Une charogne étude linéaire
Publié le 15/05/2026
Extrait du document
«
Introduction :
Accroche/présentation de l’auteur et du recueil
Poète majeur, situé à la charnière du XIXe siècle, entre l’héritage du Romantisme,
le Parnasse (et la théorie de l’Art pour l’Art défendue notamment par Théophile
Gautier) et les nouvelles avant-gardes poétiques (Le Symbolisme).
Poète singulier : sa poésie reflète un héritage classique (perfection formelle de
l’alexandrin ; motif parfois traditionnel, comme le memento mori, les références
mythologiques) qu’il confronte à des thèmes ou des images inédits, jusqu’ici
proscrits (le macabre, la putréfaction, la bestialité).
Ce faisant, il valorise
une esthétique du choc, de la confrontation brutale par laquelle il entend faire jaillir
la beauté du mal.
Poète scandaleux, qui se plaît à surprendre, à détourner, à étonner.
La parution
des Fleurs du Mal, qu’il emploie près de 15 ans à composer, suscite de vives critiques
et lui vaut un procès puis une condamnation pour “outrage à la morale publique et
religieuse” (été 1857).
Présentation de l’œuvre : œuvre principale de Baudelaire qui le fait connaître par
son succès de scandale.
Titre « mystérieux » et « pétard », associant sous
forme d’oxymore, donc paradoxalement, la beauté, l’excellence, au mal à travers
toutes ses manifestations (malheur, maladie physique ou morale).
Aux antipodes de
cette Beauté idéale, volonté d’extraire la beauté du mal, du négatif, et de l’ériger,
sous ses diverses formes, en objet esthétique.
Présentation de l’extrait : place dans l’œuvre, sujet, thème
Situation : 29e poème de la section Spleen et Idéal, qui repose sur l’opposition entre
le Spleen (venant de l’anglais signifiant la “rate”, organe émettant la bile noire) qui
symbolise la mélancolie, la dépression, l’ennui, etc., avec l’Idéal exprimant
l’enthousiasme, les forces qui élèvent, etc.
Forme : constitué de 12 quatrains alternant l’alexandrin et l’octosyllabe avec des
rimes croisées.
Baudelaire réactive la thématique classique et baroque du memento
mori (“souviens-toi que tu vas mourir”), en érigeant le cadavre d’une créature en
décomposition en objet esthétique.
Le poème : long poème qui contribua à la censure de Baudelaire et lui valut le
surnom de “Prince des charognes” (référence parodique à Ronsard surnommé le
“Prince des poètes”).
Dans ce poème, Baudelaire s’adresse à sa muse et amante,
Jeanne Duval, pour évoquer ce souvenir commun : la rencontre d’une charogne lors
d’une ballade amoureuse.
Problématique/enjeux du poème
Ce poème décrit en apparence une situation traditionnelle : lors de leur promenade
bucolique, Baudelaire délivre à son amante une leçon sur le
thème lyrique du tempus fugit.
Cette leçon s’appuie sur un objet vil et repoussant,
une charogne, que le poète transforme grâce aux ressources du langage poétique.
Il
procède à une mise à distance de la poésie traditionnelle pour bâtir une esthétique
ou un art poétique nouveau.
Comment Baudelaire parvient-il dans ce poème à métamorphoser la laideur en
objet poétique ? En quoi renouvelle-t-il à travers cette métamorphose le thème
traditionnel du memento mori ?
Mouvements
V.1 à v.20 : la description de la charogne en décomposition
V.21 à v.32 : comparaison de la charogne à la femme aimée
Conclusion :
Synthèse et réponse à la problématique
Dans ce texte provocateur et dérangeant, la description d’une hideuse charogne
devient prétexte à une réinterprétation moderne du memento mori que le poète
convoque au travers d’un jeu parodique avec le lyrisme traditionnel (Ronsard).
Mêlant le sublime à la laideur et la mort à la passion amoureuse, la boue et l’or,
Baudelaire définit les contours de son art poétique et offre à travers un hommage
éternel à la femme aimée, sa beauté transitoire et éphémère.
Développement :
Mouvement 1 : la description d’une charogne en décomposition
“Une charogne” ➝ titre surprenant : corps d’un animal mort en putréfaction ; article
indéfini : n’importe quelle charogne peut être décrite
1er quatrain : une rencontre inattendue
“Rappelez-vous” ➝ souvenir d’une promenade amoureuse et bucolique
“mon âme” ➝ métaphore lyrique décrivant la femme aimée
“nous” ➝ désigne le couple du poète et de la femme aimée : parle d’un
souvenir commun
“l’objet que nous vîmes” ➝ rencontre avec un objet non défini ;
utilisation du passé simple
“beau matin”, “si doux” ➝ compléments circonstanciels de temps et de
lieu : description d’un cadre champêtre et idéal
“une charogne infâme” ➝ image brutale dans un cadre idyllique ;
antithèse avec le cadre ➝ rupture lors de la rencontre amoureuse
Esthétique du choc et rupture avec la poésie lyrique traditionnelle
2e quatrain : description de la charogne avec personnification d’un objet
sordide
lexique corporel ➝....
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