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Shakespeare : le conflit entre le roi et l'homme

Publié le 17/01/2022

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« Le conflit entre le roi et l'homme » La quasi-totalité des drames historiques écrits par Shakespeare mettent en scène un personnage de roi (Henry VI, Richard II, King John...), et la pièce Henry V en fait partie. Elle fait suite à Henry IV, pièce à laquelle Henry V a déjà pris part en tant que futur héritier de la couronne, le personnage du « prince Hal ». Il vit dans la débauche, se moquant de la vertu et des lois, mais il a déjà prévu d'assumer ses responsabilités royales quand sera venue l'heure de monter sur le trône. Il projette de changer radicalement de comportement afin que cette mutation paraisse encore plus éclatante, et effectivement, à la mort de son père, il se coupe totalement de sa vie passée, renie ses anciens compagnons et offre une autre figure royale que celle de son père, à l'étonnement de tout le monde. Il souhaite racheter les fautes de son père et se montrer un roi plus juste et moins distant. C'est ce roi que nous retrouvons dans Henry V, qui tente de concilier une fonction royale juste mais impitoyable, et un état humain vertueux. La nuit précédant la bataille d'Azincourt, Henry V, qui souhaite « délibérer avec [sa] conscience », croise la route de Pistolet, ancien compagnon du prince Hal, et quelques soldats qui ne le reconnaissent pas. En parlant avec ces soldats, le roi se rend compte de leur véritable état d'esprit, et de leur conception du roi et de la bataille. Même si le discours de ses hommes semble le dérouter, le roi toujours dissimulé sous un simple soldat prend la défense de sa propre fonction de roi et justifie la guerre par une argumentation redoutable On peut ici se demander comment Shakespeare place le roi face à sa conscience et ses responsabilités en tant qu'homme et en tant que roi, et de quelle manière le roi essaye de motiver ses soldats en leur démontrant où est leur part de responsabilité dans la guerre. Nous verrons d'abord comment le roi, sous le couvert d'être un simple soldat, présente la personne d'Henry V sous un aspect plus humain, et se heurte à la perception de sa propre personne par ses soldats. La parole des soldats et le discours sans réplique du roi révèlent également deux modes de pensée incompatibles, le roi n'étant pas autorisé par sa fonction à réagir et penser uniquement du point de vue humain. Cela amène à étudier comment le tragique se trouve ici dans la conscience et non plus dans un destin impitoyable, tragique est amené par le personnage complexe du roi.

« → réseau sémantique de la nudité qui parcours la pièce→ le roi « n'est qu'un homme » traduction française de l'anglais « but a man » (apparaît 2 fois dans la mêmeréplique)→ nous pouvons nous attarder sur cette phrase « I think the King is but a man, as I am » traduit par « jepense que le Roi n'est qu'un homme, comme moi » : pour les soldats, le roi est sensiblement un homme comme euxmais pour le public cette phrase fait d'autant plus sens qu'il est dans la confidence du travestissement : assimilationdu roi à l'homme et de l'homme au roi → utilisation du as (en tant que, égalité maximale) et non du like.→ répétition du « as it doth to me » deux fois, traduit par « que pour moi » (« doth » étant en anglais duXVIe siècle une forme de « do » à la 3ème personne du singulier).=> Henry cherche à donner aux soldats une image physique, sensible, plus proche du monde populaire de sessoldats.

Il cherche à créer un pont entre la vision d'un roi détachée de toute humanité et ses plus humbles sujets.→ Ainsi, il évoque une expérience commune de la souffrance et de la peur, d'autant plus significative quenous sommes peu de temps avant la bataille.

