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Tristan et Iseut / Lecture analytique

Publié le 22/02/2012

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Une chanson de geste est une épopée légendaire héroïque mettant en scène des exploits guerriers de roi ou de chevaliers. La geste est « une action d'éclat accomplie » qui est née au XI ème siècle et a pris la suite des grandes épopées de l'Antiquité. C'est donc surtout l'exploit de Tristan qui est accentué ici : le combat n'est pas à proprement parlé décrit (« nul ne vit l'âpre bataille » l. 15), cela sollicite l'imagination du lecteur, mais on comprend qu'il s'agit d'une lutte sans merci (« trois fois (…) un cri furieux (l.15 et 16). Tristan avait précisé que ce serait un combat à mort : « l'un de nous deux reviendra seul vivant d'ici » (l.12). En plus, les détails sanglants prouvent la dureté du combat : Tristan revient avec une preuve (« épée ébréchée, un fragment de la lame est resté dans le crâne du Morholt » l. 23 et 24) et il est grièvement blessé (« le sang ruisselait de ses blessures » l. 28). C'est donc un chevalier doué d'une force extraordinaire, capable d'endurer toutes sortes de souffrances physiques ou morales.
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« combat à mort : « l’un de nous deux reviendra seul vivant d’ici » (l.12).

En plus, les détails sanglants prouvent ladureté du combat : Tristan revient avec une preuve (« épée ébréchée, un fragment de la lame est resté dans lecrâne du Morholt » l.

23 et 24) et il est grièvement blessé (« le sang ruisselait de ses blessures » l.

28).

C’est doncun chevalier doué d’une force extraordinaire, capable d’endurer toutes sortes de souffrances physiques ou morales. De cette façon, ce héros épique est aussi représentatif de la chanson de geste, Tristan est exemplaire par safidélité à son seigneur (il va affronter le Morholt pour le Roi Marc), il est élu pour sa perfection et représentatif d’unecollectivité dont l’existence est en jeu : dès lors, Tristan est mis en valeur également par la réaction de la foule quil’entoure, par leur bouleversement ; le public est appelé aux grandes émotions collectives : « Les cloches sonnent,et tous, ceux de baronnie et ceux de la gent menue, vieillards, enfants et femmes, pleurant et priant, escortentTristan jusqu’au rivage.

» (l.

4 et 5), « en signe de deuil ; les femmes battaient leurs paumes en chœur » (l.

16),« vingt barques volèrent à sa rencontre et les jeunes hommes se jetaient à la nage » (l.

20 et 21), « les mères àgenoux baisaient ses chausses de fer » (l.21 et 22), « les enfants délivrés agitaient à grands cris des branches » (l.25), « les chants d’allégresse, aux bruits des cloches, des trompes et des buccines, si retentissants qu’on n’eût pasouï Dieu tonner » (l.

26 et 27).

On peut noter pour ce dernier exemple l’hyperbole, propre au registre épique.Tristan, prêt à mourir, se montre donc supérieur, il a tenu bon pour le peuple et s’effondre à la dernière minute.

Ilfallait qu’il revienne en héros.

Il y a un contraste entre la joie du peuple (l.

25 à 27) et l’état de Tristan (« le sansruisselait de ses blessures »). De plus, les autres personnages permettent aussi de souligner la bravoure du héros : les barons, par ex, n’ont pasosé défié le Morholt (« belle jeunesse, que n’ai-je, plutôt que toi, entrepris cette bataille ! ».

En outre , lecomportement des barons ne se résume pas à la lâcheté car ces vassaux du Roi Marc convoitent l’héritage de sonpouvoir, ils sont jaloux de Tristan et l’envoient exprès risquer sa vie.

Mais Tristan, en vainquant le Morholt, saurajustement gagner l’amitié du Roi : si ce dernier conserve son pouvoir, c’est uniquement grâce à la vaillance de sonneveu, qui ose affronter le Morholt sans qu’il n’ait osé le faire lui-même. En ce sens, l’épée devient le symbole militaire de la bravoure : Tristan est reconnu par la brèche faite à son armelors du combat (« Voyez mon épée est ébréchée (…) Emportez ce morceau d’acier, seigneurs : c’est le tribut de laCornouailles ! » (l.

23 et 24).

Cette épée représente donc le prestige guerrier, d’ailleurs, plus tard, Marc entrera enpossession de cette épée. Conclusion : En définitive, ce texte, extrait du début de Tristan et Iseut , est représentatif du héros mythique : Tristan, neveu du Roi Marc, va en Irlande tuer le Morholt, monstre sanguinaire.

Ce héros épique, paré de toutes les qualités, est doncmis en valeur par une action exceptionnelle.

Ce texte peut être considéré comme une légende celtique quis’apparente aussi à la chanson de geste puisqu’il vante les prouesses d’un héros guerrier. L’extrait est d’autant plus important qu’il se situe avant la rencontre des deux amants : Tristan, grièvement blessé,va être soigné par Iseut qu’il doit ramener pour la donner en épouse au Roi Marc.

Or, il se trouve que cette dernièreest aussi la nièce du Morholt que Tristan a achevé : bien avant de boire le philtre d’amour, on voit que le destin desdeux amants était déjà scellé.. »

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