles qui contribuèrent le plus à maintenir le gouvernement de Rome.

Gardiens de la discipline et des mœurs, mainteneurs de la tradition et correcteurs des abus, munis de pouvoirs étendus, les censeurs font régner l'ordre jusque dans le Sénat.

Tout cet ensemble, auquel Montesquieu donne le nom de gouvernement de Rome, « fut admirable en ce que, depuis sa naissance, sa constitution se trouva telle, soit par l'esprit du peuple, la force du Sénat, ou ^'autorité de certains magistrats, que tout abus du pouvoir y put toujours être corrigé».

La politique extérieure de Rome lui paraît non moins admirable. Cet art de diviser pour régner, de soutenir les peuples soulevés contre leurs rois, de créer des fonctions dans les pays conquis, de se ménager des « alliés », de laisser aux vaincus l'illusion de vivre comme autrefois, avec même religion et mêmes coutumes; ce principe de n'avoir jamais deux ennemis puissants sur les bras : tout cela contribua à faire de Rome « la tête du corps formé par tous les peuples du monde ».

Enfin les stoïciens inspirent à Montesquieu un vrai culte. A l'en croire, « la nature humaine, a fait effort pour produire cette secte ».

Les lignes qu'il consacre à Brutus sont une apologie de l'assassinat politique.

L'amour de Ja patrie légitime tout; le crime de César ne pouvait être puni que par un assas­ sinat. L'action atroce qu'on ne pouvait d'abord approuver, la vertu stoï­ cienne la faisait admirer comme divine. De Trajan il trace un portrait idéal.

C'est «le prince le plus accompli dont l'histoire ait jamais parlé».

Cœur bon, esprit éclairé, âme noble, grande et belle, « il fut l'homme le plus propre à honorer la nature humaine et à représenter la divine ».

On ne saurait lire la vie de Marc-Aurèle « sans une espèce d'attendrissement. Tel est l'effet qu'elle produit, qu'on a meilleure opinion de soi-même, parce qu'on a meil­ leure opinion des hommes ».

A Julien (l'Apostat), Montesquieu attribue la sagesse, la constance, l'économie, la simplicité, la modestie, la valeur et une « suite d'actions héroïques ».

C'est ainsi que l'auteur des Considérations, « ce méridional, ce gallo- romain, ce juriste né en terre latine » a vu Rome : « une grande force; et l'empire romain établi sur la vertu romaine » (E, Faguet).

Mais cette Rome lointaine n'est plus qu'un cadavre, un souvenir. Le curieux s'est penché sur un autre grand corps, bien vivant celui-là, et tout proche : Y Angleterre; et il a conçu pour lui une même admiration.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles