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Sonnet de Heredia sur le Livre des Amours de Ronsard

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ronsard
Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard
Jadis plus d'un amant, aux jardins de Bourgueil,
A gravé plus d'un nom dans l'écorce qu'il ouvre,
Et plus d'un coeur, sous l'or des hauts plafonds du Louvre,
A l'éclair d'un sourire a tressailli d'orgueil.
Qu'importe ? Rien n'a dit leur ivresse ou leur deuil.
Ils gisent tout entiers entre quatre ais de rouvre
Et nul n'a disputé, sous l'herbe qui les couvre,
Leur inerte poussière à l'oubli du cercueil.
Tout meurt. Marie, Hélène et toi, fière Cassandre,
Vos beaux corps ne seraient qu'une insensible cendre
- Les roses et les lys n'ont pas de lendemain -
Si Ronsard, sur la Seine ou sur la blonde Loire,
N'eût tressé pour vos fronts, d'une immortelle main,
Aux myrtes de l'Amour le laurier de la Gloire.

 

Nos Parnassiens ont étudié de près et admiré intelligemment les poètes de la Renaissance italienne et française. Heredia, dans ses Trophées, a réuni, en une sorte de triptyque, Pétrarque, Ronsard et du Bellay. Nos deux compatriotes sont, en effet, ses disciples fervents et, sans les sonnets fameux qui célèbrent Laure, nous n'aurions pas ceux des Amours, dédiés à Marie, Hélène et Cassandre, ni ceux de l'Olive, consacrés à l'énigmatique et même hypothétique Mlle de Viole (Olive).

 

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