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« Un romancier à qui l'on demandait pourquoi il n'écrivait jamais de poésie répondit : Parce que je déteste parler de moi-même ».

Publié le 30/07/2012

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Nous pouvons même persévérer et dire que d'une certaine façon, tout travail d'écriture parle de nous. Les mots choisis et le style d'écriture en disent long sur nous, que ce soit du point de vue de l'éducation reçue ou de nos convictions. En effet, le choix même d'un sujet d'écriture et son traitement textuel témoignent de ce qui nous tient à cœur. Cela s'applique à tous les genres et pas seulement à la poésie. Le Dernier jour d'un condamné de Victor Hugo est une prise de position contre la peine de mort alors que ce roman pourrait tout aussi bien être lu uniquement comme un récit, sans penser que le narrateur véhicule les idées de l'auteur.  On pourrait même parler de textes poétiques qui ne sont pas l'expression des idées ou des sentiments du poète. Ce n'est qu'au milieu du XIXème siècle que l'autonomie de l'écrivain commence à s'affirmer. Auparavant, la censure ou la volonté de s'attacher à un personnage puissant, d'avoir un mécène ont souvent conditionné l'écriture et réprimé la part personnelle de l'auteur dans la poésie. Il n'y avait pas d'art pour l'art, l'art devait être utile et défendre des valeurs, enrichir le lecteur ou vanter les mérites d'un personnage important. 

« Tout texte, qu'il soit ou non poétique, laisse donc certaines marques, certains signes qui sont révélateurs de nombreuses informations sur les auteurs. La poésie, est donc, selon le romancier à qui l'on posait la question, plus personnelle que le genre du roman.

Cela se justifie par le choix des mots et des métaphores,qui en disent long sur l'imaginaire poétique et la personnalité de chaque poète.

Certains évènements auquel un grand nombre de gens ne sont pas sensibles peuventêtre le point de départ d'un poème.

Le poème peut être vu comme la réalité « filtrée » par le poète, ce filtre et la façon dont il versifie parlent de lui.Mais ce que le romancier ne semble pas ressentir, c'est que l'on parle aussi de soi dans le roman et cela se marque tout à fait dans des courants tels que le nouveauroman et l'autofiction.

De plus, tout travail d'écriture peut être révélateur de la pensée intime de son scripteur, il y a plusieurs niveaux de lectures qui permettent ounon de rentrer dans l'intimité de l'auteur.

Il n'a également pas mentionné que des textes poétiques, dans certaines circonstances telle que la censure, la pauvreté dupoète, le contexte politique particulier… peuvent refléter des opinions, des sentiments qui ne sont pas ceux du versificateur.

S'il écrit pour plaire, son écriture seraconditionnée et sa part d'intime supprimée ou du moins très diminuée.Nous pouvons dire qu'en dehors des textes écrits lors de ces circonstances particulières, tout texte qu'il soit poétique ou romancé est apte à parler de son auteur.

Et ça,que ce soit volontaire ou non.

La façon dont nous choisissons et traitons les sujets parle de nous.

Le style même peut apprendre un grand nombre de chose, ne serait-ce que notre niveau d'éducation.

Il y a toujours une part implicite ou involontaire dans nos écrits et c'est cela qui révèle notre personnalité.Le fait même d'écrire dans les conditions exceptionnelles dont nous avons parlé témoigne que l'auteur n'est pas assez impliqué pour refuser d'écrire, mais cela nousmène sur la question de l'engagement et de la liberté de l'auteur, et fait partie d'un autre débat…. »

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