La peur est aussi envahissante que le froid de cette nuit sombre,cette « nuit boiteuse au pas lent, / Qui, comme une sorcière noire et hideuse clopine / A n'en plus finir » (ch½ur,acte IV).Cette peur paralyse (comme le froid) les soldats et le roi se voit confronter à une vision beaucoup moins idyllique deson armée... c) le roi se trouve confronté à sa propre image par l'intermédiaire des soldats* permet aux soldats de se confier, d'exprimer ce qu'ils n'auraient évidemment pas dit au roiroi venu pour motiver ses troupes ; les souder avant la bataille, leur « remonter le moral », voir un peu comment ilssont avant la bataille.Or, se trouve face à une image de lui qui le déroute : la vision du roi de ses soldats ne correspond absolument pas àce que lui perçoit de sa propre fonction de roi.on peut considérer la voix des soldats comme une sorte de conscience? Questionnement imposé au roi sur saresponsabilité envers les soldats, et sur les motifs de cette guerre.Laisse les soldats s'exprimer, et donc se rend compte de leur point de vue.Déjà, ils ne sont pas dupes de l'apparent courage du roiLe roi s'aperçoit que ses soldats ne sont pas heureux ni fiers d'être avec lui, et qu'ils ne le suivent pas de boncoeur.

Il essaye de se rassurer en voulant croire qu'ils ne « lui veulent pas assez de mal » pour vouloir qu'il soit seulà se battre.Soldats se battent parce qu'ils sont obligés d'obéir au roi, et peu leur importe pourquoi ils se battent.Roi tout puissant, qui ne se préoccupe que de ses propres objectifs de guerre, très bien, mais qui devra rendre descomptes à Dieu de ce qu'il aura fait.Le roi a sa conscience pour lui et sera jugé en fonction : ce n'est pas aux soldats de savoir si la cause du roi estlégitime : ils obéissent sans vouloir en savoir plus, visiblement.Ils rendent donc le roi responsable de toutes les horreurs qu'ils pourraient commettre pendant les guerrespour eux, ils n'ont de comptes à rendre qu'au roi, en lui obéissant ils sont lavés de tout ce qu'ils pourraient faire demal.* argumentation pathétique : les veuves, les orphelins, les bras et têtes coupées...

→ le public voit çacomme un appel à la sensibilité du roi, aura-t-il pitié de ses soldats?*bb ccl: pour le public → devrait peut etre amener le roi à réfléchir sur la légitimité de sa cause, afin de nepas faire d'erreur et avoir de lourds comptes à rendre? II.Deux modes de pensée qui s'affrontent. a) une rupture entre des sphères différentesLa rupture entre la sphère « royale » et la sphère « populaire » s'effectue quand le roi exprime la réflexion qu'ilaimerait avoir de ses soldats : « il me semble, moi, que je ne mourrais nulle part plus heureux qu'en compagnie duroi, sa cause étant juste et sa querelle honorable » et que William répond : Ca, c'est plus que nous, nous n'ensavons.(p° 235)→ le roi pensait son peuple uni, prêt à le suivre coûte que coûte dans la guerre, mais les soldats sontignorants.→ ils n'ont « en tête que le sang » [William, p°237]→ en effet, comment mourir dignement quand on est pas mû par une « juste cause » ou « une querellehonorable »→ division entre ce qui fait la guerre : vols, viols et pillages et ce qui motive la guerre : la juste ou noncause.

Les soldats se considèrent comme des « machines » muent par le sang et le roi est en charge des affairesmorales.→ ce point central de l'extrait souligne cette différence fondamentale entre les deux mondes et pose laquestion de comment faire une guerre « propre », comment les soldats peuvent-ils se battre courageusement, pourune cause qu'ils se doivent de considérer comme juste, car elle est considérée comme telle par le roi ?→ les arguments de cet homme si dévoué au roi échappent aux soldats qui eux répliquent par la cataloguepathétique des violences et horreurs de la guerre :lecture p°237accumulation des horreurs auxquelles cet homme qui s'est présenté comme leur ami reste insensible.

Si cetteaccumulation donne à voir une vision terrible de la bataille qui s'est jouée (historiquement) et qui va se jouer (surscène) pour le public, le roi semble étranger à l'apitoiement.. »

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